La 17ᵉ Conférence des Parties (COP17) à la Convention sur la diversité biologique, qui se tient à Erevan, en Arménie, encourage l’utilisation des outils comme « la modélisation prédictive, l’analyse de l’ADN environnemental et la détection fondée sur l’intelligence artificielle », pour lutter contre les Espèces exotiques envahissantes (EEE). Une décision, adoptée le 23 octobre 2026, demande à la Secrétaire exécutive de la Convention sur la diversité biologique (CDB) de mieux coordonner son action avec les organisations compétentes, notamment en ce qui concerne « la conception des supports de formation sur ces nouveaux outils de détection ».
Les espèces exotiques sont des animaux, des plantes, des champignons et des agents pathogènes ayant été déplacés en dehors de leur aire de répartition naturelle par des activités humaines, qu’il s’agisse d’une action intentionnelle ou non. D’après l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), « elles deviennent envahissantes lorsqu’elles engendrent des effets néfastes sur l’environnement, par exemple en supplantant les espèces indigènes, en exerçant une prédation sur celles-ci ou en propageant des maladies ». Les EEE les plus fréquentes, répertoriées en Afrique, sont la jacinthe d’eau et la chenille légionnaire d’automne. La jacinthe d’eau prolifère à la surface des cours d’eau et des lacs, entravant la pêche, la navigation et l’accès à l’eau, tandis que la chenille légionnaire d’automne est capable de ravager en un temps très court de larges superficies de cultures, menaçant directement la sécurité alimentaire et les revenus de millions d’agriculteurs. « Les espèces exotiques envahissantes sont catastrophiques pour la biodiversité et provoquent des changements irréversibles dans les écosystèmes – elles ont contribué à plus de 60 % des extinctions mondiales », affirme l’UICN.
Manual Venceslas Prossie, expert camerounais en cartographie appliquée à la gestion durable des territoires et en télédétection, explique à Mongabay que ces technologies sont expérimentées dans quelques pays africains, comme l’utilisation d’applications d’intelligence artificielle pour reconnaître les dégâts causés par la chenille légionnaire sur le maïs au Kenya et en Tanzanie, ou l’analyse de l’ADN environnemental pour détecter certains poissons envahissants en Zambie. « Leur déploiement sur le continent représentera une opportunité pour la préservation de nos écosystèmes », affirme Prossie.
L’UICN a, de son côté, lancé le 21 octobre 2026, en marge de la COP à Erevan, sa première stratégie mondiale contre les EEE. D’ici 2036, la stratégie envisage de faciliter l’accès aux connaissances et aux technologies, de renforcer les capacités des acteurs, d’intensifier la prévention et la lutte, et de mobiliser des financements durables.
Image de bannière : Jacinthe d’eau à Ganvié au Bénin. Image de Adoscam, via Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0).
Une plateforme pétrolière auto-élévatrice de la société norvégienne Borr Drilling a sombré, le samedi 24 octobre 2026, au large de Mayumba, dans la province gabonaise de la Nyanga, non loin du parc du même nom.
Borr Drilling, une sous-traitante de BW Energy, une société norvégienne, basée à Hamilton, aux Bermudes, opérant sous licence pétrolière Dussafu Marine, a indiqué que l’effondrement de la plateforme est dû à l’affaissement du sol marin lors d’une opération de forage.
Quant au ministère gabonais du Pétrole et du gaz, il indique dans un communiqué, que l’incident est survenu suite à une perte de stabilité pendant les opérations de pré-chargement pétrolier précédant la campagne de forage, prévue à côté de l’installation de production MaBoMo.
Selon le directeur général de BW Energy, Urbain Beka Nguema, 110 employés sur les 115 travaillant sur la plateforme, au moment de l’incident, ont été retrouvés sains et saufs, tandis que 5 employés ont manqué à l’appel.
S’exprimant sur le drame, le président gabonais, Brice Clotaire Oligui Nguema, a déclaré que « ceux qui travaillent en mer pour notre pays doivent pouvoir le faire en sécurité. C’est une exigence que je porterai auprès de chaque opérateur présent sur notre domaine maritime ».
En 2024, un grave accident dû à un incendie sur la plateforme Becuna de Perenco avait mis en avant les fragilités du dispositif sécuritaire dans le secteur pétrolier gabonais.
