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Les données météo comme premier bouclier contre El Niño en Afrique

Hector Sann'do Nammangue 2 Sep 2026

RDC : Explosion du braconnage et du trafic d’espèces protégées en pleine épidémie d’Ebola

Trésor Wayitsomaya, Victoire Mbuto 2 Sep 2026

Au Cameroun, l’intensification de la production du cacao menace la biodiversité

Irénée Modeste Bidima 1 Sep 2026

COP17 sur la désertification : l’Afrique repart avec des financements, mais sans accord contraignant sur la lutte contre la sécheresse

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L’alimentation au Bénin face aux dangers de l’usage incontrôlé des pesticides

Didier Hubert Madafimè 1 Sep 2026

Des organisations paysannes africaines plaident pour la reconnaissance des semences traditionnelles

Anne Nzouankeu 31 Août 2026
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Du concombre, à tchiayo [Ocimum gratissimum], en passant par le crincrin et le vernonia, le marché béninois est régulièrement alimenté de légumes de toutes sortes. Image de Didier Hubert Madafime pour Mongabay.

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Au Togo, la lutte contre les feux de brousse transforme une terre infertile en forêt

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Du fusil à l’escargot : comment des chasseurs ont été transformés en protecteurs de forêt au Bénin

Modeste Dossou 26 Août 2026
Sols adaptés au climat : évaluation de la santé des sols dans l'ouest du Kenya. Image de CIAT/Georgina Smith via Flickr (CC BY-NC-SA 2.0).

Podcast Planète Mongabay #20 Côte d’Ivoire : l’IA peut-elle relever les défis environnementaux ?

Jahëna Louisin, Juliette Chapalain 25 Août 2026
Boisements de tapia (Uapaca bojeri) entourés de champs et de rizières dans la commune rurale d'Arivonimamo II à Madagascar. Image de Valisoa Rasolofomboahangy pour Mongabay.

À Madagascar, les communautés locales en première ligne pour sauver les tapias

Valisoa Rasolofomboahangy 24 Août 2026

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Quatre mois après des déversements chimiques d’une mine en RDC, des habitants restent sinistrés

Ruth Kutemba, Elodie Toto 24 Mar 2026
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RDC : Des concessions forestières érigées contre l’expansion minière dans la ceinture cuivre-cobalt

Didier Makal, Latoya Abulu 16 Jan 2026

En RDC, l’exploitation minière menace la santé reproductive des femmes

Denise Maheho, Didier Makal 18 Nov 2024

Le cobalt radioactif des mines de la RDC, une menace pour les populations

Didier Makal 14 Nov 2024

Dans la ceinture de cuivre du sud-est du Katanga, au cœur de la copperbelt de la RDC, les pollutions minières se multiplient et souvent les pollueurs ne répondent pas correctement, conformément à la loi congolaise. D’après les habitants et les organismes communautaires, la pollution a provoqué des décès, des problèmes de santé chez les bébés, […]

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Un documentaire de Mongabay Afrique sur le Vodun sélectionné au Festival du Film Environnemental ALT EFF 2026

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Sur le marché de Guet Ndar à Saint Louis, les prix se négocient ferme. Image de Maïa Boyé.

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Juliette Chapalain 9 Avr 2026
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Bénin : le Vodun à la rescousse des mangroves

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Gabon : Dans la grotte de Youmbidi, l’histoire africaine s’écrit

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Au Niger, le « Sabulin Salo » offre une alternative écologique aux pucerons du gombo

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RDC : Les rejets miniers soupçonnés de polluer les eaux de trois villages du Haut-Katanga

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Ebola ou l’épidémie à la croisée des sociétés et de la forêt

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Ebola : les équipes d’intervention poursuivent leur combat en RDC, tandis que l’Ouganda se rapproche de la fin de l’épidémie

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Les données météo comme premier bouclier contre El Niño en Afrique

Hector Sann'do Nammangue 2 Sep 2026

Selon des experts et acteurs de la gestion des risques, il est nécessaire d’utiliser les données météorologiques, hydrologiques et satellitaires pour anticiper les effets de phénomènes climatiques comme El Niño.

Réunis ce 2 septembre, à Addis-Abeba, en Ethiopie, dans le cadre du Forum Alerte Précoce pour tous, ces experts et acteurs de la gestion des risques, venus de 60 pays africains, réfléchissent au renforcement des systèmes d’alerte précoce face aux inondations, aux sécheresses et aux autres risques climatiques, notamment le phénomène El Niño, sur le continent africain.

