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Une jeune femelle gorille rapatriée du Nigeria vers le Congo, tandis qu’un rhinocéros blanc mâle naît à Garamba en RDC

Trésor Wayitsomaya 5 Oct 2026

Grâce à des analyses ADN, une jeune femelle gorille, sauvée du trafic d’espèces sauvages, a été rapatriée du Nigeria vers le Centre de réhabilitation des chimpanzés de Tchimpounga, un sanctuaire des animaux victimes de braconnage et de trafic, situé au sud-est de la République du Congo.

D’après l’Institut Jane Goodall (JGI), basé en République du Congo, qui a communiqué sur le retour de Bili dans la région du bassin du Congo, sur Instagram le 1er octobre 2026, le rapatriement a été organisé après plus de trois ans de prise en charge au Nigeria, où la jeune gorille a été sauvée en août 2023, par les services douaniers, alors qu’elle était destinée au trafic d’espèces sauvages.

Jointe au téléphone par Mongabay, Dr Rebeca Atencia, directrice exécutive de JGI au Congo et vétérinaire en chef de Tchimpounga, voit dans ce transfert un exemple de coopération régionale.

« Le cas de Bili est un formidable exemple de pays africains travaillant ensemble au-delà des frontières, non seulement pour protéger la faune sauvage, mais aussi pour assurer le bien-être d’un animal individuel à court et à long terme », souligne-t-elle.

Selon le porte-parole des douanes nigérianes, Abdullahi Maiwada, le rapatriement de la gorille a été mené après la confirmation de son origine congolaise par le test ADN.

« Après qu’un test ADN ait confirmé que Bili est originaire de la République du Congo, les autorités ont organisé son rapatriement de Calabar à Lagos, puis l’ont transportée par avion au Congo », a-t-il déclaré, à l’Agence de presse du Nigeria (NAN, sigle en anglais).

Bien avant ce rapatriement, l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) a annoncé, début octobre, la naissance d’un rhinocéros blanc mâle dans le Parc national de la Garamba, dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC).

Observé quelques jours plus tard après sa naissance lors d’une patrouille de routine, le nouveau-né est en bon état et reste auprès de sa mère, selon l’ICCN, qui précise que cette naissance intervient dans le cadre d’un programme de réintroduction du rhinocéros blanc du Sud (Ceratotherium simum simum), lancé à Garamba en 2023, un signal important pour ce programme.

« La perte tragique de notre sous-espèce du Nord a été une épreuve douloureuse, mais elle n’a fait que cimenter notre résolution », a déclaré Yves Milan Ngangay, directeur général de l’ICCN. « Cette nouvelle naissance est la preuve éclatante que nos efforts de réintroduction portent leurs fruits, et que nous tenons notre promesse de restituer à la RDC sa riche biodiversité ».

Image de bannière : La  jeune gorille de Bili paisiblement dans la forêt de la nature dans la Réserve naturelle de Tchimpounga au Congo. Image de Dr Rebeca Atencia,  de Institut Jane Goodall.

Le Togo mise sur des semences de qualité pour planter un milliard d’arbres

Anne Nzouankeu 5 Oct 2026

Pour atteindre son objectif national de reboisement d’un milliard d’arbres d’ici à 2030, le Togo a identifié et géolocalisé des arbres semenciers de plusieurs essences, sur son territoire.

Dans le lot, on retrouve des arbres repérés en septembre 2026 : le Cola gigantea (colatier géant), le Terminalia superba (fraké), l’Acacia auriculiformis (acacia à feuilles auriculées), l’Anogeissus leiocarpus (bouleau d’Afrique), le Vitellaria paradoxa (karité), le Khaya senegalensis (acajou du Sénégal) et le Cedrela odorata (cèdre des Antilles).

Selon Komi Anthe, directeur général de l’Office de développement et d’exploitation des forêts (ODEF), l’institution publique en charge des forêts, l’opération visait à « repérer des porte-graines de qualité, à enregistrer leurs coordonnées géographiques, à déterminer les périodes optimales de récolte et à établir une cartographie complète des semenciers ».

Gertrude Mbomo, agroforestière spécialisée en technologie des semences en service au ministère de l’Agriculture et du développement rural (MINADER) du Cameroun, explique au téléphone à Mongabay que « l’identification de bons semenciers est particulièrement importante pour certaines espèces, dont la régénération ou la multiplication est difficile ».

