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Le Prix Carole Noon 2026 décerné à Jackson Kabuyaya, pour son engagement pour la cause des animaux, en RDC

Trésor Wayitsomaya 2 Nov 2026

Le Congolais Jackson Kabuyaya Mbeke a reçu, le 30 octobre 2026, le Prix Carole Noon 2026, clôturant la semaine d’ateliers et de webinaires intitulée Sanctuary Award. Global Federation of Animal Sanctuaries (GFAS) récompense ainsi son leadership dans la gestion des sanctuaires animaliers, domaine d’attention de l’organisation basée aux Etats-Unis.

Directeur national de Gorilla Rehabilitation And Conservation Education Center (GRACE), Kabuyaya est particulièrement actif dans le sauvetage et la réhabilitation des animaux en difficulté, auxquels il apporte des soins appropriés dans ses centres.

« Les lauréats de cette année représentent parfaitement les valeurs auxquelles nous sommes attachés au sein de la communauté des sanctuaires animaliers. GFAS est particulièrement honorée d’avoir l’occasion de les célébrer, non seulement pour la qualité exceptionnelle des soins qu’ils apportent quotidiennement aux animaux, mais également pour leur leadership, leur esprit de collaboration et leur engagement envers l’ensemble de la communauté des sanctuaires animaliers », a déclaré Valerie Taylor, directrice exécutive de GFAS, lors de cérémonie de remise des prix, retransmise par visioconférence.

GRACE, un sanctuaire consacré aux soins des gorilles de Grauer (Gorilla beringei graueri), basé dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), est encouragé son rôle dans le renforcement des relations avec les communautés locales et dans la coordination des initiatives de Conservation.

« Une grande partie des réalisations de GRACE, aujourd’hui, n’aurait pas été possible sans les vastes connaissances de Jackson en biologie des gorilles et en primatologie, en médecine vétérinaire, en mobilisation communautaire ainsi qu’en leadership au niveau local et international », précise l’organisation sur sa page facebook.

Selon Jackson Mbeke, son directeur Pays, joint au téléphone par Mongabay, GRACE a contribué à la formation de plusieurs agents des aires protégées en RDC. Elle déploie ses services dans la Réserve des Gorilles de Tayna, le corridor Tyana-Maiko et dans les zones riveraines du Parc national des Virunga, dit-il.

« Devenir gardien des gorilles ne s’improvise pas. Nous avons fait appel à des experts étrangers qui sont venus à GRACE pour former nos agents. Ces compétences constituent aujourd’hui une ressource importante, reconnue aussi bien localement qu’au niveau international », explique Mbeke.

GRACE accompagne également les communautés locales dans les activités de développement, telles que l’agroforesterie. Le but de cet accompagnement est de réduire la pression sur les ressources naturelles.

Image de bannière : Jackson Kabuyaya Mbeke, directeur pays du Gorilla Rehabilitation and Conservation Education Center (GRACE), dans une forêt de la Réserve Naturelle de Kisimba-ikobo (RPKI), dans l’est de la République Démocratique du Congo. Image fournie par GRACE-Gorillas.

Jackson Kabuyaya Mbeke, directeur pays du Gorilla Rehabilitation and Conservation Education Center (GRACE), dans une forêt de la Réserve Naturelle de Kisimba-ikobo (RPKI), dans l'est de la République Démocratique du Congo. Image fournie par GRACE-Gorillas.

La Guinée lance une plateforme numérique, pour mieux encadrer l’exploitation de ses ressources halieutiques

Anne Nzouankeu 2 Nov 2026

La Guinée a lancé, le 26 octobre 2026, à Conakry, Konköe, une plateforme numérique destinée à améliorer la transparence et le contrôle des activités de pêche. Outil de gestion intégrée de la pêche et de l’économie maritime, Konköe vise notamment à centraliser les procédures de délivrance des licences et certificats de pêche, à renforcer la traçabilité des opérations et à permettre à l’État de mieux identifier les acteurs autorisés à exploiter ses ressources halieutiques.

