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RDC : Les essais cliniques au vaccin Ervebo contre Ebola Bundibudyo lancés en Ituri

Prosper Heri Ngorora 22 Sep 2026

La campagne expérimentale de vaccination contre le variant Bundibudyo de Ebola, sévissant dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), a été lancée le 19 septembre dernier à Bunia, la capitale de la province de l’Ituri, le principal épicentre de l’épidémie.

Près de 20 000 volontaires, notamment les agents de santé et assimilés, les personnels de première ligne pour la riposte, ainsi que d’autres personnes potentiellement exposées, sont parmi ceux qui participent à cette étude destinée à évaluer l’efficacité du vaccin contre le variant Bundibudyo de la maladie à virus Ebola, déclarée en RDC il y a quatre mois.

Pour le professeur Steve Ahuka Mundeke, responsable de la Coordination nationale de riposte contre l’actuelle épidémie d’Ebola en RDC, cette étape revêt une importance à la fois scientifique, opérationnelle, mais aussi de santé publique.

« Dans le contexte actuel lié au virus Bundibudyo, l’utilisation du vaccin Ervebo s’inscrit dans un cadre de recherche, afin de produire des données scientifiques permettant de mieux déterminer le niveau de protection qu’il peut éventuellement apporter contre ce virus », dit-il à Mongabay.

Début août, la RDC a reçu 70 000 doses du vaccin Ervebo, le seul existant contre la maladie Ebola de la souche Zaïre. Ces doses sont utilisées à la fois pour la réponse contre Ebola et pour la recherche.

A ce jour, il n’existe aucun traitement spécifique contre la maladie à virus Ebola de la souche Bundibudyo. Plus de 3 500 personnes sont mortes de la maladie sur plus de 7 000 cas confirmés dans le pays.

« Le fait pour moi d’être vaccinée, c’est une satisfaction totale. J’ai plus de chance de ne pas tomber malade. Je me dis que je suis protégée contre Ebola », dit Dr Annie Mushiya, vaccinée avec Ervebo à Bunia.

« J’ai perdu une dizaine de personnes, la plupart de mes voisins, suite à Ebola. Et moi-même, je crains que je peux être contaminé à tout moment. Que le vaccin soit mis sur pied contre Bundibudyo », dit Erick Kanane, habitant de Rwampara, un des épicentres de cette dix-septième épidémie d’Ebola, qui ne « recule pas », mais « se déplace », selon Anthony Kergosien, coordinateur des interventions d’urgence de Médecins Sans Frontières, en RDC, dans un Communiqué de presse consulté par Mongabay.

Début juillet 2026, les essais cliniques aux molécules MBP134, ainsi qu’au Remdésivir, ont été lancés en Ituri pour évaluer l’efficacité d’une molécule pouvant traiter efficacement la maladie, et pour protéger les personnes à haut risque pour qu’elles ne développent pas la maladie.

« Protéger les personnels de première ligne, c’est protéger ceux qui surveillent la maladie, prennent en charge les patients, investiguent les alertes, travaillent dans les laboratoires, transportent les cadavres et assurent les différentes interventions indispensables à la réponse », souligne le professeur Mundeke.

Image de bannière : Centre médical évangélique de Bunia en RDC. Image de Prosper Heri Ngorora.

La RDC suspend temporairement l’exportation de ses primates en raison de l’épidémie d’Ebola

Yannick Kenné 22 Sep 2026

Une lettre du directeur général de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN), Yves Milan Ngangay, envoyée le 28 août 2026, à plusieurs institutions publiques congolaises, suspend momentanément les permis CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction) d’exportation des primates.

Cette mesure transitoire fait suite à l’épidémie à virus Ebola et à sa variante Bundibugyo, sévissant en République démocratique du Congo (RDC) depuis mai 2026. La lettre précise que cet arrêt temporaire des flux d’exportation s’inscrit dans un « principe de précaution » visant à protéger ces animaux, qui présentent un taux de mortalité très élevé s’ils sont infectés, selon l’Organisation mondiale pour la santé animale.

Le primatologue congolais, Félix Bofeko, spécialiste de l’habituation des Bonobos (Pan paniscus) au Parc national de la Salonga, au nord du pays, indique que cette mesure va favoriser la conservation in situ des primates, et les prévenir de la transmission des maladies zoonotiques.

« Les humains sont des réservoirs pouvant porter des germes pathogènes qui sont bénins pour eux; mais une fois en contact avec les animaux sauvages, ces pathogènes peuvent devenir virulents et entraîner la décimation de population animale », explique-t-il à Mongabay par téléphone.

