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Six peaux de léopard, de l’ivoire et 600 kg d’écailles de pangolin saisis en RDC

Didier Makal 25 Mai 2026

D’après l’ONG ConservCongo, spécialisée dans la conservation, les services de sécurité congolais ont interpellé quatre personnes, le 23 mai 2026, pour contrebande et trafic illicite d’espèces fauniques.

Arrêtées à Kindu, la capitale provinciale du Maniema en République démocratique du Congo, elles avaient en leur possession six peaux de léopard, 50 kilogrammes d’ivoire et plus d’une demi-tonne d’écailles de pangolin. Une source confirme à Mongabay qu’un pangolin vivant a aussi été saisi.

Ayant participé à cette saisie conduite par l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN), la police nationale et le bureau du procureur de Kindu, le 20 mai dernier, ConservCongo affirme que les personnes interpellées appartiennent à un réseau qui s’étend en Angola et en Zambie.

Selon le directeur provincial de l’ICCN du Maniema, Radar Nishuli, la quatrième personne serait en fuite. « Nous allons donner davantage d’informations après avoir pesé tous les colis », a-t-il dit au téléphone à Mongabay.

« Celui que je connais, pour le moment, est un pasteur d’une église accompagné de deux de ses acolytes. Une quatrième personne se serait déjà évadée. Mais deux des acolytes du pasteur sont entre les mains de la justice. Mon équipe est d’ailleurs au tribunal au moment où je parle », précise Nishuli.

D’après la même source, les premiers indices obtenus montrent que les animaux n’auraient pas été abattus dans la province du Maniema. Cette province du centre-est de la RDC abrite le Parc national de Maïko, situé à la lisière de la forêt équatoriale congolaise, vers le nord. Elle est également proche du Parc national de Lomami.

« C’est un réseau. À voir les peaux de léopard, les trois morceaux d’ivoire, on s’aperçoit que ce n’est pas récent. Je pense qu’on utilise la province du Maniema comme un lieu de transit. Ça doit être un réseau depuis la Province Orientale », a indiqué Nishuli.

D’après le président de ConservCongo, Adams Cassinga, les captures pourraient également concerner les régions proches des parcs nationaux Kahuzi-Biega et des Virunga, dans le voisinage du Maniema, plus au nord-est.

« Concernant les peaux des léopards, il est probable qu’une partie provienne des provinces forestières, où l’espèce reste encore présente, y compris certaines zones de la Tshopo et d’autres régions du bassin forestier congolais. Pour l’ivoire, les réseaux semblent s’approvisionner à travers plusieurs corridors de braconnage actifs reliant des zones forestières reculées aux axes de transport vers Kindu, Kisangani et Kinshasa », a-t-il expliqué.

Image de bannière : Les produits fauniques saisis par la police congolaise à l’issue d’une enquête menée conjointement par le parquet de Kindu, l’ICCN et ConservCongo. Image de ConservCongo.

RDC : Deux écogardes tués dans une nouvelle attaque armée au Parc national des Virunga

Didier Makal, Victoire Mbuto 21 Mai 2026

Deux éco-gardes ont perdu la vie, le 21 mai 2026, dans une nouvelle attaque attribuée à des hommes armés non encore identifiés, au Parc National des Virunga, l’un des plus riches en biodiversité de la République démocratique du Congo (RDC).

La tuerie a été signalée au poste de patrouille des rangers à Kamuhororo, situé entre la pêcherie de Nyakakoma et Charuganda, sur la côte est du lac Édouard, au cœur même de ce parc, dans le territoire de Rutshuru, dans la Province du Nord-Kivu.

L’attaque a été confirmée par la société civile de l’enclave de pêche de Vitshumbi qui n’a pas donné l’identité des assaillants.

Une source de la conservation, dans le Sud-Kivu, contactée par Mongabay, a également confirmé l’attaque. Sur les réseaux sociaux, circulent les images des deux écogards tués. D’après le média congolais Desk Nature, les victimes sont issues de la promotion des écogardes formés en 2017, par l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN).

Le Parc national des Virunga n’a pas encore répondu aux sollicitations de Mongabay sur les circonstances exactes de l’attaque. Mais l’ICCN a, dans un communiqué de presse, dont Mongabay a eu copie, donné l’identité des deux écogardes tués. Il s’agit de Kasereka Valyathire Baraka et Munguakonkwa Mihigo Jacques, « deux jeunes écogardes en plein exercice de leur mission de protection de la nature ».

« Cet acte criminel survient au moment même où l’ICCN déploie des efforts considérables pour préserver le PNVi, malgré les circonstances dramatiques liées aux conflits armés qui secouent l’Est de la République Démocratique du Congo », précise le communiqué signé par Emmanuel de Merode, directeur provincial de l’ICCN Nord-Kivu et chef de site du Parc national des Virunga.

