Le Togo renforce le dispositif de surveillance de la dégradation de l’environnement, en créant, début octobre, des brigades mobiles de surveillance environnementale et forestière.
Ces brigades, qui seront opérationnelles auprès de chacun des six commandements régionaux du corps des agents des Eaux et forêts, auront pour mission d’assurer la surveillance, le contrôle et la répression des infractions, à la législation et à la réglementation environnementales et forestières en vigueur dans le pays.
« A ce titre, elles sont chargées de la surveillance permanente et itinérante des massifs forestiers, des plans d’eau, et des axes principaux et secondaires, identifiés comme sensibles, et de l’identification des réseaux et circuits d’approvisionnement, de transformation, de transport et de stockage des produits forestiers issus des activités clandestines », indique l’arrêté du ministre en charge de l’Environnement, professeur Komla Dodzi Kokoroko.
De même, ces unités de brigades mobiles effectueront des interventions sur des sites présumés ou avérés d’abattage et de sciage clandestins, ainsi que de « la recherche, la constatation et la répression de toutes autres infractions forestières, environnementales ».
Sur le terrain, le ministère précise que cette nouvelle unité apportera un appui aux autorités administratives locales et aux services techniques déconcentrés, dans la gestion des conflits liés à l’exploitation des ressources naturelles.
Pour atteindre son objectif de protection de l’environnement et des ressources forestières, il est prévu que les brigades mobiles interviennent de jour comme de nuit, et en tout point de leur ressort territorial.
Pour les acteurs de la société civile, la création de ces brigades marque une étape institutionnelle importante dans le renforcement de la surveillance environnementale et forestière au Togo.
« Ces derniers mois, nous avons constaté sur le terrain une amélioration du contrôle de l’exploitation des ressources forestières, notamment à des fins de bois d’œuvre, mais quelque fois, l’intervention est tardive dans le sens où les arbres sont déjà coupés, et ce n’est que pendant le transport que l’autorité arrive à arrêter les exploitants illégaux, pendant qu’une forêt a été déjà décimée, ou qu’un écosystème [a été déjà] perturbé », a dit au téléphone à Mongabay, Germain Assih, ingénieur forestier et président du Réseau des organisations de la société civile sur le climat et l’environnement au Togo (ROSCCET).
« En ce sens, la mise en œuvre effective de la brigade mobile constitue une avancée importante, dans la mesure où elle prévoit notamment des interventions sur les sites d’abattage et de sciage clandestins, et contribuera à la lutte contre les infractions et à la protection des ressources naturelles », a-t-il précisé.
Image de bannière : Tas de grumes au bord d’une route au Togo. Image de Maggy DUCEAU via Wikimedia Commons.