« Dans un secteur aussi stratégique que la pêche, où se croisent les impératifs de souveraineté, de sécurité alimentaire, de création de richesses et de préservation des ressources, disposer d’informations fiables et assurer une meilleure traçabilité des opérations représentent des enjeux majeurs », indique le communiqué annonçant l’évènement.

La première licence de pêche délivrée à travers cette plateforme a été signée lors de la cérémonie de lancement. Cette initiative intervient dans un contexte où la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN), constitue une menace pour les ressources marines. En Guinée, environ 35 000 tonnes de produits halieutiques seraient prélevées illégalement chaque année. À l’échelle africaine, la pêche INN représente environ 4,7 millions de tonnes de poissons par an, pour une valeur estimée à 10 milliards USD, selon l’Union africaine.

Beaugas Orain Djoyum, expert camerounais en veille stratégique sur le numérique et président du comité d’organisation d’E-Gov’A 2026, un sommet panafricain dédié à l’e-gouvernance, à l’intelligence artificielle et à la transformation numérique des administrations publiques, dit à Mongabay que le numérique ne doit pas seulement permettre de dématérialiser les procédures administratives. Il doit aussi aider les États africains à mieux surveiller, protéger et valoriser durablement leurs ressources naturelles.

« Avec Konköe, la Guinée démontre que l’e-gouvernance peut également devenir un puissant levier de préservation des écosystèmes marins, de lutte contre la pêche illégale, de traçabilité des activités halieutiques et de gestion responsable de la biodiversité », dit Djoyum. « Il faut maintenant garantir l’efficacité du dispositif sur le terrain, son appropriation par les acteurs du secteur et son interopérabilité avec les autres systèmes publics », ajoute-t-il.

Le terme Konköe signifie « poisson mâchoiron » en soussou, une langue locale. Il a été choisi pour associer l’innovation technologique au patrimoine culturel guinéen, selon le communiqué.

Image de bannière : Des pirogues de pêche à Conakry, en Guinée. Image de Sebastián Losada, via Wikimedia Commons (CC BY-SA 2.0).

Des pirogues de pêche à Conakry, en Guinée. Image de Sebastián Losada, via Wikimedia Commons (CC BY-SA 2.0).

Les solutions fondées sur la nature comme alternative  pour adapter les villes africaines au climat  

Gaël Zozoro 29 Oct 2026

Lors d’un panel consacré à l’adaptation des villes face au réchauffement climatique, Marie-Josée Houénou, Senior Manager Engagement pour l’Afrique au sein du réseau C40 Cities, une organisation internationale qui rassemble près d’une centaine de grandes villes engagées dans la lutte contre le changement climatique, a défendu le recours aux Solutions fondées sur la nature (SFN), pour répondre aux effets du changement climatique. Elle préconise notamment la plantation d’arbres, la protection des cours d’eau, ainsi que la création et la préservation des parcs et des forêts.

« Les solutions basées sur la nature sont d’une impérieuse nécessité », a-t-elle déclaré au cours de la Conférence internationale sur la mobilité durable et le climat (CIMDC 2026), organisée à Abidjan du 19 au 22 octobre.

Pour lutter contre la chaleur, elle plaide pour davantage de parcs, de forêts et d’espaces verts, allant jusqu’à proposer la plantation d’un arbre dans chaque maison.

« Les SFN consistent tout simplement à promouvoir la nature comme une réponse au changement climatique. Lorsque nous coupons les arbres, nous réduisons la capacité des forêts à absorber le carbone, ce qui contribue à l’aggravation du réchauffement climatique. Pour lutter contre le changement climatique, il faut donc planter des arbres, protéger les cours d’eau, créer davantage de parcs et préserver les forêts. Il faut également encourager les populations à s’engager dans cette démarche  ».

Pour sa part, Paulin Danho, vice-gouverneur du District autonome d’Abidjan, insiste sur la nécessité de redonner à la nature sa place dans l’aménagement urbain.

