Réunis à Lomé au Togo du 11 au 13 mai dernier, les participants à la Conférence régionale sur la nutrition et la petite enfance en Afrique de l’Ouest et du Centre dressent le constat des effets du dérèglement climatique sur la malnutrition infantile dans les pays de la région.
Selon les délégués, pour la plupart des spécialistes de la santé et de la nutrition venus de 22 pays, la hausse des températures, les inondations et les sécheresses, notamment au Sahel, détruisent les récoltes, font grimper les prix alimentaires et appauvrissent les ménages ruraux.
Ces impacts du dérèglement climatique aggravent la malnutrition infantile, selon eux.
« Le nombre absolu d’enfants souffrant de malnutrition continue d’augmenter, sous l’effet conjugué de la hausse des prix alimentaires, de la contraction du pouvoir d’achat, des crises sécuritaires et des coupes dans l’aide au développement », a précisé Tony Verheijen, représentant résident de la Banque mondiale au Togo.
Face à cette situation, la Déclaration finale de la conférence préconise la mise en place des services intégrés couvrant la santé et la nutrition, mais aussi l’eau, l’assainissement et l’hygiène ; car en Afrique de l’Ouest, la contamination des sources d’eau liée aux inondations reste l’un des principaux amplificateurs de la malnutrition infantile.
Kinday Samba, directrice régionale du Programme alimentaire mondial (PAM) pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, recommande l’intégration de ces services à chaque point de contact avec les femmes et les enfants, la transformation des systèmes alimentaires pour rendre les aliments nutritifs accessibles, même lorsque les prix s’envolent sous l’effet des chocs climatiques, la scolarisation des filles et le renforcement du pouvoir d’achat par la protection sociale.
Considérée par l’OMS et le GIEC, comme « l’un des cinq principaux effets néfastes du changement climatique sur la santé », la malnutrition est responsable du décès de près d’un million d’enfants, chaque année, à travers le monde.
D’après une étude, un réchauffement local de 3 à 4°C créerait 25,2 millions d’enfants malnutris supplémentaires dans le monde, avec la sous-région subsaharienne pour porter l’essentiel de ce fardeau.
C’est pourquoi, pour sa part, Dr Mabouba Diagne, ministre sénégalais de l’Agriculture, a souligné qu’en l’absence « d’allocations budgétaires fléchées contre la malnutrition », la situation risque de ne pas changer contre la malnutrition infantile dans la région.
Au-delà des dispositifs et des modèles, pour contrer le défi sanitaire et économique de la malnutrition infantile, qui sont mis en œuvre dans plusieurs pays comme le Togo (programme Wezou « souffle de vie » en Kabyè), le Bénin (cantines scolaires), le Nigeria (biofortification) et le Mali, Diagne a appelé les gouvernements à des actions urgentes.
Image de bannière : Dépistage des signes de malnutrition chez un enfant en RDC. Image de DFID-UK via Wikimedia Commons.