La campagne expérimentale de vaccination contre le variant Bundibudyo de Ebola, sévissant dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), a été lancée le 19 septembre dernier à Bunia, la capitale de la province de l’Ituri, le principal épicentre de l’épidémie.
Près de 20 000 volontaires, notamment les agents de santé et assimilés, les personnels de première ligne pour la riposte, ainsi que d’autres personnes potentiellement exposées, sont parmi ceux qui participent à cette étude destinée à évaluer l’efficacité du vaccin contre le variant Bundibudyo de la maladie à virus Ebola, déclarée en RDC il y a quatre mois.
Pour le professeur Steve Ahuka Mundeke, responsable de la Coordination nationale de riposte contre l’actuelle épidémie d’Ebola en RDC, cette étape revêt une importance à la fois scientifique, opérationnelle, mais aussi de santé publique.
« Dans le contexte actuel lié au virus Bundibudyo, l’utilisation du vaccin Ervebo s’inscrit dans un cadre de recherche, afin de produire des données scientifiques permettant de mieux déterminer le niveau de protection qu’il peut éventuellement apporter contre ce virus », dit-il à Mongabay.
Début août, la RDC a reçu 70 000 doses du vaccin Ervebo, le seul existant contre la maladie Ebola de la souche Zaïre. Ces doses sont utilisées à la fois pour la réponse contre Ebola et pour la recherche.
A ce jour, il n’existe aucun traitement spécifique contre la maladie à virus Ebola de la souche Bundibudyo. Plus de 3 500 personnes sont mortes de la maladie sur plus de 7 000 cas confirmés dans le pays.
« Le fait pour moi d’être vaccinée, c’est une satisfaction totale. J’ai plus de chance de ne pas tomber malade. Je me dis que je suis protégée contre Ebola », dit Dr Annie Mushiya, vaccinée avec Ervebo à Bunia.
« J’ai perdu une dizaine de personnes, la plupart de mes voisins, suite à Ebola. Et moi-même, je crains que je peux être contaminé à tout moment. Que le vaccin soit mis sur pied contre Bundibudyo », dit Erick Kanane, habitant de Rwampara, un des épicentres de cette dix-septième épidémie d’Ebola, qui ne « recule pas », mais « se déplace », selon Anthony Kergosien, coordinateur des interventions d’urgence de Médecins Sans Frontières, en RDC, dans un Communiqué de presse consulté par Mongabay.
Début juillet 2026, les essais cliniques aux molécules MBP134, ainsi qu’au Remdésivir, ont été lancés en Ituri pour évaluer l’efficacité d’une molécule pouvant traiter efficacement la maladie, et pour protéger les personnes à haut risque pour qu’elles ne développent pas la maladie.
« Protéger les personnels de première ligne, c’est protéger ceux qui surveillent la maladie, prennent en charge les patients, investiguent les alertes, travaillent dans les laboratoires, transportent les cadavres et assurent les différentes interventions indispensables à la réponse », souligne le professeur Mundeke.
Image de bannière : Le gouverneur de l’Ituri, Gaby Mulumba, se faisant vacciner avec Ervebo. Image de Africa CDC.