Grâce à des analyses ADN, une jeune femelle gorille, sauvée du trafic d’espèces sauvages, a été rapatriée du Nigeria vers le Centre de réhabilitation des chimpanzés de Tchimpounga, un sanctuaire des animaux victimes de braconnage et de trafic, situé au sud-est de la République du Congo.
D’après l’Institut Jane Goodall (JGI), basé en République du Congo, qui a communiqué sur le retour de Bili dans la région du bassin du Congo, sur Instagram le 1er octobre 2026, le rapatriement a été organisé après plus de trois ans de prise en charge au Nigeria, où la jeune gorille a été sauvée en août 2023, par les services douaniers, alors qu’elle était destinée au trafic d’espèces sauvages.
Jointe au téléphone par Mongabay, Dr Rebeca Atencia, directrice exécutive de JGI au Congo et vétérinaire en chef de Tchimpounga, voit dans ce transfert un exemple de coopération régionale.
« Le cas de Bili est un formidable exemple de pays africains travaillant ensemble au-delà des frontières, non seulement pour protéger la faune sauvage, mais aussi pour assurer le bien-être d’un animal individuel à court et à long terme », souligne-t-elle.
Selon le porte-parole des douanes nigérianes, Abdullahi Maiwada, le rapatriement de la gorille a été mené après la confirmation de son origine congolaise par le test ADN.
« Après qu’un test ADN ait confirmé que Bili est originaire de la République du Congo, les autorités ont organisé son rapatriement de Calabar à Lagos, puis l’ont transportée par avion au Congo », a-t-il déclaré, à l’Agence de presse du Nigeria (NAN, sigle en anglais).
Bien avant ce rapatriement, l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) a annoncé, début octobre, la naissance d’un rhinocéros blanc mâle dans le Parc national de la Garamba, dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC).
Observé quelques jours plus tard après sa naissance lors d’une patrouille de routine, le nouveau-né est en bon état et reste auprès de sa mère, selon l’ICCN, qui précise que cette naissance intervient dans le cadre d’un programme de réintroduction du rhinocéros blanc du Sud (Ceratotherium simum simum), lancé à Garamba en 2023, un signal important pour ce programme.
« La perte tragique de notre sous-espèce du Nord a été une épreuve douloureuse, mais elle n’a fait que cimenter notre résolution », a déclaré Yves Milan Ngangay, directeur général de l’ICCN. « Cette nouvelle naissance est la preuve éclatante que nos efforts de réintroduction portent leurs fruits, et que nous tenons notre promesse de restituer à la RDC sa riche biodiversité ».
Image de bannière : La jeune gorille de Bili paisiblement dans la forêt de la nature dans la Réserve naturelle de Tchimpounga au Congo. Image de Dr Rebeca Atencia, de Institut Jane Goodall.