Selon eux, en croisant les données des précipitations, des températures, des niveaux des cours d’eau, des observations satellitaires et des prévisions climatiques, les pays peuvent mieux identifier les zones exposées et disposer de plus de temps pour agir.

S’exprimant à l’ouverture du forum, Dr Agnès Kijazi, directrice du Bureau régional de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) pour l’Afrique, a insisté sur l’intégration de ces services dans les politiques nationales. « Les dirigeants africains doivent intégrer les services d’alerte précoce dans leurs plans et leurs priorités nationales », souligne-t-elle.

Pour elle, cette intégration est essentielle pour maintenir les systèmes d’alerte au-delà de 2027, et assurer leur fonctionnement au niveau national.

Mais disposer de données ne suffit pas. Il faut aussi des infrastructures capables de les recueillir, de les analyser et de produire rapidement des prévisions.

Pamela Komejuni, experte en risques et catastrophes au Centre météorologique de l’Ouganda, évoque ainsi les besoins financiers liés au renforcement des capacités. « Nous travaillons sur un plan qui nécessite un financement de 21,5 millions USD. Nous préparons déjà un document destiné au comité, afin de faire avancer le dossier et de demander l’accès à ce financement », explique-t-elle.

Cette nécessité d’exploiter correctement les données est également soulignée par Seydou Tinni Halidou, météorologue et expert des services climatiques au Centre régional de formation en agrométéorologie et hydrologique opérationnelle( AGRHYMET), basé au Niger.

À propos d’El Niño, il rappelle que son influence sur les conditions météorologiques « n’est ni systématique ni uniforme ». Cette variabilité, selon Halidou, impose donc d’appuyer l’analyse sur des données précises et des prévisions adaptées aux différentes régions.

Pour Atupele Mwakalinga, expert en météorologie à la Commission de l’Union africaine (UA), l’ambition doit aller au-delà de la production des prévisions. « Nous devons transformer les prévisions en décisions, les décisions en actions précoces, et les actions précoces en réduction des risques et en une résilience renforcée », dit-il.

Image de bannière : Impact de sécheresse sur la faune dans une ferme du sud de la Namibie. Image de Dumbassman via Wikimedia Commons.

Des organisations paysannes africaines plaident pour la reconnaissance des semences traditionnelles

Anne Nzouankeu 31 Août 2026

La Confédération nationale des producteurs agricoles du Congo (CONAPAC-RDC) demande que les variétés semencières traditionnelles soient « officiellement reconnues par l’État », à travers leur inscription au Catalogue national des variétés (Cnv), dans le cadre de la future loi semencière du pays. Cette demande a été présentée, le 17 août dernier, au premier vice-président de l’Assemblée nationale de la RDC, Isaac Jean-Claude Tshilumbayi. L’organisation paysanne demande également, entre autres, la mise en place d’une politique de promotion des banques de semences traditionnelles, ainsi que la reconnaissance du métier d’agri-multiplicateur, qui consiste à produire et à multiplier des semences destinées à être utilisées par d’autres agriculteurs.

« Les semences dites paysannes sont des semences que les agriculteurs sélectionnent, conservent et reproduisent eux-mêmes au fil des récoltes, et qu’ils peuvent également échanger entre eux. Le problème est que certaines de ces variétés traditionnelles ne sont pas officiellement reconnues par les États, et que les pratiques des agriculteurs autour de ces semences ne sont pas toujours prises en compte par les lois semencières », explique à Mongabay, Dr Samuel Nanga Nanga, chercheur à l’Institut international d’agriculture tropicale (IITA) au Cameroun.

Mongabay a constaté que la revendication de la CONAPAC s’inscrit dans un plaidoyer plus large porté, en Afrique, par plusieurs organisations en faveur de la reconnaissance juridique des systèmes semenciers paysans. En août 2026, African Center for Biodiversity (ACB), une organisation africaine de recherche et de plaidoyer, a appelé à mieux protéger les systèmes semenciers paysans dans les nouvelles politiques semencières en cours d’élaboration à l’échelle africaine. Elle craint que certaines règles conçues pour protéger les variétés commerciales et les droits de leurs obtenteurs ne limitent ces pratiques traditionnelles, si les systèmes semenciers paysans ne bénéficient pas de dispositions spécifiques.

