Selon des chercheurs du Centre pour la recherche forestière internationale en agroforesterie (CIFOR-ICRAF), la nouvelle réapparition du virus Ebola, sévissant actuellement en République démocratique du Congo et en Ouganda, reste directement liée à l’effondrement accéléré de la biodiversité, qui ne cesse de rapprocher les communautés locales et la faune sauvage, dans la sous-région.
Pour lutter efficacement contre cette menace, les mêmes experts estiment que, bien que la viande de brousse reste en grande partie la seule source de protéines abordable en Afrique centrale et de l’Ouest, les pays doivent agir au plus vite pour limiter ces modes alimentaires non durables, entraînant la perte de la biodiversité.
«Des mesures axées sur la protection, la conservation et la restauration, ainsi que l’utilisation et la gestion durables des écosystèmes, restent essentielles pour mieux éradiquer et maintenir le contrôle des zoonoses endémiques, comme Ebola en Afrique », affirme Dr Eliane Ubalijoro, directrice exécutive du CIFOR-ICRAF, basé à Nairobi, au Kenya.
Selon des données du CIFOR-ICRAF, des millions de personnes à travers le monde consomment de la viande de brousse même si ce mode alimentaire est illégal dans certaines régions.
« En Afrique centrale et de l’Ouest, la chasse aux animaux sauvages, pour leur consommation, reste un phénomène courant, mais qui présente également des risques importants pour la santé humaine », affirme Dr Ubalijoro, à Mongabay dans une interview exclusive sur zoom.
D’après l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’épidémie actuelle d’Ebola a jusqu’ici fait 102 décès parmi les 608 cas confirmés en RDC, et 15 cas confirmés en Ouganda, dont un décès.
«Au niveau du bassin du Congo, une menace persiste encore compte tenu des habitudes alimentaires caractérisées par la consommation de la viande sauvage, ce qui pose particulièrement un risque de santé publique », souligne Dr Ubalijoro.
Dr Paul Webala, maître de conférences en biologie de la faune sauvage, au département de foresterie et de gestion de la faune sauvage de l’université Maasai Mara, au Kenya, estime que dans certaines régions désignées comme points chauds de la biodiversité, dont le bassin du Congo, l’interaction entre les humains et la faune sauvage, notamment en ce qui concerne l’alimentation, évolue rapidement, et les risques d’apparition et de propagation de nouvelles maladies se multiplient.
« La récente recrudescence de la fièvre Ebola dans certaines zones de la sous-région illustre parfaitement le risque lié à ces pratiques ».
« Les pays ont besoin d’allier protéines végétales et protéines animales, pour réduire autant de risques sanitaires liés à la consommation de viande de brousse », affirme Dr Ubalijoro.
Image de bannière : Poste frontalier entre le Rwanda et la République Démocratique du Congo. Image de Aimable Twahirwa.
Une étude menée dans le parc national de la forêt tropicale de Gola, en Sierra Leone, par des chercheurs de l’université du Wisconsin-Madison aux États-Unis, montre que le financement REDD+ des Nations unies, conçu pour réduire la déforestation et favoriser le stockage du carbone, peut aussi bénéficier à la biodiversité animale.
Selon cette étude publiée en mars 2026 dans la revue Conservation Science and Practice, des recherches antérieures avaient montré que le mécanisme REDD+ avait permis de réduire la déforestation de 30 % dans le parc par rapport aux zones voisines. Toutefois, aucune évaluation n’avait encore été faite pour savoir si cette baisse de la déforestation profitait réellement à la faune. « Nous constatons que si elles sont bien menées, les initiatives de financement du carbone ont la capacité de protéger à la fois la biodiversité, au-delà du simple habitat, et les marchés du carbone », déclare Sathya Chandra Sagar, l’auteur principal de l’étude, à Mongabay.
Les chercheurs ont comparé trois zones : le parc national de Gola, financé par REDD+, une aire protégée voisine au Libéria, sans financement REDD+, et une zone agroforestière communautaire située à la périphérie du parc. Ils ont évalué la biodiversité à l’aide de deux approches complémentaires : l’analyse des paysages sonores grâce à des enregistreurs acoustiques et le métabarcoding ADN, une technique permettant d’identifier les espèces à partir de l’ADN d’insectes collectés dans des pièges.