Les garde-parcs sont régulièrement pris pour cibles par des groupes armés en RDC. Le 3 mars 2026, le Parc national de l’Upemba, dans le Haut-Katanga, avait perdu sept agents du personnel, dont quatre rangers.

Celui des Virunga, plus au nord, connaît régulièrement ce genre de drame, dans un contexte de circulation des troupes armées dans le Nord-Kivu, une région en proie à l’instabilité depuis environ trois décennies. Selon le site du Parc national des Virunga, plus de 200 gardes forestiers ont été tués depuis sa fondation, en 1925.

Image de bannière : Kasereka Valyathire Baraka et Munguakonkwa Mihigo Jacques, les deux rangers tués au Parc national des Virunga en RDC. Image par Parc national des Virunga.

La consommation de viande d’animaux sauvages en hausse d’environ 50 % en Afrique centrale, selon une étude

David Akana 21 Mai 2026

L’Afrique centrale connaît une augmentation d’environ 50 % de consommation de viande sauvage, principalement alimentée par la demande croissante des populations urbaines en forte expansion, selon une annonce faite le 19 mai 2026 par la Wildlife Conservation Society (WCS), une organisation internationale de conservation de la nature.

Cette information résulte d’une nouvelle étude dirigée par le CIFOR-ICRAF, une organisation internationale de recherche, et coécrite par plusieurs chercheurs affiliés à WCS, qui ont analysé les données de plus de 12 000 ménages au Cameroun, en République centrafricaine, en République démocratique du Congo, en Guinée équatoriale, au Gabon et en République du Congo, entre les années 2000 et 2022.

La consommation annuelle de viande sauvage est passée d’environ 730 000 tonnes en 2000 à 1,1 million de tonnes en 2022, selon WCS. « La demande croissante de viande de brousse dans les zones urbaines entraîne des niveaux de chasse non durables, menaçant à la fois la faune sauvage et la sécurité alimentaire des communautés rurales », dit l’organisation. Par conséquent, « la consommation d’animaux sauvages par l’homme représente aujourd’hui une menace pour 31 % de tous les mammifères, oiseaux, reptiles et amphibiens actuellement menacés d’extinction dans la région », ajoute-t-elle.

Dans un communiqué de presse obtenu par Mongabay, Germain Mavah, coordinateur de programme à WCS, a déclaré que ces conclusions traduisent une menace croissante pour la faune aussi bien dans les zones rurales qu’urbaines. Alors qu’une épidémie d’Ebola est en cours dans l’est de la RDC, cette étude risque de relancer les interrogations sur les relations entre les humains et les animaux sauvages, susceptibles de favoriser la propagation de maladies zoonotiques telles que la Covid-19 et Ebola. L’épidémie d’Ebola de 2014 en Afrique de l’Ouest avait été liée à des interactions avec des animaux sauvages.

« La consommation de viande sauvage fait partie intégrante du tissu socio-économique de l’Afrique centrale », a déclaré l’auteur principal de l’étude, Mattia Bessone, écologiste à l’université de Constance en Allemagne, dans une publication sur le site internet de son université. « Des mesures doivent être mises en place, afin de permettre aux populations rurales d’utiliser durablement cette source alimentaire », a-t-il affirmé.

L’étude recommande de renforcer les filières alternatives de protéines, notamment l’aviculture et la pêche, tout en développant des moyens de subsistance et des opportunités d’emploi pour les personnes impliquées dans le commerce de viande sauvage.

Image de bannière : Selon la WCS, les crocodiles nains, parmi les espèces les plus intensément chassées dans le bassin du Congo, sont souvent transportés vivants depuis des zones reculées de forêt tropicale vers les marchés urbains de viande sauvage, afin de préserver la fraîcheur de leur viande pendant le transport. Image de Thomas Nicolon/WCS, avec son aimable autorisation.

Selon la WCS, les crocodiles nains, parmi les espèces les plus intensément chassées dans le bassin du Congo, sont souvent transportés vivants depuis des zones reculées de forêt tropicale vers les marchés urbains de viande sauvage, afin de préserver la fraîcheur de leur viande pendant le transport. Image de Thomas Nicolon/WCS, avec son aimable autorisation.

L’Afrique de l’Ouest et centrale confrontées à la malnutrition infantile aggravée par le changement climatique

Ayi Renaud Dossavi 20 Mai 2026

Réunis à Lomé au Togo du 11 au 13 mai dernier, les participants à la Conférence régionale sur la nutrition et la petite enfance en Afrique de l’Ouest et du Centre dressent le constat des effets du dérèglement climatique sur la malnutrition infantile dans les pays de la région.