En juin 2026, Alliance for Food Sovereignty in Africa (AFSA), un réseau panafricain d’organisations de la société civile, appelait les États africains à reconnaître et à protéger les systèmes semenciers gérés par les agriculteurs et leurs droits de conserver, d’utiliser, d’échanger, de reproduire et de vendre leurs semences. En Tanzanie, à travers son initiative Our Seeds Our Rights, le réseau associatif PELUM Tanzania plaide pour que les lois et réglementations reconnaissent les droits des agriculteurs sur leurs semences, notamment la possibilité de les multiplier, de les conserver, de les partager et de les échanger.

Selon le communiqué de l’Assemblée nationale congolaise, le député Tshilumbayi, porteur de l’initiative de loi semencière, s’est engagé à œuvrer pour que le texte soit examiné et adopté lors de la prochaine session parlementaire, en septembre 2026.

Image de bannière : Semence traditionnelle de maïs jaune. Image de Patrice Soglo pour Mongabay.

Semence traditionnelle de maïs jaune. Image de Patrice Soglo pour Mongabay.

Angola : Un premier girafon voit le jour au Parc national d’Iona, depuis la réintroduction de l’espèce

Trésor Wayitsomaya 26 Août 2026

Une première naissance d’un girafon angolais (Giraffa giraffa angolensis) a été enregistrée dans le Parc national d’Iona (Parque Nacional do Iona) situé au sud-ouest de l’Angola. Cette naissance intervient trois ans après la reintroduction de cette espèce dans un paysage forestier autrefois dévasté par des décennies de conflit civil, mais commençant à retrouver ses équilibres écologiques.

« Nous sommes heureux d’annoncer la première naissance d’une girafe dans le Parc national d’Iona, en Angola, une nouvelle étape importante dans le parcours de conservation de la biodiversité du parc. Le girafon a été aperçu aux côtés de sa mère par une équipe chargée du suivi de la faune sauvage à Iona au début du mois d’août, un peu plus de trois ans après la réintroduction du premier groupe de girafes dans le parc national », a indiqué hier African Parks sur sa page Facebook officielle. « Ces observations du premier girafon, né à Iona depuis la réintroduction de l’espèce, laissent fortement penser que le petit troupeau de girafes s’est bien adapté à son nouvel environnement. Elles viennent également confirmer la pertinence de l’approche fondée sur la recherche scientifique adoptée pour rétablir l’espèce dans cette région », ajoute cette organisation.

« Sur un plan plus personnel, l’observation de ce girafon a été un moment particulièrement gratifiant pour les équipes chargées du suivi de la faune, ainsi que pour toutes les personnes de l’Institut national de la biodiversité et des aires protégées (INBAC), de la GCF et de African Parks qui avaient participé à la translocation initiale des girafes », précise African Parks.

Pour la Giraffe Conservation Foundation (GCF), une organisation basée en Namibie, cette naissance offre une première indication encourageante sur la capacité des girafes réintroduites à se réproduire dans leur nouvel environnement, et constitue une nouvelle étape dans les efforts de restauration de la biodiversité dans cette région.

« Établir de nouvelles populations de girafes est un travail de longue haleine, qui demande de la patience, de la science et de la persévérance », souligne la GCF, dans une note d’information publiée sur Facebook.

Cette naissance fait suite à deux opérations de translocation réussies en 2023impliquant 14 individus transférés depuis une propriété privée de la Namibie, et en 2024 par l’ONG African Parks, la GCF et l’INBAC, ainsi qu’une seconde en 2024 comprenant 13 autres spécimens en provenance du même pays.

Elle s’inscrit dans le cadre du plan national angolais pour la conservation de la girafe, approuvé par le président João Lourenço, en mai 2026, qui vise à renforcer la protection de l’espèce à Iona, mais aussi dans d’autres réserves comme Bicuar, où 12 girafes ont été transférées début août 2026, par la GCF et l’INBAC.

Image de bannière : Le girafon observé aux côtés de sa mère dans le Parc national d’Iona, en Angola. Image de African Parks.

Le girafon observé aux côtés de sa mère dans le Parc national d’Iona, en Angola. Image de African Parks.