Il encourage la plantation d’arbres, la lutte contre la déforestation et la préservation des espaces naturels, plutôt que le bétonnage systématique de ces espaces.

« La nature doit retrouver son rôle. Mais, pour ce faire, cela passe par l’éducation des masses, l’éducation de la jeunesse, l’éducation des populations à regarder la nature comme une alliée et non comme une menace. Parce que si nous prenons la nature comme une alliée, alors nous comprendrons que nous devons planter beaucoup plus d’arbres, faire en sorte que la forêt soit source de vie, ne pas bétonner tous nos espaces et créer des espaces de vie », a-t-il indiqué.

Selon Carlos Noumedem, directeur technique de Setec Afrique, l’intégration des SFN permet de mieux gérer les eaux pluviales et de prévenir les inondations, tout en prenant en compte les coûts sur l’ensemble du cycle de vie des ouvrages.

Sur le continent, certaines villes ont déjà engagé des initiatives reposant sur les SFN comme Freetown, la capitale de la Sierra Leone, où les autorités locales ont lancé un programme de plantation d’arbres accompagné d’un suivi technologique.

Image de bannière : La mangrove de Njebalè située dans l’estuaire du fleuve Wouri, au Cameroun. Image de BACHELOR45 via Wikimedia Commons.

Malgré les progrès de la cuisson propre, 168 millions de personnes utilisent encore des combustibles polluants, au Nigéria

Anne Nzouankeu 29 Oct 2026

Au Nigeria, 5,4 millions de personnes en moyenne ont accédé, chaque année, à des solutions de cuisson propres, notamment les cuisinières à gaz et électriques, entre 2020 et 2024, selon un rapport publié en 2026 par l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Le pays enregistre ainsi la troisième progression la plus rapide d’Afrique, en matière de proportion de la population ayant accès à la cuisson propre, derrière la Côte d’Ivoire et le Kenya. Malgré ces avancées, environ 168 millions de Nigérians, soit près des trois quarts de la population, continuent de cuisiner avec des combustibles polluants comme le bois de chauffage, le charbon de bois et le kérosène, a constaté Mongabay.

« Les progrès du Nigeria en matière d’élargissement de l’accès à la cuisson propre ont été inégaux », déclare à Mongabay, Temilade Sesan, chercheuse spécialisée dans la transition énergétique à l’université d’Ibadan, au Nigeria. « Au cours de la dernière décennie, la politique gouvernementale a oscillé entre la distribution gratuite de foyers de cuisson relativement peu coûteux et le recours à des mécanismes de financement carbone, pour compenser le coût des technologies, dont les prix sont prohibitifs », ajoute Sesan.

Selon un rapport conjoint de l’Organisation des Nations unies et de la Banque mondiale, publié en juin 2026, le Nigeria possède la deuxième population dépendante de la biomasse la plus importante, pour la cuisson dans le monde, après l’Inde. Cette situation s’explique notamment par le coût élevé du gaz de pétrole liquéfié (GPL), dont le prix de recharge d’une bouteille de 12,5 kilogrammes a plus que triplé depuis 2019, ainsi que par l’insuffisance des infrastructures de distribution et les difficultés d’accès à l’électricité.

La consommation de bois de chauffage et de charbon de bois exerce une pression sur les ressources forestières du pays, qui a perdu environ 240 000 hectares de forêts naturelles en 2025, l’équivalent d’environ 336 000 terrains de football, selon Global Forest Watch. Face à ces défis, le gouvernement nigérian a annoncé, en juin 2026, l’intégration de la cuisson électrique dans sa politique nationale de cuisson propre, afin de réduire la dépendance au bois de chauffage et au charbon de bois.

Salihu Usman, secrétaire permanent du ministère fédéral de l’Environnement du Nigeria, a reconnu lors d’un forum organisé en juin 2026 à Abuja, que le coût des solutions de cuisson propres, l’insuffisance des infrastructures, la faible sensibilisation des consommateurs et le développement limité du marché constituaient encore des obstacles à cette transition.

