- Quatre personnes, soupçonnées d’être impliquées dans les attaques contre des aires protégées en République démocratique du Congo, ont été arrêtées, le 11 mai 2026, au sud-est du pays.
- Une ONG locale révèle que les personnes interpellées agissent en complicité avec des groupes rebelles clandestins dans la région.
- Les autorités congolaises se montrent très peu disertes sur cette affaire.
- Le Parc national de l’Upemba a été la cible d’une tuerie ayant coûté la vie à sept agents de l’Institut congolais pour la conservation de la nature.
Quatre personnes soupçonnées d’être impliquées dans les attaques visant des parcs nationaux, ont été interpellées par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), le 11 mai 2026, à Malemba Nkulu, dans la province du Haut-Lomani, au sud-est du pays.
L’ONG congolaise Conserv Congo, engagée dans la lutte contre la criminalité faunique aux côtés de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN), à l’origine de cette information, souligne que l’un des suspects est le chef par intérim de la localité de Kayumba.
« Il est accusé d’avoir organisé des attaques, d’avoir servi de liaison entre des agents sur le terrain et des groupes rebelles clandestins, et d’avoir coordonné des activités criminelles dans la région », explique au téléphone à Mongabay, Adams Cassinga, fondateur de cette ONG.

Cassinga ajoute par ailleurs qu’un cinquième suspect est en fuite. Celui-ci serait identifié comme Richard Ilunga, chef par intérim du groupement Kasenga Mondwe à Kayumba. Il serait considéré comme le principal lien entre les assaillants du Parc national de l’Upemba et une cellule rebelle clandestine, distribuant des fétiches et coordonnant les attaques.
L’organisation fait aussi savoir que les communautés locales ont joué un rôle essentiel dans cette opération, en signalant les suspects auprès des autorités, facilitant ainsi leur arrestation.
Début mars dernier, le Parc national de l’Upemba, dans le sud-est du pays, a été la cible d’une attaque par un groupe armé, ayant coûté la vie à sept membres du personnel de l’ICCN. Au cours du même mois, des incursions d’hommes armés ont été enregistrées au sein de la Réserve de faune à okapis, à Epulu, au nord de la RDC, mettant en danger la faune sauvage, et perturbant l’existence des communautés environnantes.

Silence radio des autorités sur l’affaire
D’après Cassinga, les personnes interpellées attendent d’être jugées par un tribunal militaire, soit à Lubumbashi, soit à Kinshasa.
Mongabay n’est pas parvenu à obtenir plus de détails sur cette affaire auprès des autorités congolaises. Une demande d’information adressée à l’ICCN est restée sans suite.
Pour sa part, le responsable de la communication du Parc national de l’Upemba, Antonio Longangi, a fait savoir à Mongabay, au téléphone, que toutes les enquêtes, concernant l’attaque de mars dernier, sont gérées par les ministères concernés et au niveau de la province.
« Nous n’avons aucun commentaire à faire à ce sujet », a-t-il dit.
Le ministre provincial de l’Intérieur, Jean Ngoy, patron de la sécurité dans la province du Haut-Lomani, que Mongabay a aussi joint au téléphone, a confirmé les interpellations. Il n’a pas donné plus de détails sur l’opération, mais il a indiqué que le dispositif sécuritaire a été renforcé dans le Parc national de l’Upemba, depuis l’attaque de mars dernier, à travers un déploiement important de militaires dans cette aire protégée.
Image de bannière : Un des bâtiments du siège du Parc national de l’Upemba, endommagé lors de l’attaque. Image via Forgotten Parks.
RDC : Le personnel de l’Upemba revient sur l’attaque ayant fait sept morts au sein du parc
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