RDC : Un léopard repéré dans une zone hostile au Parc national des Virunga

Prosper Heri Ngorora 24 Août 2026

Un léopard (Panthera pardus), a été repéré le 21 août 2026, dans le Parc national des Virunga, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC).

Les responsables du parc parlent d’une « observation rare » et révèlent que ce grand félin a été aperçu à Chondo, dans le secteur central du parc, en territoire de Rutshuru.

« Solitaire et discret, le léopard se laisse rarement observer, même dans les zones où sa présence est avérée », a écrit le Parc national des Virunga sur son compte X.

Pour le parc, cette observation est merveilleuse d’autant plus qu’elle offre un aperçu sur l’un des « prédateurs les plus discrets » des Virunga.⁠

La région de Chondo est victime, depuis de nombreuses années, des attaques des groupes armés locaux et étrangers, qui y font la loi. Certaines de ces attaques ont coûté la vie aux écogardes des Virunga.

Olivier Ndoole Bahemuke, activiste écologiste à l’ONG Alerte congolaise pour l’environnement et les droits de l’homme (ACEDH), se dit émerveillé que ce félidé survive dans une région instable, ajoutant que cela constitue une œuvre de la nature.

« Cette apparition marque un grand pas dans les efforts de la conservation malgré toutes les incertitudes. La diversité la plus rare des Virunga reste intacte, et il y a de plus en plus des découvertes », souligne Ndoole Bahemuke, au téléphone, à Mongabay. Il demande à cet effet plus de mobilisation au niveau local, national et international, pour protéger ce plus ancien parc d’Afrique.

Le léopard est l’emblème national et le symbole officiel de la RDC depuis de nombreuses décennies.

John Katikomo, activiste écologiste congolais, affirme que le repérage de ce carnivore représente un exploit jamais enregistré, ces dernières années, au sein du Parc national des Virunga. « Un ravageur comme un léopard se faire voir dans un lieu qui n’est pas facile, où certains animaux ont disparu, ça montre qu’il y a du sérieux dans ce que les écogardes font comme travail dans la protection des écosystèmes », dit-il à Mongabay.

Les responsables du parc soulignent qu’aucun inventaire n’a encore été fait sur les félins dans cette aire protégée, ajoutant cependant que les léopards y sont observés dans certaines zones.

« La région de Chondo est favorable à ce félin en raison du type de végétation, des ressources alimentaires abondantes et de la sécurité dans cette zone, suite à la présence des positions de surveillance des gardes », dit au téléphone à Mongabay, Bienvenu Bwende, responsable de la communication au sein du parc.

Image de bannière : Le léopard repéré à Chondo, dans le secteur centre du Parc national des Virunga, au Nord-Kivu, dans l’est de la RDC. Image de Parc national des Virunga.

Au Rwanda, la population de grues couronnées grises triple en moins de dix ans

Aimable Twahirwa 20 Août 2026

La population de grues couronnées grises (Balearica regulorum) du Rwanda est passée de 487 en 2017 à 1438 en 2026, selon les résultats du 10ᵉ recensement national des grues couronnées grises, rendus publics le 14 août dernier par Rwanda Wildlife Conservation Association (RWCA). Cette augmentation de la population de cette espèce dénote des efforts de conservation menés dans ce pays où, en 2015, moins de 300 grues royales vivaient encore à l’état sauvage, selon les estimations de cette ONG œuvrant dans différents programmes de conservation.

Dr Deo Ruhagazi, directeur général adjoint de RWCA, affirme que dix années de suivi des grues couronnées grises ont permis aux acteurs de la conservation de mieux comprendre les sites de reproduction et les menaces pesant sur ces oiseaux emblématiques des zones humides africaines.

« L’engagement des communautés locales et des équipes de terrain a joué un rôle déterminant dans leur retour et leur protection », a souligné Ruhagazi dans le communiqué de presse publié à cet effet. Selon lui, le premier recensement national réalisé en 2017 a permis d’établir, pour la première fois, une estimation scientifique de référence de la population dans le pays.