Selon les délégués, pour la plupart des spécialistes de la santé et de la nutrition venus de 22 pays, la hausse des températures, les inondations et les sécheresses, notamment au Sahel, détruisent les récoltes, font grimper les prix alimentaires et appauvrissent les ménages ruraux.

Ces impacts du dérèglement climatique aggravent la malnutrition infantile, selon eux.

« Le nombre absolu d’enfants souffrant de malnutrition continue d’augmenter, sous l’effet conjugué de la hausse des prix alimentaires, de la contraction du pouvoir d’achat, des crises sécuritaires et des coupes dans l’aide au développement », a précisé Tony Verheijen, représentant résident de la Banque mondiale au Togo.

Face à cette situation, la Déclaration finale de la conférence préconise la mise en place des services intégrés couvrant la santé et la nutrition, mais aussi l’eau, l’assainissement et l’hygiène ; car en Afrique de l’Ouest, la contamination des sources d’eau liée aux inondations reste l’un des principaux amplificateurs de la malnutrition infantile.

Kinday Samba, directrice régionale du Programme alimentaire mondial (PAM) pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, recommande l’intégration de ces services à chaque point de contact avec les femmes et les enfants, la transformation des systèmes alimentaires pour rendre les aliments nutritifs accessibles, même lorsque les prix s’envolent sous l’effet des chocs climatiques, la scolarisation des filles et le renforcement du pouvoir d’achat par la protection sociale.

Considérée par l’OMS et le GIEC, comme « l’un des cinq principaux effets néfastes du changement climatique sur la santé », la malnutrition est responsable du décès de près d’un million d’enfants, chaque année, à travers le monde.

D’après une étude, un réchauffement local de 3 à 4°C créerait 25,2 millions d’enfants malnutris supplémentaires dans le monde, avec la sous-région subsaharienne pour porter l’essentiel de ce fardeau.

C’est pourquoi, pour sa part, Dr Mabouba Diagne, ministre sénégalais de l’Agriculture, a souligné qu’en l’absence « d’allocations budgétaires fléchées contre la malnutrition », la situation risque de ne pas changer contre la malnutrition infantile dans la région.

Au-delà des dispositifs et des modèles, pour contrer le défi sanitaire et économique de la malnutrition infantile, qui sont mis en œuvre dans plusieurs pays comme le Togo (programme Wezou « souffle de vie » en Kabyè), le Bénin (cantines scolaires), le Nigeria (biofortification) et le Mali, Diagne a appelé les gouvernements à des actions urgentes.

Image de bannière : Dépistage des signes de malnutrition chez un enfant en RDC. Image de DFID-UK via Wikimedia Commons.

Le changement climatique est un facteur aggravant des pandémies telles qu’Ebola

Anne Nzouankeu 19 Mai 2026

Le changement climatique est « un facteur aggravant des pandémies comme Ebola, parce qu’il perturbe les équilibres écologiques, qui limitaient jusque-là la circulation de nombreux virus dans la nature », explique le professeur Christophe Bring, directeur de la gestion et de la conservation des ressources au ministère de l’Environnement, de la protection de la nature et du développement durable (MINEPDED) du Cameroun, à Mongabay.

Bring, qui a piloté de nombreux projets de préservation des forêts, explique que les forêts tropicales produisent moins de ressources, à cause des sécheresses et des chaleurs extrêmes, ce qui pousse parfois les animaux réservoirs de virus, comme les chauves-souris, à quitter leur habitat d’origine pour chercher de la nourriture ailleurs. « En se déplaçant, ils peuvent introduire ces virus dans de nouvelles zones géographiques et augmenter les probabilités de contacts avec des agents pathogènes jusque-là peu exposés aux humains. De plus, le dérèglement du climat entraîne une baisse de la biodiversité. Lorsque de nombreuses espèces disparaissent, la barrière naturelle qui freinait la propagation des virus s’effondre », a-t-il souligné.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a confirmé, le 15 mai 2026, une nouvelle épidémie en République démocratique du Congo (RDC), due au virus Bundibugyo, une espèce d’Ebola, déclarant le lendemain une urgence de santé publique internationale avant d’annoncer le 18 mai la propagation de la maladie au-delà de la RDC, avec deux cas confirmés en Ouganda. En quelques jours, l’épidémie a déjà fait 350 cas recensés, dont 91 décès, selon les propos du ministre de la Santé publique de la RDC, Samuel Roger Kamba, relayés le 18 mai par plusieurs médias.