Le parc de Gola présentait une saturation acoustique plus élevée, tout au long de la journée, que la zone agroforestière communautaire, ce qui suggère une biodiversité animale plus importante dans le parc. Les saturations sonores totales étaient proches, entre le parc et l’aire protégée libérienne, mais Gola comptait davantage d’espèces vocalisant à l’aube et à midi, ainsi que plus de sons uniques d’insectes, d’oiseaux et de grands mammifères. La zone agroforestière communautaire affichait une diversité totale d’insectes plus élevée que le parc, notamment pour les mouches et les papillons de nuit.
Selon les auteurs, cette plus grande diversité pourrait s’expliquer par la variété des milieux présents dans la zone agroforestière et par les activités humaines profitables à certaines espèces d’insectes.
Toby Gardner, chercheur principal à l’Institut de l’environnement de Stockholm, en Suède, affirme à Mongabay que ces résultats sont « convaincants », quant à l’impact positif de REDD+ sur la biodiversité. « Si nous considérons les forêts comme des écosystèmes vivants, ce qui est le cas, nous voulons savoir dans quelle mesure nous les protégeons en tant qu’écosystèmes vivants, et non comme de simples réservoirs de carbone », dit Gardner, qui n’a pas participé à ces recherches.
Image de bannière : La forêt tropicale de Haute-Guinée en Sierra Leone abrite des espèces menacées comme le pic à cou blanc (Picathartes gymnocephalus). Image de Charles J. Sharp via Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0).
Alors que les rapports internationaux s’enchaînent pour décrire un Sahel condamné à la double peine du chaos climatique et sécuritaire, un ouvrage venant de paraître met en lumière, non seulement les effets de la crise climatique, mais aussi les solutions, les capacités d’adaptation et la résilience des communautés.
« Celles et ceux qui ne plient pas : Récits et visages de l’urgence climatique au Sahel » a été publié aux Éditions Plume Libre, par cinq journalistes africains, boursiers du Programme de formation en journalisme environnemental de Mongabay Afrique, en partenariat avec le Réseau africain des journalistes environnementaux francophones (RAJEF). Dans cet ouvrage collectif de 73 pages réparties en quatre chapitres, ces reporters montrent comment les défis environnementaux s’entremêlent aux enjeux sécuritaires, économiques et sociaux, qui traversent le Sahel.
Au Burkina Faso, le journaliste Abel Yerbanga explore le potentiel de l’agroécologie et des bio-intrants artisanaux dans la restauration des terres dégradées et la création d’opportunités économiques pour les jeunes. Au Niger, Souleymane Oumarou Brah documente les tensions croissantes entre agriculteurs et éleveurs dans un contexte marqué par l’avancée du désert. Au Mali, Albakaye Bollo Cissé revient sur le déclin du lac Faguibine et ses conséquences sur les populations locales. Enfin, au Tchad, Rimteta Ngarndinon met en lumière plusieurs initiatives communautaires favorisant l’adaptation climatique et la cohésion sociale.
« Derrière les statistiques froides, il y a des vies, des émotions et des courages immenses : nous voulions montrer les visages et mieux porter les voix de celles et ceux qui refusent de subir sans rien faire face aux effets des changements climatiques au Sahel », déclare à Mongabay, Juste Edgard Agbanou, président du RAJEF et coordonnateur de l’ouvrage. « Nous voulions aussi montrer que soigner la terre n’est pas un luxe théorique, c’est une question de survie et de dignité pour offrir un avenir à la jeunesse face au terrorisme et à l’exode. C’est un manifeste pour une souveraineté verte, raconté de l’intérieur par des reporters locaux, qui partagent, chaque jour, le combat de ceux qui refusent de plier », a-t-il précisé.
« Au-delà de cet ouvrage, j’observe surtout le chemin qu’ils construisent en toute indépendance et solidarité pour porter, avec le plus de justesse possible, les récits venus du terrain. Bravo à eux », souligne Juliette Chapalain, Fellowship et Multimedia Editor à Mongabay et préfacière de ce livre.
Disponible sur Amazon et progressivement distribué dans des librairies partenaires, l’ouvrage est, selon ses auteurs, le premier volume d’une trilogie éditoriale portée par le RAJEF, destinée à documenter les dynamiques environnementales et humaines à travers différentes régions d’Afrique.
Image de bannière : L’ouvrage « Celles et ceux qui ne plient pas : Récits et visages de l’urgence climatique au Sahel ».
Selon l’Alliance pour la souveraineté alimentaire en Afrique (AFSA), les fonds, alloués jusqu’ici par la Banque africaine de développement (BAD), n’ont servi qu’à financer massivement un modèle industriel marginalisant les petits exploitants, un modèle qu’il qualifie de « climato-intelligent ».
