Sept communautés de la province du Maniema, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), ont obtenu des concessions forestières couvrant plus de 52 000 hectares (environ 128 500 acres), soit l’équivalent d’environ 73 000 terrains de football.
Selon Josué Aruna, directeur pays de Congo Basin Conservation Society (CBCS), l’organisation qui les accompagne dans ce processus, « cet espace, qui se trouve dans une zone forestière longeant le fleuve Congo, sera désormais géré par les communautés locales ».
Il précise le rôle de CBCS dans ce processus et le but de cette démarche. « CBCS a mené un plaidoyer auprès des autorités provinciales et a accompagné les communautés dans le processus ayant conduit à l’obtention des concessions. Cette démarche vise notamment à renforcer la conservation communautaire dans une zone sous l’emprise des exploitants forestiers illégaux qui viennent exploiter les bois rouges pour des marchés étrangers, ainsi que des braconniers de perroquets gris et des éléphants de forêt », dit Aruna, le 26 septembre 2026, à Mongabay, par téléphone.
Selon l’UNESCO, la zone couverte par le Maniema possède une forte concentration d’espèces endémiques de la RDC, et une importante diversité de primates, notamment l’éléphant de forêt, classé en danger critique d’extinction.
À cela s’ajoutent le bonobo, l’okapi, le perroquet gris d’Afrique et trois espèces de pangolins, classés en danger, ainsi que le paon congolais et l’hippopotame classés vulnérables.
Pour Aruna, l’attribution de ces concessions doit désormais placer les communautés au cœur de la protection de ces espaces. « Chaque communauté s’occupera désormais à conserver sa propre forêt. Nous espérons que cette gestion communautaire devrait notamment contribuer à réduire le braconnage », dit-il.
« Accorder une concession forestière à une communauté ne garantit pas, à lui seul, une meilleure conservation de la forêt. Cela peut toutefois y contribuer, parce que la communauté obtient des droits reconnus sur un espace qu’elle utilise, et qu’elle a alors davantage intérêt à protéger contre des exploitants extérieurs », souligne Jean-Pierre Onana, spécialiste indépendant en gouvernance forestière, à Mongabay, par téléphone.
CBCS dit envisager à terme de réunir ces différentes forêts communautaires. « Nous voulons créer un corridor vert communautaire, où on a la biodiversité rare, où on protège les forêts et les ressources forestières, et où les communautés s’intéressent à faire de la conservation communautaire en utilisant les connaissances traditionnelles et les connaissances autochtones », explique Aruna.
« Les communautés doivent également pouvoir tirer des revenus compatibles avec le maintien de la forêt. Sinon, dans des régions où les besoins économiques sont importants, les pressions pour exploiter le bois, convertir les terres ou accepter des activités extractives peuvent rester fortes », souligne Onana.
Image de bannière : Vue d’un tronçon routier traversant des paysages forestiers en RDC. Image de Tropenbos, avec leur aimable autorisation.