Image de bannière : Aniago, vendeuse de bois au Nigéria. Image de Ini Ekott pour Mongabay.

Aniago, vendeuse de bois au Nigéria. Image de Ini Ekott pour Mongabay.

COP17 : Intelligence artificielle et analyse de l’ADN environnemental, pour lutter contre les espèces envahissantes

Anne Nzouankeu 27 Oct 2026

La 17ᵉ Conférence des Parties (COP17) à la Convention sur la diversité biologique, qui se tient à Erevan, en Arménie, encourage l’utilisation des outils comme « la modélisation prédictive, l’analyse de l’ADN environnemental et la détection fondée sur l’intelligence artificielle », pour lutter contre les Espèces exotiques envahissantes (EEE). Une décision, adoptée le 23 octobre 2026, demande à la Secrétaire exécutive de la Convention sur la diversité biologique (CDB) de mieux coordonner son action avec les organisations compétentes, notamment en ce qui concerne « la conception des supports de formation sur ces nouveaux outils de détection ».

Les espèces exotiques sont des animaux, des plantes, des champignons et des agents pathogènes ayant été déplacés en dehors de leur aire de répartition naturelle par des activités humaines, qu’il s’agisse d’une action intentionnelle ou non. D’après l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), « elles deviennent envahissantes lorsqu’elles engendrent des effets néfastes sur l’environnement, par exemple en supplantant les espèces indigènes, en exerçant une prédation sur celles-ci ou en propageant des maladies ». Les EEE les plus fréquentes, répertoriées en Afrique, sont la jacinthe d’eau et la chenille légionnaire d’automne. La jacinthe d’eau prolifère à la surface des cours d’eau et des lacs, entravant la pêche, la navigation et l’accès à l’eau, tandis que la chenille légionnaire d’automne est capable de ravager en un temps très court de larges superficies de cultures, menaçant directement la sécurité alimentaire et les revenus de millions d’agriculteurs. « Les espèces exotiques envahissantes sont catastrophiques pour la biodiversité et provoquent des changements irréversibles dans les écosystèmes – elles ont contribué à plus de 60 % des extinctions mondiales », affirme l’UICN.

Manual Venceslas Prossie, expert camerounais en cartographie appliquée à la gestion durable des territoires et en télédétection, explique à Mongabay que ces technologies sont expérimentées dans quelques pays africains, comme l’utilisation d’applications d’intelligence artificielle pour reconnaître les dégâts causés par la chenille légionnaire sur le maïs au Kenya et en Tanzanie, ou l’analyse de l’ADN environnemental pour détecter certains poissons envahissants en Zambie. « Leur déploiement sur le continent représentera une opportunité pour la préservation de nos écosystèmes », affirme Prossie.

L’UICN a, de son côté, lancé le 21 octobre 2026, en marge de la COP à Erevan, sa première stratégie mondiale contre les EEE. D’ici 2036, la stratégie envisage de faciliter l’accès aux connaissances et aux technologies, de renforcer les capacités des acteurs, d’intensifier la prévention et la lutte, et de mobiliser des financements durables.

Image de bannière : Jacinthe d’eau à Ganvié au Bénin. Image de Adoscam, via Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0).

Jacinthe d'eau à Ganvié au Bénin. Image de Adoscam, via Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0).

Une plateforme pétrolière engloutit cinq personnes au Gabon

Michaël Moukouangui 26 Oct 2026

Une plateforme pétrolière auto-élévatrice de la société norvégienne Borr Drilling a sombré, le samedi 24 octobre 2026, au large de Mayumba, dans la province gabonaise de la Nyanga, non loin du parc du même nom.

Borr Drilling, une sous-traitante de BW Energy, une société norvégienne, basée à Hamilton, aux Bermudes, opérant sous licence pétrolière Dussafu Marine, a indiqué que l’effondrement de la plateforme est dû à l’affaissement du sol marin lors d’une opération de forage.