Secrétaire permanent sortant du Conseil national climat (CNC), Fabrice Ntchango, a rappelé, sur son compte officiel LinkedIn, l’urgence de renforcer la prévention des risques pétroliers, les secours et la surveillance environnementale. « La sécurité des vies humaines, la protection de nos écosystèmes et l’avenir du Gabon exigent anticipation, responsabilité et action durable », a-t-il dit.
En vue de comprendre les circonstances du drame, le ministère du Pétrole et du gaz a ordonné l’ouverture d’une enquête technique, pour établir les circonstances exactes de l’accident et situer les responsabilités.
Image de bannière : La plate-forme offshore de Perenco au Gabon (image d’illustration). Image d’Anthony de Faria / Perenco.
L’État sénégalais a annoncé avoir mobilisé 7 milliards de francs CFA (environ 12,5 millions USD) pour subventionner 16 686 tonnes de semences de pommes de terre, dont 3 000 tonnes produites localement. Les premiers conteneurs de semences, destinées à la campagne horticole 2026-2027, viennent d’être réceptionnés, selon un communiqué du ministère de l’Agriculture, de la souveraineté alimentaire et de l’élevage, publié sur son site internet, le 14 octobre 2026.
Le ministère entend, à travers cette initiative, « garantir la qualité des semences subventionnées, assurer la traçabilité des approvisionnements et renforcer la transparence dans la gestion des ressources publiques ». Cette traçabilité se manifestera, cette année, par une innovation : la digitalisation de la distribution des semences, à travers une plateforme numérique appelée ERP PAS.
Ce dispositif permet, selon le ministère, d’identifier précisément les agriculteurs bénéficiaires, de suivre la distribution des engrais et des semences en temps réel, et d’envoyer un code de dotation, par SMS, directement sur le téléphone portable des exploitants. L’institution affirme que cette initiative vise à « assainir les circuits » en apportant une transparence, en éliminant les intermédiaires superflus et en garantissant un accès équitable aux intrants subventionnés sur l’ensemble du territoire national.
La phase pilote du projet a été menée dans 426 villages, au cours de laquelle plus de 60 000 producteurs ont été enrôlés, sécurisant ainsi plus de 213 000 opérations, pour une valeur de 6,4 milliards de francs CFA (environ 10,7 millions USD) de subventions tracées. « Aucun cas de fraude n’a été notifié durant cette phase », indique le ministère. Au-delà de la gestion des stocks, le portail institutionnel inclut la cartographie des sols, le suivi de la santé animale et l’accès aux marchés.
Guy Fongang, agroéconomiste indépendant camerounais, explique à Mongabay que les agriculteurs ruraux rencontrent généralement trois grandes catégories de difficultés liées aux semences agricoles, le plus récurrent étant l’accès aux semences parfois trop coûteuses. « La qualité des semences est un autre problème. Certaines présentent un faible taux de germination, sont mal conservées ou ne sont pas adaptées aux conditions climatiques et aux sols locaux », dit-il à Mongabay, par téléphone. À ceux-ci s’ajoute, selon l’expert, la transparence dans la distribution, avec souvent des cas de « détournements de semences subventionnées, des reventes illégales ou des inégalités dans leur répartition ».
« C’est appréciable que l’outil sénégalais promette un assainissement des circuits de distribution. Son efficacité réelle restera suspendue aux contraintes logistiques du monde rural, notamment la couverture du réseau et l’adoption effective du dispositif par l’ensemble des bénéficiaires », souligne Fongang.
Image de bannière : Des semences d’arachide et de riz. Image de Selengouma David, via Wikimédia Commons (CC BY-SA 4.0).
Une quatrième naissance d’un gorille de montage vient d’être enregistrée au Parc national de Virunga, dans le Nord-est de la République démocratique du Congo (RDC). Le nouveau petit porte à 61 le nombre d’individus de sa troupe bien identifiée au parc.
« Il s’agit de la quatrième naissance enregistrée, cette année, dans la famille Bageni qui a notamment accueilli des jumeaux en janvier [2026], un évènement rare chez les gorilles de montagne. Le groupe compte désormais 61 individus, ce qui en fait la plus grande famille de gorille montagne connue dans ce monde. Cette naissance porte à 17 le nombre de naissances enregistrées dans le parc depuis le début de l’année », indique l’administration de Virunga, dans son annonce le 21 octobre 2026.