Selon elle, le bouleau d’Afrique (Anogeissus leiocarpa), par exemple, est largement exploité pour son bois, son combustible et ses usages médicinaux. Il fournit aussi la nourriture et l’abri à différentes espèces animales, et contribue à protéger les sols contre l’érosion. Pourtant, la capacité germinative de ses graines est faible, ce qui limite sa plantation.

Pour le karité (Vitellaria paradoxa), dont les noix servent à la production de beurre utilisé dans l’alimentation et les cosmétiques, la multiplication est également difficile. « Les graines sont peu disponibles, leur germination est irrégulière et il faut attendre entre 10 et 15 ans après sa germination avant qu’il commence à produire des noix ».

Pour l’acajou du Sénégal (Khaya senegalensis), espèce indigène fortement exploitée pour son bois, « la qualité des semences est particulièrement importante. Plusieurs études montrent que les graines de grande taille ont un taux de germination plus élevé et produisent des plants plus vigoureux que les petites graines. Les chercheurs estiment que la sélection de semences de qualité peut ainsi contribuer à améliorer la réussite des programmes de reboisement utilisant cette espèce », dit Mbomo.

L’experte encourage ce type d’initiatives, dans un contexte où « la production semencière reste confrontée à de nombreux défis en Afrique subsaharienne, notamment le faible accès aux semences de qualité, l’insuffisance des infrastructures et des capacités techniques, ainsi que la faiblesse des systèmes de certification ».

Image de bannière : Les fruits du karité sont séchés dans des fours en terre. Image de Hauguel François via Wikimédia Commons.

En Afrique, la restauration des terres dégradées profite aux écosystèmes et aux communautés

Anne Nzouankeu 2 Oct 2026

En Afrique, plusieurs approches participent de plus en plus à la restauration des paysages dégradés, notamment la plantation d’arbres, la régénération naturelle, la restauration des sols et de l’eau et une meilleure gestion des terres.

C’est ce qui ressort du rapport 2026 sur l’État des forêts du monde, publié le 28 septembre par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

Au Kenya, par exemple, 2 584 hectares de pâturages dégradés sont sous restauration dans l’écosystème Amboseli-Chyulu, au sud du pays. Des ouvrages creusés en forme de demi-lune, une technique permettant de recueillir et de conserver l’eau dans le sol, favorisent la régénération naturelle des herbes.

Selon la FAO, cette technique a déjà permis d’« améliorer l’humidité des sols et favoriser le retour d’herbes indigènes et de la faune ». Des femmes masaï ont également créé des banques de semences qui produisent des semences fourragères et du foin pour nourrir le bétail et générer des revenus, dit l’organisation.

Au Burkina Faso et au Niger, dans le cadre de la Grande Muraille Verte, une initiative africaine de restauration des terres dégradées, les communautés participent à la définition des zones et des actions à mener pour restaurer 100 000 hectares de terres. Ces actions sont inscrites dans les plans de développement des communes.

Selon la FAO, la participation des communautés à la conception des plans et au choix des actions « améliore leur adoption et leur entretien ».

Dr Pa Aï Vivien Nenwala, chercheur à l’Institut de recherche agricole pour le développement (IRAD) du Cameroun, qui n’a pas participé au rapport de la FAO, pense que l’intégration des projets dans les plans de développement des communes est un facteur de réussite.

« Un projet de restauration qui ne rapporte rien aux habitants est voué à l’échec dès que les ONG s’en vont. Quand une communauté tire un bénéfice économique direct de la gestion durable de ses terres, que ce soit par la vente de semences, le fourrage ou les produits forestiers non ligneux, elle devient le premier gardien de son environnement », dit Nenwala à Mongabay, par téléphone.

Au Sénégal, le long du fleuve Sénégal, 12 hectares d’anciennes rizières abandonnées sont en cours de restauration pour redevenir une zone humide fonctionnelle. Des femmes sont associées à la gestion et à l’utilisation durable de la zone restaurée.

Selon la FAO, ce projet doit permettre de restaurer les habitats et la biodiversité, tout en générant des revenus pour les femmes. « Pour démultiplier ces impacts partout sur le continent, il faut également faciliter l’accès des petites communes aux financements climat », dit Nenwala.

Image de bannière : La dégradation des terres causée par le changement climatique et les activités humaines. Image de Bizzjohn via Wikimédia Commons.