Dans deux récentes études qu’elle a menées, l’AFSA montre que la BAD apporte très peu de soutien aux petits producteurs qui nourrissent la majeure partie du continent malgré son statut de principal partenaire financier agricole en Afrique, d’après un communiqué de presse partageant les résultats de ces travaux, diffusé le 27 mai 2026, par Dr Million Belay Ali, coordonnateur général de l’AFSA.
Dans la première étude sur le portefeuille des financements agricoles de la BAD de 2019 à 2025, l’AFSA conclut que la banque investit massivement dans l’agriculture africaine, mais que ses financements soutiennent principalement un modèle agricole industriel fondé sur les engrais chimiques, les semences hybrides, la mécanisation, les monocultures et les grandes chaînes de valeur agroindustrielles, au détriment de l’agroécologie, de la souveraineté alimentaire et de la justice climatique.
Dans la deuxième étude datant de 2024, qui analyse les 40 accords nationaux du programme Dakar 2 « Nourrir l’Afrique », une initiative portée par la BAD et les gouvernements africains pour accélérer la transformation agricole du continent et renforcer sa sécurité alimentaire, l’AFSA révèle que cette initiative, prévoyant 61 milliards USD pour transformer l’agriculture africaine, privilégie une modernisation agricole à grande échelle, qui pourrait favoriser la concentration foncière, renforcer la dépendance aux multinationales et marginaliser les systèmes agricoles diversifiés, portés par les petits producteurs africains.
Haseeb Bakhtary, responsable des systèmes agricoles et alimentaires chez Climate Focus, un groupe de réflexion basé aux Pays-Bas, observe qu’environ 71 milliards USD pourraient être annuellement nécessaires pour soutenir les 65 millions de petits exploitants agricoles en Afrique subsaharienne. « En Afrique, ces fonds devraient être investis dans la promotion des pratiques agroécologiques résilientes, tout en garantissant des moyens de subsistance grâce à des systèmes d’alerte précoce au profit des petits exploitants agricoles », confie-t-il à Mongabay.
L’Afrique est touchée de manière disproportionnée par le changement climatique. Or, ses émissions de combustibles fossiles devraient augmenter rapidement dans les années à venir, à en croire les experts. « Donner la priorité aux agriculteurs africains dans les systèmes d’information climatique peut tout changer, mais le financement reste essentiel », affirme à Mongabay Patricia Nying’uro, climatologue et membre du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).
Image de bannière : Le soutien aux systèmes diversifiés et pilotés par les agriculteurs, qui nourrissent la majeure partie du continent, demeure marginal. Image de Aimable Twahirwa pour Mongabay.
Les partenaires du Fonds bleu pour le bassin du Congo, un mécanisme panafricain de financement climatique, ont annoncé, le 28 mai 2026, lors des Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (BAD), la mobilisation de plus de 3 milliards USD destinés au financement de 63 projets bas-carbone, en Afrique centrale.
« Ensemble, à la suite de vos engagements précis, nous venons de faire un pas supplémentaire vers la réalisation du mandat statutaire du Fonds bleu pour le bassin du Congo », a déclaré, lors de la levée des fonds, le président congolais Denis Sassou N’Guesso, qui plus est président de la Commission climat du bassin du Congo (CCBC), l’instance politique portant l’initiative du Fonds bleu et définissant ses grandes orientations.
Les 63 projets concernent 17 pays d’Afrique centrale et de l’Est, ainsi que plusieurs organisations régionales. Parmi les initiatives phares figurent, au Cameroun, un programme de restauration de 5 000 hectares de mangroves pour lutter contre l’érosion côtière et fluviale, ainsi qu’un programme visant à récolter 3 500 tonnes de jacinthe d’eau pour un revenu annuel estimé à 87,7 millions USD et la création de plus de 500 emplois.
Au Kenya par exemple, les projets retenus visent la restauration de 14 000 hectares de mangroves, des initiatives destinées à améliorer les stocks de poissons et à accroître les stocks de carbone forestiers et terrestres.
En République du Congo, les projets portent entre autres sur la gestion durable des tourbières, qui constituent l’un des plus importants stocks de carbone au monde.
Le financement annoncé provient de la Banque mondiale, engagée à hauteur d’un milliard USD, de la Banque de développement des États de l’Afrique centrale avec 600 millions USD, de la Chambre africaine de commerce de Scandinavie qui apportera 600 millions USD, du Fonds vert pour le climat avec une contribution de 320 millions USD, de la BAD avec 250 millions USD, ainsi que du Fonds souverain africain qui mettra 500 millions USD.
