Le changement climatique est « un facteur aggravant des pandémies comme Ebola, parce qu’il perturbe les équilibres écologiques, qui limitaient jusque-là la circulation de nombreux virus dans la nature », explique le professeur Christophe Bring, directeur de la gestion et de la conservation des ressources au ministère de l’Environnement, de la protection de la nature et du développement durable (MINEPDED) du Cameroun, à Mongabay.
Bring, qui a piloté de nombreux projets de préservation des forêts, explique que les forêts tropicales produisent moins de ressources, à cause des sécheresses et des chaleurs extrêmes, ce qui pousse parfois les animaux réservoirs de virus, comme les chauves-souris, à quitter leur habitat d’origine pour chercher de la nourriture ailleurs. « En se déplaçant, ils peuvent introduire ces virus dans de nouvelles zones géographiques et augmenter les probabilités de contacts avec des agents pathogènes jusque-là peu exposés aux humains. De plus, le dérèglement du climat entraîne une baisse de la biodiversité. Lorsque de nombreuses espèces disparaissent, la barrière naturelle qui freinait la propagation des virus s’effondre », a-t-il souligné.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a confirmé, le 15 mai 2026, une nouvelle épidémie en République démocratique du Congo (RDC), due au virus Bundibugyo, une espèce d’Ebola, déclarant le lendemain une urgence de santé publique internationale avant d’annoncer le 18 mai la propagation de la maladie au-delà de la RDC, avec deux cas confirmés en Ouganda. En quelques jours, l’épidémie a déjà fait 350 cas recensés, dont 91 décès, selon les propos du ministre de la Santé publique de la RDC, Samuel Roger Kamba, relayés le 18 mai par plusieurs médias.
Dr Daniela Manno, professeure assistante à la London School of Hygiene and Tropical Medicine, une institution universitaire britannique, lie également les épidémies aux causes environnementales. Dans une récente interview, elle souligne que les flambées récurrentes d’Ebola montrent l’importance de mieux comprendre « les facteurs environnementaux et sociaux, qui favorisent les transmissions entre l’animal et l’humain ».
Selon elle, les activités humaines, les déplacements de populations, l’exploitation minière, l’insécurité et les fortes mobilités dans certaines régions créent des conditions favorables à l’émergence et à la propagation des zoonoses comme Ebola, et compliquent leur contrôle.
Contrairement à la souche Zaïre pour laquelle des vaccins existent, le variant Bundibugyo ne dispose pour l’instant ni de vaccin ni de traitement homologué.
Image de bannière : Des agents de santé accompagnent un enfant suspecté d’être atteint d’Ebola dans un centre de traitement de la maladie dans l’est de la République démocratique du Congo, le 9 septembre 2018. Photo à titre d’illustration. Image de Al-hadji Kudra Maliro/AP.