Dr Daniela Manno, professeure assistante à la London School of Hygiene and Tropical Medicine, une institution universitaire britannique, lie également les épidémies aux causes environnementales. Dans une récente interview, elle souligne que les flambées récurrentes d’Ebola montrent l’importance de mieux comprendre « les facteurs environnementaux et sociaux, qui favorisent les transmissions entre l’animal et l’humain ».

Selon elle, les activités humaines, les déplacements de populations, l’exploitation minière, l’insécurité et les fortes mobilités dans certaines régions créent des conditions favorables à l’émergence et à la propagation des zoonoses comme Ebola, et compliquent leur contrôle.

Contrairement à la souche Zaïre pour laquelle des vaccins existent, le variant Bundibugyo ne dispose pour l’instant ni de vaccin ni de traitement homologué.

Image de bannière : Des agents de santé accompagnent un enfant suspecté d’être atteint d’Ebola dans un centre de traitement de la maladie dans l’est de la République démocratique du Congo, le 9 septembre 2018. Photo à titre d’illustration. Image de Al-hadji Kudra Maliro/AP.

Des agents de santé accompagnent un enfant suspecté d'être atteint d'Ebola dans un centre de traitement de la maladie dans l'est de la République démocratique du Congo, le 9 septembre 2018. Photo à titre d'illustration. Image de Al-hadji Kudra Maliro/AP.

Cameroun : Près de 200 sociétés minières illégales menacées de fermeture

Yannick Kenné 15 Mai 2026

Le ministère camerounais des Mines a publié, le 13 mai 2026, sur son site internet, une liste d’environ 200 sociétés minières opérant illégalement dans l’exploitation artisanale semi-mécanisée de l’or, dans les régions de l’Adamaoua et de l’Est du Cameroun. La majorité de ces entreprises opèrent « sans autorisation », et plus de 95 % d’entre elles sont des entreprises étrangères, souligne le ministre camerounais des Mines, Fuh Calistus Gentry, dans un communiqué publié le 13 mai 2026. Il appelle ces sociétés hors la loi, à « arrêter sans délai, l’exploitation des sites miniers », et à démanteler leurs installations.

L’écologiste Justin Landry Chekoua, responsable du programme Mines, biodiversité et énergie, à l’ONG camerounaise Forêts et développement rural (FODER), pense que l’État a une part de responsabilité dans l’illégalité qui prospère dans l’artisanat minier au Cameroun. « Dans tous les sites de la semi-mécanisation de l’or, les agents de la Société nationale des Mines (Sonamines) sont là pour collecter la quote-part de l’État. Il est donc incongru que cette société, qui est un démembrement de l’État, se contente de prélever uniquement les 25 % de l’impôt synthétique, sans s’assurer que les entreprises qui y travaillent disposent d’au moins une autorisation d’exploitation », dit-il à Mongabay par téléphone.

Selon le Code minier camerounais, les sociétés, opérant dans l’extraction artisanale semi-mécanisée de l’or, sont soumises à plusieurs obligations. Parmi celles-ci, figurent le respect des obligations environnementales, le paiement d’une caution de 63 millions de francs CFA (112 500 USD) pour 21 hectares ; le respect des obligations fiscales, soit 25 % de l’impôt synthétique minier libératoire.

Chekoua pense aussi que le secteur de l’or continue d’échapper au contrôle de l’État camerounais, malgré une descente sur le terrain de Calistus Gentry à l’est du pays, fin avril 2026, pour sommer les sociétés opérant dans l’illégalité de se conformer à la réglementation camerounaise. « Derrière chaque entreprise illégale, il y a une élite politique haut placée, et c’est pour cela que les opérateurs ne veulent même pas laisser l’accès aux agents de l’État pour les contrôles, car ils se trouvent être plus puissants que le ministre », dit Chekoua.

L’illégalité dans ce secteur s’accompagne également de la fraude récemment relevée. En décembre 2025, une polémique a éclaté, faisant suite aux quantités d’or exportées par le Cameroun en 2023. Un rapport de l’Initiative pour la transparence des industries extractives (ITIE) a révélé que le Cameroun a déclaré n’avoir exporté que 22 kg d’or, au cours de l’année 2023. Pourtant, les Émirats arabes unis ont déclaré avoir enregistré 15 tonnes d’or en provenance du Cameroun.

Image de bannière : Des artisans miniers à la recherche de l’or dans des eaux usées à Kambelé, à l’Est du Cameroun. Image de Yannick Kenné pour Mongabay.

Des artisans miniers à la recherche de l’or dans des eaux usées à Kambelé, à l’Est du Cameroun. Image de Yannick Kenné pour Mongabay.

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