Kelvin Muli, spécialiste de la justice climatique, explique à Mongabay que la mobilisation de ce financement témoigne d’une reconnaissance croissante du rôle essentiel de l’Afrique dans l’action climatique mondiale.
« Le succès du Fonds bleu du bassin du Congo dépendra de la transparence de sa mise en œuvre, de sa capacité à attirer de nouveaux investissements et de la concrétisation de bénéfices tangibles pour les communautés locales qui protègent, depuis longtemps, ces écosystèmes essentiels », affirme Muli, qui dirige l’African Network for Climate Action (ANFCA), une ONG kenyane active dans le domaine de la finance et de la justice climatiques.
Image de bannière : Vue du bassin du Congo en République centrafricaine. Image de Peter Prokosch via Flickr (CC BY-SA 2.0.).
La population de lions dans l’aire protégée de Queen Elizabeth, située dans le Greater Virunga Landscape, a connu « un fort déclin de plus de 70 %, passant de 144 individus en 2010 à 39 individus en 2022 », selon une nouvelle étude, dont les résultats ont été publiés le 21 mai 2026 à Kampala, en Ouganda.
Le rapport du Fonds mondial pour la nature (WWF) explique que les lions utilisent principalement plusieurs corridors de savane du Greater Virunga Landscape, un vaste écosystème transfrontalier entre l’Ouganda, la RDC et le Rwanda. Ces corridors permettent les déplacements entre les secteurs protégés du paysage des Virunga. Toutefois, l’expansion agricole, les implantations humaines, le braconnage et les infrastructures routières réduisent la connectivité écologique et limitent les mouvements des lions. « Bien que tolérants aux habitats semi-modifiés, les lions sont affectés par le déclin de leurs proies sauvages et par l’empiètement humain sur leur territoire, ce qui restreint leur aire de répartition », souligne le rapport.
Le paysage abrite plus de 5 164 espèces de mammifères (dont 27 espèces de primates et 40 espèces d’ongulés), d’oiseaux, d’amphibiens, de reptiles et de plantes. Cette zone est également désignée comme étant le refuge de la dernière population de gorilles de montagne. D’après les experts de la conservation, la fragmentation des habitats fauniques a également réduit les possibilités de reproduction des lions et augmenté les conflits avec les communautés voisines. « Le braconnage, qui cible parfois d’autres espèces protégées, continue de menacer la survie des lions dans la sous-région », explique Dr Andrew Seguya, secrétaire exécutif de la Collaboration transfrontalière du Grand Virunga, à Mongabay. La GVTC est une structure intergouvernementale regroupant l’Ouganda, le Rwanda et la RDC pour promouvoir la collaboration en matière de conservation de la faune et de la flore sauvages, ainsi que le développement du tourisme dans le paysage du Grand Virunga (GVL).
Ce déclin des lions contraste avec les progrès observés chez d’autres espèces sauvages de cet écosystème. Le rapport souligne notamment que les populations d’éléphants, de chimpanzés et de gorilles de montagne ont connu une croissance encourageante, grâce à des programmes de conservation renforcés, des patrouilles anti-braconnage et une coopération transfrontalière accrue entre les gouvernements régionaux et les organismes de conservation. « En priorisant et en élargissant les corridors fauniques, nous pouvons restaurer les écosystèmes fragmentés et renforcer la lutte contre le braconnage à travers les initiatives de conservation communautaires », affirme Dr Seguya.
Image de bannière : Un lion dans le parc national du Serengeti, en Tanzanie. Image Giles Laurent via Wikimedia Commons (CC BY-NC-ND 2.0).
D’après l’ONG ConservCongo, spécialisée dans la conservation, les services de sécurité congolais ont interpellé quatre personnes, le 23 mai 2026, pour contrebande et trafic illicite d’espèces fauniques.
Arrêtées à Kindu, la capitale provinciale du Maniema en République démocratique du Congo, elles avaient en leur possession six peaux de léopard, 50 kilogrammes d’ivoire et plus d’une demi-tonne d’écailles de pangolin. Une source confirme à Mongabay qu’un pangolin vivant a aussi été saisi.
Ayant participé à cette saisie conduite par l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN), la police nationale et le bureau du procureur de Kindu, le 20 mai dernier, ConservCongo affirme que les personnes interpellées appartiennent à un réseau qui s’étend en Angola et en Zambie.