RDC : Un écogarde tué dans une attaque armée dans la Réserve de faune à Okapis

Victoire Mbuto 1 Oct 2026

L’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) rapporte qu’un écogarde a perdu la vie, la nuit du 29 au 30 avril 2026, dans une attaque attribuée aux rebelles ADF-MTN, dans la Réserve de faune à Okapis, à l’est de la République démocratique du Congo (RDC).

Dans son communiqué de ce jour, la direction nationale de l’ICCN indique que les membres ADF-MTN, un groupe armé d’origine ougandaise, ont pris pour cible la sous-station Nord-Est de cette aire protégée située à Nduye, dans le territoire de Mambasa, dans la province de l’Ituri. Alors que les écogardes menaient leurs activités dans cette région, l’attaque a fait un mort dans leur rang.

« À l’issue de cette attaque, l’écogarde Tandu Koliwa Jean a été lâchement assassiné. Ce vaillant défenseur de la nature est tombé l’arme à la main, pour sauvegarder l’intégrité de ce site du patrimoine mondial face aux forces négatives qui encerclent la région », souligne l’ICCN dans son communiqué publié sur son compte X.

L’ICCN, chargé de la gestion des aires protégées en RDC, regrette la perte d’un écogarde engagé dans la protection de biodiversité. Cette attaque survient quelques mois après la réintroduction de deux okapis mâles au Centre d’éducation et de conservation des Okapis, après l’attaque de 2012 ayant décimé 14 Okapis dans cette réserve.

Cosmas Mayarwindi, activiste environnemental au sein de la Solidarité pour l’étude d’impacts environnementaux et écologiques, une association de défense de l’environnement, condamne cette attaque et appelle le gouvernement à mettre en place des dispositions nécessaires, pour traquer les milices qui déstabilisent la gestion de cette aire protégée.

« Nous condamnons le meurtre du garde forestier. Nous demandons au gouvernement congolais et à d’autres partenaires techniques de prendre des dispositions nécessaires pour la traque de ces groupes armés, afin d’éviter les épisodes d’attaques des écogardes et des espèces sauvages comme en 2012, notamment les okapis », dit Mayarwindi.

« Il est aussi indispensable de mettre fin à cette situation. Quand les communautés locales et les écogardes sont menacées, des okapis et d’autres espèces ne seront pas épargnés », ajoute-t-il, en plaidant pour des stratégies de conservation utilisant des technologies qui intègrent les communautés et les écogardes désireux d’éviter l’activisme des groupes armés.

En RDC, les écogardes deviennent de plus en plus des victimes des menaces des groupes armés. Le 21 mai dernier, deux écogardes du Parc national des Virunga, au Nord-Kivu, avaient perdu la vie dans une attaque au poste des patrouilles à Kamuhororo, sur la côte sud du lac Edouard quelques semaines, après l’attaque du quartier général du Parc national de l’Upemba au Katanga.

Image de bannière : Jean Tandu Koliwa, l’écogarde tué lors d’une attaque des ADF/MTN dans la Réserve de faune à okapis en RDC. Image de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN).

RDC : L’anthrax responsable de la mort d’hippopotames dans le Parc national des Virunga

Victoire Mbuto 30 Sep 2026

Selon l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN), les hippopotames, retrouvés sans vie dans la rivière Semuliki, au sein du Parc national des Virunga à l’est de la République démocratique du Congo (RDC), sont morts de la maladie du charbon.

« Suite à son communiqué du 24 septembre 2026, la Direction provinciale de l’ICCN, au Nord-Kivu, informe les populations riveraines que les analyses, réalisées conjointement par ses équipes et par les docteurs vétérinaires de Virunga Doctors, ont confirmé que la mort des hippopotames, retrouvés dans la rivière Semuliki, est due au charbon bactéridien (anthrax) », indique l’ICCN dans un communiqué publié, mardi dernier.

L’ICCN rassure de la mise en place d’un protocole sanitaire pour limiter la propagation de cette maladie tout en appelant les habitants à la prudence en évitant de toucher les carcasses et de commercialiser la viande de brousse, pour prévenir la propagation de cette maladie. Le Parc des Virunga encourage l’implication des communautés locales et les relais communautaires, pour barrer la route à la programmation de cette maladie.

« Cette maladie peut se transmettre à l’être humain par le contact avec un animal mort ou malade, ou par la consommation de sa viande. Ne pas toucher, déplacer, découper, enterrer, ni brûler les carcasses. Ne pas consommer, acheter, vendre, ni transporter la viande d’un animal trouvé mort ou malade. Eloigner les enfants, le bétail et les animaux domestiques des carcasses et éviter d’utiliser l’eau à proximité », souligne l’ICCN dans son communiqué.