Le petit mâle a été observé par des pisteurs communautaires, le samedi 17 octobre, auprès de sa mère baptisée Ruzuzi, dans le Parc Virunga. Mais, dans cette région marquée par trois décennies d’insécurité, vivre pour ce petit est son nouveau défi, explique Joël Mapoli, dans un entretien téléphonique avec Mongabay.
Ce zoo-écologiste et chercheur au Research Center for Environnement Planning (RCEP), basé au Nord-Kivu, souligne que les femelles porteuses de petits doivent limiter leurs déplacements pour protéger leurs petits. Cela les rend tous vulnérables, a-t-il ajouté.
« Les nouveau-nés sont particulièrement vulnérables parce qu’ils dépendent entièrement de leur mère, pour l’allaitement, le transport et la protection. Les premiers mois sont donc essentiels. Cette naissance témoigne d’une activité reproductive dans certaines familles, malgré l’insécurité dans la zone », souligne Mapoli.
L’autre défi, pour capitaliser ces naissances, selon Mapoli, consiste à restaurer l’écologie de ces primates, en vue de réduire la pression sur l’aire protégée. Il faudra, pour cela, indique-t-il, faciliter l’accès à des sources d’énergie durables pour les populations voisines du parc. « Les gorilles peuvent continuer à s’alimenter, à se déplacer et à entretenir leurs relations sociales dans les zones, où les conditions écologiques restent favorables », précise Mapoli.
Pour Réponse Simisi, chargé des programmes au sein du Cercle des jeunes pour la conservation de la nature et le développement communautaire (CJCN-DC), basé dans le territoire de Nyiragongo, dans le Nord-Kivu, cette naissance représente un espoir pour la survie de cette espèce menacée en RDC.
« La naissance d’un bébé gorille dans le Parc des Virunga n’est pas seulement la naissance d’un animal ; c’est un espoir qui résiste. Chaque bébé qui naît et chaque mère [qui] y parvient, représentent une victoire pour la survie de l’espèce », dans le contexte de l’insécurité, déclare Simiri au téléphone de Mongabay.
Image de bannière : Le bébé gorille dans les bras de sa mère. Image de Parc national des Virunga.
Au Gabon, le gouvernement retire aux sociétés privées, pour non-respect de la loi, notamment la pollution et la déforestation, 52 titres miniers dans le secteur aurifère.
Dans son communiqué lu sur la télévision publique, le 20 octobre 2026, le ministère des Mines et de la géologie n’évoque cependant pas, au cas par cas, les griefs reprochés aux opérateurs miniers.
Cette mesure intervient 15 semaines après que le même ministère a provisoirement suspendu toute activité d’exploitation et d’exploration d’or, en vue de mener un audit exhaustif de ce secteur, soupçonné aussi d’activités illicites parfois transnationales, selon le communiqué.
Au Gabon, la ruée vers l’or échappe au contrôle des pouvoirs publics depuis les gouvernements précédents.
Pour Ladyslas-Désiré Ndembet, expert en environnement et secrétaire exécutif de l’ONG Mouyissi environnement, ces suspensions sont liées notamment à la forte déforestation. « Ce que nous voyons sur les différents sites, pour le cas de la Ngounié, le centre Sud du Gabon, il y a plusieurs sites, –Etéké, Massima–, qui connaissent une forte déforestation, une forte dégradation de l’environnement. On y retrouve orpailleurs et sociétés semi-industrielles qui sont là et qui utilisent des produits dangereux, tels que le mercure qui met en danger la santé humaine, notamment [celle] des communautés vivant à partir des ressources naturelles, telles que les cours des rivières », explique Ndembet à Mongabay, dans une réponse audio sur WhatsApp.
« L’eau est polluée, les arbres sont abattus et enterrés, [et] il y a des sites où la pollution se multiplie avec tous les dangers sanitaires… », indique la même source, s’agissant de la conséquence de ces dégradations.
Au Gabon, depuis 2023, le gouvernement a classé l’or au rang des ressources stratégiques. Les nouvelles autorités ont, en outre, annoncé leur intention de mettre un terme aux trafics illégaux des ressources naturelles du pays, notamment l’or, dont l’essentiel de la production échappe aux circuits légaux.
Le 22 juin 2026, à la suite d’une opération conjointe des ministères des Mines et de la Défense nationale, 55 personnes ont été arrêtées dans la province de Ngounié, au Nord-Est du pays. Parmi ces personnes figuraient des asiatiques impliqués dans l’exploitation illégale de l’or. Cette opération avait permis le démantèlement d’un vaste réseau d’exploitants illégaux d’or. Depuis, le gouvernement a décidé de faire un état des lieux du secteur.
