Selon un rapport, les bénéfices technologiques de la transition énergétique dite « verte » profitent principalement aux pays riches, alors que les communautés proches des mines subissent la pollution, les pénuries d’eau, les maladies et la perte de leurs moyens de subsistance. Publié le 29 avril 2026 par l’Institut de l’université des Nations Unies pour l’eau, l’environnement et la santé (UNU-INWEH), ledit rapport indique que l’extraction des minerais critiques, comme le lithium, le cobalt ou le nickel, nécessaires aux voitures électriques, aux énergies renouvelables et à l’intelligence artificielle, crée des « zones de sacrifice », c’est-à-dire des régions riches en ressources, où les populations locales supportent les coûts environnementaux, sanitaires et sociaux de l’exploitation minière, sans bénéficier réellement des retombées économiques ou technologiques de la transition énergétique.
En République démocratique du Congo, par exemple, « 72 % des habitants proches des sites miniers » déclarent souffrir de maladies de peau, tandis que « 56 % des femmes et des filles » signalent des problèmes gynécologiques. Pour 10 000 naissances, on note environ 8,8 cas de malformations des membres inférieurs chez les enfants. Malgré l’importance stratégique des ressources de la RDC, « plus de 80 % » de sa production minérale reste contrôlée par des compagnies étrangères et « 73,5 % de la population vit avec moins de 2,15 dollars par jour ».
« Cette situation est triste, les chiffres sont alarmants. Pour moi, c’est l’état congolais qui n’assume pas ses responsabilités, notamment en faisant appliquer la législation minière, qui prévoit des sanctions à l’encontre des opérateurs miniers, qui ne respectent pas la loi », déclare, à Mongabay, Freddy Kitoko, avocat international congolais et expert des questions minières.
Le rapport insiste aussi sur l’énorme quantité de déchets toxiques générés par ces activités minières. Une tonne de terres rares peut produire environ « 2 000 tonnes de déchets toxiques ». Selon les auteurs, sans règles internationales strictes, la transition énergétique risque de reproduire les mêmes injustices que l’industrie pétrolière, à savoir l’exploitation des ressources dans les pays pauvres, les profits concentrés ailleurs et les populations locales sacrifiées.
Pour y remédier, les experts de l’ONU recommandent des réglementations internationales contraignantes, un meilleur contrôle de la pollution et de l’usage de l’eau, des mécanismes de redistribution des revenus miniers vers les communautés affectées, ainsi qu’une protection renforcée des populations locales et autochtones. Pour Kitoko, qui n’a pas participé à cette étude, « avant l’application des règlementations internationales, les États des pays dans lesquels cette extraction est faite doivent agir fermement. En cas de non-respect de la règlementation, les sanctions doivent être sévères. Au Congo, par exemple, les sanctions me semblent parfois légères ».
Image de bannière : L’exploitation artisanale du cobalt. Image de The International Institute for Environment and Development (IIED) via Flickr (CC BY-NC-ND 2.0).