« Signaler immédiatement toute nouvelle carcasse ou toute mortalité inhabituelle aux autorités locales, aux services vétérinaires, aux relais communautaires ou aux agents de l’ICCN. Consulter sans délai une structure de santé en cas de symptômes, après un contact avec un animal mort ou malade, ou après avoir consommé une viande suspecte », précise le communiqué.

Selon Méthode Uhoze, chargé des relations extérieures du parc, le bilan est de vingt-deux hippopotames morts, mais les fouilles se poursuivent. « Nous invitons les habitants à ne pas consommer la viande de brousse. Les personnes en contact avec les animaux domestiques doivent prendre soin de ces derniers pour éviter leur contamination à travers les herbes broutées ou les excréments des hippopotames », dit-il au téléphone à Mongabay, tout en appelant les habitants au dépistage volontaire en cas de symptômes de cette maladie.

Jöel Mbusa Mapoli, zooécologiste basé à Goma, appelle le parc à intégrer les principes « une seule santé » et à mettre en place un système d’alerte communautaire dans les politiques de conservation, pour lutter durablement contre la maladie du charbon.

Image de bannière: L’un des hippopotames retrouvés mort dans la rivière Semuliki, au sein du Parc national des Virunga en RDC. Image de Parc national des Virunga.

RDC : La société civile redoute les impacts de l’exploitation pétrolière ougandaise sur le lac Albert

Trésor Wayitsomaya 29 Sep 2026

Inquiets pour la destruction de leurs moyens de subsistance, 396  habitants des territoires de Djugu et d’Irumu, en Ituri, au nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), mettent la pression sur la justice, afin qu’elle accélère l’examen du contentieux portant sur les projets pétroliers Tilenga et Kingfisher, développés en Ouganda dans le bassin du Rift albertin.

À travers une pétition datée du 9 septembre 2026, suivie d’une déclaration, les communautés de ces régions affirment que l’exploitation de ces gisements fait peser une menace directe de pollution pétrolière sur les eaux du lac Albert, avec des répercussions liées à une baisse des stocks de poissons, à une insécurité alimentaire et à une dégradation de la biodiversité aquatique, aussi bien pour les congolais que les ougandais.

« Nous avons confiance en vous. Veuillez programmer et examiner nos affaires dans les plus brefs délais », écrit Moïse Uweci, représentant communautaire, dans la pétition adressée au président de la Cour de justice de la Communauté d’Afrique de l’Est (EACJ). « Nous avons besoin de votre protection contre les dommages irréversibles que les activités pétrolières de l’Ouganda risquent de causer au lac Albert  », précise-t-il.

Accompagnés par l’Alerte congolaise pour l’environnement et les droits de l’homme (ACEDH), les signataires demandent à cette  juridiction de fixer sans délai les dates d’audience, pour l’examen de deux recours déposés contre ces projets pétroliers en Ouganda voisin.

« Notre organisation considère la pétition communautaire comme une expression légitime des communautés directement affectées par les activités des projets pétroliers Tilenga et Kingfisher, en RDC. Les communautés souhaitent que les mécanismes judiciaires régionaux jouent pleinement leur rôle dans la protection des droits humains, de l’environnement et des intérêts des communautés, tout en répondant aux préoccupations liées au changement climatique », souligne Olivier Ndoole, secrétaire exécutif de l’ACEDH.

Basé dans les districts de Buliisa et Nwoya, dans la région du lac Albert, le projet Tilenga est opéré par TotalEnergies à 56,67 % en partenariat avec Kingfisher, et par la Compagnie nationale chinoise (CNOOC). Il prévoit le développement de six champs et comprend le forage d’environ 400 puits à partir de 29 emplacements.

Pour Alain Manzekele, chercheur à International Centre for Peace and Environment Protection by Peasant Communities (ICPEP), une organisation de défense de l’environnement et des droits humains, basée au Nord-Kivu, aucun mécanisme de compensation n’est prévu pour les communautés congolaises affectées. Il s’inquiète d’une possible dégradation des revenus des populations vivant de la pêche. « Si les frayères à l’Est sont détruites, les stocks de poissons, côté congolais, s’effondrent », affirme-t-il au téléphone à Mongabay.

Image de bannière : Des pêcheurs au bord du lac Albert en RDC. Image de ACEDH.

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