Image bannière : Un site d’orpaillage semi-industriel dans la province de l’Ogooué-Ivindo, au Gabon. Image de Benjamin Evine Binet.
Le Togo renforce le dispositif de surveillance de la dégradation de l’environnement, en créant, début octobre, des brigades mobiles de surveillance environnementale et forestière.
Ces brigades, qui seront opérationnelles auprès de chacun des six commandements régionaux du corps des agents des Eaux et forêts, auront pour mission d’assurer la surveillance, le contrôle et la répression des infractions, à la législation et à la réglementation environnementales et forestières en vigueur dans le pays.
« A ce titre, elles sont chargées de la surveillance permanente et itinérante des massifs forestiers, des plans d’eau, et des axes principaux et secondaires, identifiés comme sensibles, et de l’identification des réseaux et circuits d’approvisionnement, de transformation, de transport et de stockage des produits forestiers issus des activités clandestines », indique l’arrêté du ministre en charge de l’Environnement, professeur Komla Dodzi Kokoroko.
De même, ces unités de brigades mobiles effectueront des interventions sur des sites présumés ou avérés d’abattage et de sciage clandestins, ainsi que de « la recherche, la constatation et la répression de toutes autres infractions forestières, environnementales ».
Sur le terrain, le ministère précise que cette nouvelle unité apportera un appui aux autorités administratives locales et aux services techniques déconcentrés, dans la gestion des conflits liés à l’exploitation des ressources naturelles.
Pour atteindre son objectif de protection de l’environnement et des ressources forestières, il est prévu que les brigades mobiles interviennent de jour comme de nuit, et en tout point de leur ressort territorial.
Pour les acteurs de la société civile, la création de ces brigades marque une étape institutionnelle importante dans le renforcement de la surveillance environnementale et forestière au Togo.
« Ces derniers mois, nous avons constaté sur le terrain une amélioration du contrôle de l’exploitation des ressources forestières, notamment à des fins de bois d’œuvre, mais quelque fois, l’intervention est tardive dans le sens où les arbres sont déjà coupés, et ce n’est que pendant le transport que l’autorité arrive à arrêter les exploitants illégaux, pendant qu’une forêt a été déjà décimée, ou qu’un écosystème [a été déjà] perturbé », a dit au téléphone à Mongabay, Germain Assih, ingénieur forestier et président du Réseau des organisations de la société civile sur le climat et l’environnement au Togo (ROSCCET).
« En ce sens, la mise en œuvre effective de la brigade mobile constitue une avancée importante, dans la mesure où elle prévoit notamment des interventions sur les sites d’abattage et de sciage clandestins, et contribuera à la lutte contre les infractions et à la protection des ressources naturelles », a-t-il précisé.
Image de bannière : Tas de grumes au bord d’une route au Togo. Image de Maggy DUCEAU via Wikimedia Commons.
Les exploitants miniers artisanaux ont manifesté dans plusieurs quartiers de la ville de Kolwezi, dans la province du Lualaba, en République démocratique du Congo (RDC), le mardi 20 octobre 2026. Les manifestants dénoncent les contrôles menés par le ministère des Mines, ciblant des étrangers, ayant conduit à la fermeture des unités de traitement, c’est-à-dire les petites fonderies de cuivre et de cobalt. Des comptoirs d’achat des minerais tenus par des Chinois ont été également fermés.
Mais dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux par ses services de communication, la gouverneure du Lualaba, Fifi Masuka, a assuré qu’aucune de ces usines n’est fermée. Dans cette vidéo, où apparaissent des ressortissants chinois invités à la réunion de crise, mardi soir, à Kolwezi, le chef de la délégation, qui n’a pas été nommé, a assuré que la commission, venue de Kinshasa, vise à assainir le secteur minier, en faisant notamment partir les soldats.
Depuis ces fermetures, les exploitants artisanaux, sans issues pour vendre leurs minerais, dès le 19 octobre, ont exprimé leur colère en barrant les routes dans plusieurs quartiers de Kolwezi. Le lendemain, les échauffourées ont atteint la ville, jusque-là épargnée.
Plusieurs camions transportant des minerais ont été brûlés, selon les médias locaux comme Alerte News et La Guardia. Mais la police est intervenue pour apaiser la situation.