Selon le directeur provincial de l’ICCN du Maniema, Radar Nishuli, la quatrième personne serait en fuite. « Nous allons donner davantage d’informations après avoir pesé tous les colis », a-t-il dit au téléphone à Mongabay.
« Celui que je connais, pour le moment, est un pasteur d’une église accompagné de deux de ses acolytes. Une quatrième personne se serait déjà évadée. Mais deux des acolytes du pasteur sont entre les mains de la justice. Mon équipe est d’ailleurs au tribunal au moment où je parle », précise Nishuli.
D’après la même source, les premiers indices obtenus montrent que les animaux n’auraient pas été abattus dans la province du Maniema. Cette province du centre-est de la RDC abrite le Parc national de Maïko, situé à la lisière de la forêt équatoriale congolaise, vers le nord. Elle est également proche du Parc national de Lomami.
« C’est un réseau. À voir les peaux de léopard, les trois morceaux d’ivoire, on s’aperçoit que ce n’est pas récent. Je pense qu’on utilise la province du Maniema comme un lieu de transit. Ça doit être un réseau depuis la Province Orientale », a indiqué Nishuli.
D’après le président de ConservCongo, Adams Cassinga, les captures pourraient également concerner les régions proches des parcs nationaux Kahuzi-Biega et des Virunga, dans le voisinage du Maniema, plus au nord-est.
« Concernant les peaux des léopards, il est probable qu’une partie provienne des provinces forestières, où l’espèce reste encore présente, y compris certaines zones de la Tshopo et d’autres régions du bassin forestier congolais. Pour l’ivoire, les réseaux semblent s’approvisionner à travers plusieurs corridors de braconnage actifs reliant des zones forestières reculées aux axes de transport vers Kindu, Kisangani et Kinshasa », a-t-il expliqué.
Image de bannière : Les produits fauniques saisis par la police congolaise à l’issue d’une enquête menée conjointement par le parquet de Kindu, l’ICCN et ConservCongo. Image de ConservCongo.
Deux éco-gardes ont perdu la vie, le 21 mai 2026, dans une nouvelle attaque attribuée à des hommes armés non encore identifiés, au Parc National des Virunga, l’un des plus riches en biodiversité de la République démocratique du Congo (RDC).
La tuerie a été signalée au poste de patrouille des rangers à Kamuhororo, situé entre la pêcherie de Nyakakoma et Charuganda, sur la côte est du lac Édouard, au cœur même de ce parc, dans le territoire de Rutshuru, dans la Province du Nord-Kivu.
L’attaque a été confirmée par la société civile de l’enclave de pêche de Vitshumbi qui n’a pas donné l’identité des assaillants.
Une source de la conservation, dans le Sud-Kivu, contactée par Mongabay, a également confirmé l’attaque. Sur les réseaux sociaux, circulent les images des deux écogards tués. D’après le média congolais Desk Nature, les victimes sont issues de la promotion des écogardes formés en 2017, par l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN).
Le Parc national des Virunga n’a pas encore répondu aux sollicitations de Mongabay sur les circonstances exactes de l’attaque. Mais l’ICCN a, dans un communiqué de presse, dont Mongabay a eu copie, donné l’identité des deux écogardes tués. Il s’agit de Kasereka Valyathire Baraka et Munguakonkwa Mihigo Jacques, « deux jeunes écogardes en plein exercice de leur mission de protection de la nature ».
« Cet acte criminel survient au moment même où l’ICCN déploie des efforts considérables pour préserver le PNVi, malgré les circonstances dramatiques liées aux conflits armés qui secouent l’Est de la République Démocratique du Congo », précise le communiqué signé par Emmanuel de Merode, directeur provincial de l’ICCN Nord-Kivu et chef de site du Parc national des Virunga.
Les garde-parcs sont régulièrement pris pour cibles par des groupes armés en RDC. Le 3 mars 2026, le Parc national de l’Upemba, dans le Haut-Katanga, avait perdu sept agents du personnel, dont quatre rangers.
Celui des Virunga, plus au nord, connaît régulièrement ce genre de drame, dans un contexte de circulation des troupes armées dans le Nord-Kivu, une région en proie à l’instabilité depuis environ trois décennies. Selon le site du Parc national des Virunga, plus de 200 gardes forestiers ont été tués depuis sa fondation, en 1925.
Image de bannière : Kasereka Valyathire Baraka et Munguakonkwa Mihigo Jacques, les deux rangers tués au Parc national des Virunga en RDC. Image par Parc national des Virunga.