RWCA affirme que dix années de suivi continu ont permis de documenter une hausse régulière des effectifs, offrant désormais une image claire de l’évolution de cette espèce, tout en confirmant le rétablissement progressif de sa population. Ce suivi régulier permet de suivre au fil des ans l’évolution des grues couronnées, classée en danger sur la Liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), de leurs habitats et des menaces qui les guettent. Au Rwanda, les acteurs de la conservation déplorent que la grue couronnée grise soit parfois victime de la chasse pour sa viande et pour des usages médicinaux présumés. Certains oiseaux sont également capturés et détenus illégalement dans des maisons ou des hôtels, tandis que d’autres sont destinés au trafic international d’espèces sauvages.

En étroite collaboration avec le gouvernement rwandais, RWCA a lancé depuis 2015 une campagne nationale pour mettre fin à la détention illégale des grues couronnées grises. Chaque oiseau détenu a été recensé, les grues captives illégalement ont été secourues, réhabilitées, puis, pour beaucoup, réintroduites dans la nature. « Mais sauver les grues une à une ne suffisait pas », souligne l’ONG qui indique que le retour durable des grues couronnées passe avant tout par la protection de leurs zones humides.

Image de bannière : Une grue couronnée grise (Balearica regulorum gibbericeps) en Ouganda. Image de Charles J. Sharp via Wikimédia Commons (CC BY-SA 4.0).

Une grue couronnée grise (Balearica regulorum gibbericeps) en Ouganda. Image de Charles J. Sharp via Wikimédia Commons (CC BY-SA 4.0).

Le marché du recyclage des panneaux solaires pourrait échapper à l’Afrique

Anne Nzouankeu 19 Août 2026

Près de 400 millions de tonnes de déchets issus des panneaux photovoltaïques pourraient s’accumuler dans le monde d’ici à 2060, selon une étude publiée le 12 août 2026, dans la revue scientifique Nature. Cette accumulation annoncée des déchets solaires pose le problème de leur traitement, mais ouvre également un marché autour de la récupération des matériaux contenus dans les panneaux en fin de vie.

Le recyclage permet, selon les chercheurs, de récupérer des matériaux de valeur comme « le silicium, l’argent et le cuivre ». Pour eux, cette activité, qui n’est pas encore rentable à l’échelle mondiale, devrait atteindre son seuil de rentabilité dans une dizaine d’années, à mesure que les volumes de panneaux arrivant en fin de vie augmenteront et que les technologies de traitement progresseront.

Mais toutes les régions du monde ne disposent pas des mêmes capacités pour profiter de cette future économie du recyclage. L’étude met notamment en évidence les difficultés des régions à faible revenu, y compris l’Afrique, où les infrastructures et les technologies nécessaires au traitement des panneaux photovoltaïques restent limitées.

Les techniques disponibles en Afrique, indique l’étude, reposent encore largement sur des procédés mécaniques ou des circuits informels, qui ne permettent pas nécessairement de récupérer efficacement les matériaux ayant plus de valeur.

Cette faiblesse des capacités locales pourrait conduire les pays africains à dépendre d’installations de recyclage situées dans d’autres régions, réduisant ainsi les bénéfices économiques liés à la récupération des matériaux. Pour éviter que l’Afrique soit en marge de cette nouvelle économie circulaire, les chercheurs préconisent le développement de capacités locales de recyclage, soutenu par le transfert de technologies et des financements internationaux.

Ursula Doriane Dountio Saha, ingénieure indépendante en énergie renouvelable camerounaise, explique à Mongabay que le véritable enjeu pour l’Afrique est d’éviter de reproduire avec le solaire les erreurs observées dans d’autres secteurs technologiques, où le continent a souvent importé des équipements sans transfert suffisant de technologies et de compétences. « Il y a encore quelques années, dans certains pays, des industries restaient longtemps à l’arrêt dans l’attente de l’arrivée de techniciens étrangers capables d’assurer leur maintenance », dit Dountio Saha. « Dans le secteur agricole, des tracteurs et d’autres machines importées ont parfois été immobilisés, faute de pièces de rechange ou de compétences locales pour les réparer. Le développement du solaire doit anticiper cette question dès maintenant, en construisant localement les compétences nécessaires pour maîtriser leur maintenance et les technologies permettant leur recyclage », précise-t-elle.

Image de bannière : Un commerçant entretient ses trois panneaux photovoltaïques, à Lumbwe en RDC. Image de Willy Mbuyu pour Mongabay.

Un commerçant entretient ses trois panneaux photovoltaïques, à Lumbwe en RDC. Image de Willy Mbuyu pour Mongabay.

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