D’après l’ONG ConservCongo, spécialisée dans la conservation, les services de sécurité congolais ont interpellé quatre personnes, le 23 mai 2026, pour contrebande et trafic illicite d’espèces fauniques.
Arrêtées à Kindu, la capitale provinciale du Maniema en République démocratique du Congo, elles avaient en leur possession six peaux de léopard, 50 kilogrammes d’ivoire et plus d’une demi-tonne d’écailles de pangolin. Une source confirme à Mongabay qu’un pangolin vivant a aussi été saisi.
Ayant participé à cette saisie conduite par l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN), la police nationale et le bureau du procureur de Kindu, le 20 mai dernier, ConservCongo affirme que les personnes interpellées appartiennent à un réseau qui s’étend en Angola et en Zambie.
Selon le directeur provincial de l’ICCN du Maniema, Radar Nishuli, la quatrième personne serait en fuite. « Nous allons donner davantage d’informations après avoir pesé tous les colis », a-t-il dit au téléphone à Mongabay.
« Celui que je connais, pour le moment, est un pasteur d’une église accompagné de deux de ses acolytes. Une quatrième personne se serait déjà évadée. Mais deux des acolytes du pasteur sont entre les mains de la justice. Mon équipe est d’ailleurs au tribunal au moment où je parle », précise Nishuli.
D’après la même source, les premiers indices obtenus montrent que les animaux n’auraient pas été abattus dans la province du Maniema. Cette province du centre-est de la RDC abrite le Parc national de Maïko, situé à la lisière de la forêt équatoriale congolaise, vers le nord. Elle est également proche du Parc national de Lomami.
« C’est un réseau. À voir les peaux de léopard, les trois morceaux d’ivoire, on s’aperçoit que ce n’est pas récent. Je pense qu’on utilise la province du Maniema comme un lieu de transit. Ça doit être un réseau depuis la Province Orientale », a indiqué Nishuli.
D’après le président de ConservCongo, Adams Cassinga, les captures pourraient également concerner les régions proches des parcs nationaux Kahuzi-Biega et des Virunga, dans le voisinage du Maniema, plus au nord-est.
« Concernant les peaux des léopards, il est probable qu’une partie provienne des provinces forestières, où l’espèce reste encore présente, y compris certaines zones de la Tshopo et d’autres régions du bassin forestier congolais. Pour l’ivoire, les réseaux semblent s’approvisionner à travers plusieurs corridors de braconnage actifs reliant des zones forestières reculées aux axes de transport vers Kindu, Kisangani et Kinshasa », a-t-il expliqué.
Image de bannière : Les produits fauniques saisis par la police congolaise à l’issue d’une enquête menée conjointement par le parquet de Kindu, l’ICCN et ConservCongo. Image de ConservCongo.