Quant au ministère gabonais du Pétrole et du gaz, il indique dans un communiqué, que l’incident est survenu suite à une perte de stabilité pendant les opérations de pré-chargement pétrolier précédant la campagne de forage, prévue à côté de l’installation de production MaBoMo.

Selon le directeur général de BW Energy, Urbain Beka Nguema, 110 employés sur les 115 travaillant sur la plateforme, au moment de l’incident, ont été retrouvés sains et saufs, tandis que 5 employés ont manqué à l’appel.

S’exprimant sur le drame, le président gabonais, Brice Clotaire Oligui Nguema, a déclaré que « ceux qui travaillent en mer pour notre pays doivent pouvoir le faire en sécurité. C’est une exigence que je porterai auprès de chaque opérateur présent sur notre domaine maritime ».

En 2024, un grave accident dû à un incendie sur la plateforme Becuna de Perenco avait mis en avant les fragilités du dispositif sécuritaire dans le secteur pétrolier gabonais.

Secrétaire permanent sortant du Conseil national climat (CNC), Fabrice Ntchango, a rappelé, sur son compte officiel LinkedIn, l’urgence de renforcer la prévention des risques pétroliers, les secours et la surveillance environnementale. « La sécurité des vies humaines, la protection de nos écosystèmes et l’avenir du Gabon exigent anticipation, responsabilité et action durable », a-t-il dit.

En vue de comprendre les circonstances du drame, le ministère du Pétrole et du gaz a ordonné l’ouverture d’une enquête technique, pour établir les circonstances exactes de l’accident et situer les responsabilités.

Image de bannière : La plate-forme offshore de Perenco au Gabon (image d’illustration). Image d’Anthony de Faria / Perenco.

La plate-forme offshore de Perenco au Gabon (image d’illustration). Image d’Anthony de Faria / Perenco.

Sénégal : Un code SMS pour recevoir ses semences subventionnées

Anne Nzouankeu 26 Oct 2026

L’État sénégalais a annoncé avoir mobilisé 7 milliards de francs CFA (environ 12,5 millions USD) pour subventionner 16 686 tonnes de semences de pommes de terre, dont 3 000 tonnes produites localement. Les premiers conteneurs de semences, destinées à la campagne horticole 2026-2027, viennent d’être réceptionnés, selon un communiqué du ministère de l’Agriculture, de la souveraineté alimentaire et de l’élevage, publié sur son site internet, le 14 octobre 2026.

Le ministère entend, à travers cette initiative, « garantir la qualité des semences subventionnées, assurer la traçabilité des approvisionnements et renforcer la transparence dans la gestion des ressources publiques ». Cette traçabilité se manifestera, cette année, par une innovation : la digitalisation de la distribution des semences, à travers une plateforme numérique appelée ERP PAS.

Ce dispositif permet, selon le ministère, d’identifier précisément les agriculteurs bénéficiaires, de suivre la distribution des engrais et des semences en temps réel, et d’envoyer un code de dotation, par SMS, directement sur le téléphone portable des exploitants. L’institution affirme que cette initiative vise à « assainir les circuits » en apportant une transparence, en éliminant les intermédiaires superflus et en garantissant un accès équitable aux intrants subventionnés sur l’ensemble du territoire national.

La phase pilote du projet a été menée dans 426 villages, au cours de laquelle plus de 60 000 producteurs ont été enrôlés, sécurisant ainsi plus de 213 000 opérations, pour une valeur de 6,4 milliards de francs CFA (environ 10,7 millions USD) de subventions tracées. « Aucun cas de fraude n’a été notifié durant cette phase », indique le ministère. Au-delà de la gestion des stocks, le portail institutionnel inclut la cartographie des sols, le suivi de la santé animale et l’accès aux marchés.

