Quinze gouvernements à travers le monde, dont sept de pays africains, ont adopté une déclaration commune dans laquelle ils s’engagent à faire progresser la transparence des pêches au niveau mondial, et à intensifier la lutte contre la pêche illégale, non déclarée et non réglementée (INN).
Le lancement de cette déclaration dite « Déclaration de Mombasa » a eu lieu ce jour à Mombassa, au Kenya, à l’occasion de la 11e édition de la conférence Our Ocean Conference (OOC), qui se tient, pour la première fois, sur le continent africain.
Tout en reconnaissant que « l’océan mondial constitue une source partagée et irremplaçable de vie, de culture, de sécurité alimentaire et de prospérité économique », la coalition des pays signataires de la Déclaration réaffirme sa responsabilité collective de « gérer les écosystèmes marins de manière durable et équitable au bénéfice des générations présentes et futures ».
Elle s’engage à faire de la transparence des pêches une boussole dans la gestion des secteurs de la pêche.
Emelia Arthur, ministre de la Pêche et de l’aquaculture du Ghana, dont la population dépend fortement de la pêche avec 10 % dans la chaîne de valeur de ce secteur, souligne que la déclaration « offre une tribune permettant aux différents gouvernements de s’unir et d’affirmer, sur la scène internationale, leur collaboration et leur combat commun pour la transparence dans le secteur de la pêche », selon un communiqué de presse de la Coalition pour la transparence des pêches, cheville ouvrière de la déclaration, reçu par Mongabay.
« Nous nous engageons à renforcer le suivi, le contrôle et la surveillance (SCS), y compris par le suivi des navires et un partage plus efficace des informations, afin de prévenir, de dissuader et d’éliminer plus efficacement la pêche INN », affirme la coalition dans la déclaration, appelant aussi les États à mettre en œuvre des réformes de transparence capables de renforcer la gouvernance du secteur des pêches.
Dans une interview accordée à Mongabay en marge de cette conférence, Bassirou Diarra, représentant de l’ONG anglaise Environmental Justice Foundation (EJF) au Sénégal, œuvrant activement en Afrique dans la lutte contre la pêche illicite, souligne que la Déclaration de Mombassa « appelle les communautés et les décideurs à souffler, à mettre de la transparence dans la gestion des pêches », un secteur faisant face à de nombreux défis en Afrique.
« Pour notre continent [l’Afrique], les enjeux, comme je dis, c’est la protection des ressources halieutiques, la pêche, mais aussi la biodiversité, les aires marines protégées, mais aussi les communautés qui dépendent de ces ressources-là », affirme Diarra.
Image bannière : Un pêcheur au milieu des poissons dans un bateau de pêche industrielle. Image fournie par Environmental Justice Foundation avec leur aimable autorisation.