« Avant-midi, j’étais au quartier Kanina, où ça tirait à balles réelles », témoigne Léonard Zama, président de l’ONG Initiative pour la paix, les droits de l’homme et l’orientation des recherches (IPDHOR) basée à Kolwezi. Il parle aussi de plusieurs blessés et de huit morts.
Cependant, ce bilan n’a pas été confirmé par d’autres sources, y compris la police.
Pour Samy Mulaj, président d’une coopérative minière encadrant des exploitants artisanaux à Kolwezi, le gouvernement congolais est responsable de cette situation. « Kolwezi ne dispose que de 19 entités de traitement. Les artisans vivent au jour le jour. La fermeture des comptoirs les a plongés dans une situation d’insécurité sociale, d’où les troubles. Mais, pour nous, c’est le gouvernement qui est responsable de cette situation », explique Mulaj.
Dans la ville de Kolwezi, les manifestations des creuseurs sont récurrentes. En décembre 2025, ces exploitants avaient paralysé la ville pendant plusieurs jours, suite à une décision du ministère des Mines, ayant suspendu les activités minières.
Ces violences reposent sur des facteurs comme l’absence de Zones minières propres aux exploitants artisanaux, estime Mike Lameki, membre de la plate-forme Comprendre pour agir dans le secteur minier industriel et artisanal (CASMIA-G). Pour lui, ces crises résultent aussi des décisions prises par les autorités sans étude préalable.
Image de bannière : Des creuseurs artisanaux recherchent le concentré de cobalt dans une ancienne carrière de la Gécamines à Kipushi. Image de Didier Makal, prise en mai 2016.
« Le Nigeria a confirmé, le 20 octobre 2026, un premier cas importé d’Ebola dû au virus Bundibugyo, devenant le cinquième pays à détecter ce virus depuis le début de l’épidémie, déclarée, en mai dernier, en République démocratique du Congo (RDC) », a annoncé l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), dans un communiqué publié sur son site internet, le 20 octobre 2026.
L’OMS explique qu’il s’agit d’une patiente ayant un historique de voyages en Ouganda. « Les premiers symptômes sont apparus le 7 octobre, quatre jours après son arrivée au Nigeria. Elle a consulté un établissement de santé privé à Abuja, le 11 octobre, avant que des analyses de laboratoire ne confirment, le 20 octobre, une infection par le virus Bundibugyo », précise le communiqué. L’organisation explique que la patiente a été placée en isolement et reçoit des soins. Les autorités sanitaires nigérianes ont identifié 44 personnes ayant été en contact avec elle, et assurent leur suivi. Des investigations sont en cours pour déterminer l’origine probable de l’infection.
Le 20 octobre également, le Kenya a confirmé un neuvième cas d’Ebola sur son territoire. Il s’agit, selon le ministre kényan de la Santé, Aden Duale Thube, d’un homme de 24 ans, déjà en quarantaine, après avoir été identifié comme ayant été en contact avec le premier cas, aujourd’hui décédé. « Le tout s’inscrit au sein d’un seul foyer de contamination connu. L’état des huit patients s’améliore, et 134 des 135 personnes, ayant été en contact avec les cas, ont été retrouvées et placées en quarantaine », affirme le ministre.
Cette extension géographique du virus survient au moment où, les Parties examinent, à la 17ᵉ Conférence des parties à la Convention sur la diversité biologique (COP17 de la CDB), à Erevan, en Arménie, le premier bilan mondial de la mise en œuvre de l’Accord international sur la biodiversité, prévoyant notamment de protéger 30 % des terres et des mers d’ici à 2030.
Publié sous le titre State of Biodiversity Action, ce bilan révèle des progrès insuffisants dans plusieurs domaines, notamment la préservation des services écosystémiques, qui contribuent à réduire les risques de maladies. Le document souligne ainsi que « la majorité des Parties disposent d’objectifs nationaux répondant aux bénéfices spécifiques que les populations tirent des écosystèmes, notamment la santé des sols, la pollinisation, la réduction des risques de maladies et la protection contre les risques naturels ». Toutefois, « près des deux tiers des objectifs nationaux relatifs aux contributions de la nature aux populations font état de progrès insuffisants ».
Image de bannière : Des travailleurs de santé à l’hôpital de Mongbwalu, localité où a débuté l’actuelle épidémie d’Ebola en RDC. Image de Prosper Henri Ngorora pour Mongabay.