Guy Fongang, agroéconomiste indépendant camerounais, explique à Mongabay que les agriculteurs ruraux rencontrent généralement trois grandes catégories de difficultés liées aux semences agricoles, le plus récurrent étant l’accès aux semences parfois trop coûteuses. « La qualité des semences est un autre problème. Certaines présentent un faible taux de germination, sont mal conservées ou ne sont pas adaptées aux conditions climatiques et aux sols locaux », dit-il à Mongabay, par téléphone. À ceux-ci s’ajoute, selon l’expert, la transparence dans la distribution, avec souvent des cas de « détournements de semences subventionnées, des reventes illégales ou des inégalités dans leur répartition ».

« C’est appréciable que l’outil sénégalais promette un assainissement des circuits de distribution. Son efficacité réelle restera suspendue aux contraintes logistiques du monde rural, notamment la couverture du réseau et l’adoption effective du dispositif par l’ensemble des bénéficiaires », souligne Fongang.

Image de bannière : Des semences d’arachide et de riz. Image de Selengouma David, via Wikimédia Commons (CC BY-SA 4.0).

Des semences d’arachide et de riz. Image de Selengouma David, via Wikimédia Commons (CC BY-SA 4.0).

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Les gorilles de montagne se reproduisent dans le Parc des Virunga, malgré l’insécurité

Trésor Wayitsomaya 23 Oct 2026

Une quatrième naissance d’un gorille de montage vient d’être enregistrée au Parc national de Virunga, dans le Nord-est de la République démocratique du Congo (RDC). Le nouveau petit porte à 61 le nombre d’individus de sa troupe bien identifiée au parc.

« Il s’agit de la quatrième naissance enregistrée, cette année, dans la famille Bageni qui a notamment accueilli des jumeaux en janvier [2026], un évènement rare chez les gorilles de montagne. Le groupe compte désormais 61 individus, ce qui en fait la plus grande famille de gorille montagne connue dans ce monde. Cette naissance porte à 17 le nombre de naissances enregistrées dans le parc depuis le début de l’année », indique l’administration de Virunga, dans son annonce le 21 octobre 2026.

Le petit mâle a été observé par des pisteurs communautaires, le samedi 17 octobre, auprès de sa mère baptisée Ruzuzi, dans le Parc Virunga. Mais, dans cette région marquée par trois décennies d’insécurité, vivre pour ce petit est son nouveau défi, explique Joël Mapoli, dans un entretien téléphonique avec Mongabay.

Ce zoo-écologiste et chercheur au Research Center for Environnement Planning (RCEP), basé au Nord-Kivu, souligne que les femelles porteuses de petits doivent limiter leurs déplacements pour protéger leurs petits. Cela les rend tous vulnérables, a-t-il ajouté.

« Les nouveau-nés sont particulièrement vulnérables parce qu’ils dépendent entièrement de leur mère, pour l’allaitement, le transport et la protection. Les premiers mois sont donc essentiels. Cette naissance témoigne d’une activité reproductive dans certaines familles, malgré l’insécurité dans la zone », souligne Mapoli.

L’autre défi, pour capitaliser ces naissances, selon Mapoli, consiste à restaurer l’écologie de ces primates, en vue de réduire la pression sur l’aire protégée. Il faudra, pour cela, indique-t-il, faciliter l’accès à des sources d’énergie durables pour les populations voisines du parc. « Les gorilles peuvent continuer à s’alimenter, à se déplacer et à entretenir leurs relations sociales dans les zones, où les conditions écologiques restent favorables », précise Mapoli.

Pour Réponse Simisi, chargé des programmes au sein du Cercle des jeunes pour la conservation de la nature et le développement communautaire (CJCN-DC), basé dans le territoire de Nyiragongo, dans le Nord-Kivu, cette naissance représente un espoir pour la survie de cette espèce menacée en RDC.

« La naissance d’un bébé gorille dans le Parc des Virunga n’est pas seulement la naissance d’un animal ; c’est un espoir qui résiste. Chaque bébé qui naît et chaque mère [qui] y parvient, représentent une victoire pour la survie de l’espèce », dans le contexte de l’insécurité, déclare Simiri au téléphone de Mongabay.

Image de bannière : Le bébé gorille dans les bras de sa mère. Image de Parc national des Virunga.

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