Lors d’un panel consacré à l’adaptation des villes face au réchauffement climatique, Marie-Josée Houénou, Senior Manager Engagement pour l’Afrique au sein du réseau C40 Cities, une organisation internationale qui rassemble près d’une centaine de grandes villes engagées dans la lutte contre le changement climatique, a défendu le recours aux Solutions fondées sur la nature (SFN), pour répondre aux effets du changement climatique. Elle préconise notamment la plantation d’arbres, la protection des cours d’eau, ainsi que la création et la préservation des parcs et des forêts.
« Les solutions basées sur la nature sont d’une impérieuse nécessité », a-t-elle déclaré au cours de la Conférence internationale sur la mobilité durable et le climat (CIMDC 2026), organisée à Abidjan du 19 au 22 octobre.
Pour lutter contre la chaleur, elle plaide pour davantage de parcs, de forêts et d’espaces verts, allant jusqu’à proposer la plantation d’un arbre dans chaque maison.
« Les SFN consistent tout simplement à promouvoir la nature comme une réponse au changement climatique. Lorsque nous coupons les arbres, nous réduisons la capacité des forêts à absorber le carbone, ce qui contribue à l’aggravation du réchauffement climatique. Pour lutter contre le changement climatique, il faut donc planter des arbres, protéger les cours d’eau, créer davantage de parcs et préserver les forêts. Il faut également encourager les populations à s’engager dans cette démarche ».
Pour sa part, Paulin Danho, vice-gouverneur du District autonome d’Abidjan, insiste sur la nécessité de redonner à la nature sa place dans l’aménagement urbain.
Il encourage la plantation d’arbres, la lutte contre la déforestation et la préservation des espaces naturels, plutôt que le bétonnage systématique de ces espaces.
« La nature doit retrouver son rôle. Mais, pour ce faire, cela passe par l’éducation des masses, l’éducation de la jeunesse, l’éducation des populations à regarder la nature comme une alliée et non comme une menace. Parce que si nous prenons la nature comme une alliée, alors nous comprendrons que nous devons planter beaucoup plus d’arbres, faire en sorte que la forêt soit source de vie, ne pas bétonner tous nos espaces et créer des espaces de vie », a-t-il indiqué.
Selon Carlos Noumedem, directeur technique de Setec Afrique, l’intégration des SFN permet de mieux gérer les eaux pluviales et de prévenir les inondations, tout en prenant en compte les coûts sur l’ensemble du cycle de vie des ouvrages.
Sur le continent, certaines villes ont déjà engagé des initiatives reposant sur les SFN comme Freetown, la capitale de la Sierra Leone, où les autorités locales ont lancé un programme de plantation d’arbres accompagné d’un suivi technologique.
Image de bannière : La mangrove de Njebalè située dans l’estuaire du fleuve Wouri, au Cameroun. Image de BACHELOR45 via Wikimedia Commons.