Ce point de vue est également partagé par la biologiste américaine Julie Sherman, directrice exécutive de l’ONG américaine Wildlife Impact, active dans la promotion de la conservation de la faune sauvage, le bien-être des animaux et la protection de leurs habitats.

« Le commerce des gorilles, des chimpanzés et des bonobos implique des contacts étroits entre les animaux et les humains, ce qui présente un risque élevé de transmission de la maladie, tant pour les grands singes que pour les personnes », dit-elle dans un courriel à Mongabay.

Le spectre de Vantara plane

Cette mesure, saluée à l’unisson par les conservationnistes, cache mal la triste réalité du trafic, dont font l’objet des centaines de primates en RDC, ces dernières années. Elle implique par ailleurs une suspension du commerce des primates entre la RDC et la très controversée compagnie indienne Vantara, réputée être le principal acquéreur de primates dans le pays, dans des conditions très critiquées par les conservationnistes.

Dans un centre de réhabilitation des espèces sauvages menacées, une source sous couvert d’anonymat se dit très préoccupée par les accords conclus avec Vantara, sur l’origine des animaux exportés, les conditions dans lesquelles les permis CITES ont été délivrés et les données scientifiques utilisées pour justifier les prélèvements des primates destinés à l’exportation.

Image de bannière: Deux bébés gorilles de montagne orphelins sauvés des braconniers dans le Parc national des Virunga en RDC. Image de MONUSCO Photos via Wikimedia Commons.

Au Niger, des pare-feux contre les feux de brousse pour protéger les autruches réintroduites dans la Réserve de biosphère de Gadabedji

Yannick Kenné 12 Sep 2026

Huit autruches d’Afrique du Nord (Struthio camelus camelus), dont cinq femelles et trois mâles, en provenance des localités de Zinder et de Diffa, au sud et au sud-est du Niger, ont été relâchées dans la Réserve de biosphère de Gadabedji, située au centre du pays, selon un communiqué de presse diffusé par l’ONG américaine Sahara Conservation.

L’opération, menée le 2 septembre dernier par cette organisation, symbolise le retour d’une espèce disparue de son milieu naturel il y a un peu plus de 20 ans, à cause de la chasse et du braconnage de ses œufs.

La Réserve de Gadabedji est confrontée à de longues sécheresses marquées souvent par des feux de brousse, accompagnées d’une rareté de ressources alimentaires pour la faune sauvage. Pour garantir la protection de ces oiseaux géants, l’ONG Sahara Conservation envisage en priorité de les protéger des feux de brousse. Ce qui, selon Ibrahim Maimounatou Mamadou, responsable des sites d’autruches de Sahara Conservation, dans un courriel à Mongabay, devra se faire « à travers la mise en place de pares-feux, afin de réduire autant que possible cette menace et de préserver les ressources naturelles disponibles dans la réserve ».

Elle précise que les bandes de pares-feux se font sur des kilomètres, précisément sur toute la longueur de la réserve et sur une largeur de 15 à 20 mètres, avec la contribution des communautés chargées de labourer manuellement et de nettoyer les bandes.

Sahara Conservation soutient également que pour garantir le succès de cette réintroduction, il s’agit de renforcer la mise en œuvre effective du zonage de la réserve, afin de mieux concilier la conservation de la faune, les activités pastorales et une utilisation durable des ressources naturelles.

L’écologiste quantitativiste américaine, Shannon Boudreaux, chercheuse au San Diego Zoo Wildlife Alliance aux États-Unis, abonde dans le même sens. « Outre les évaluations de l’habitat et du paysage, il est également important de bien comprendre les autres activités socio-économiques et humaines susceptibles d’avoir un impact sur la zone où les animaux sont réintroduits », a-t-elle dit à Mongabay par courriel.

Au Niger, l’autruche d’Afrique du Nord bénéficie d’un statut de protection intégrale, et est inscrite à l’Annexe I de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES).

Image de bannière : Opération de réintroduction des autruches d’Afrique du Nord, dans la Réserve de biosphère de Gadabedji, située au centre du Niger, sous la conduite de l’ONG américaine Sahara Conservation. Image de Sahara Conservation, avec l’aimable autorisation de Julie Martin, responsable de la communication de cette ONG.

Des actions préventives évaluées à 173 millions USD pour protéger les enfants exposés à El Niño en Afrique

Yannick Kenné 10 Sep 2026

Selon l’UNICEF, l’épisode 2026-2027 du phénomène climatique El Niño représente une menace pour la sécurité alimentaire et hydrique d’au moins 162 millions d’enfants en Afrique de l’Est et australe.

La plupart de ces enfants se trouvent dans 13 pays, à savoir Djibouti, l’Érythrée, l’Éthiopie, le Kenya, Madagascar, le Malawi, le Mozambique, la Somalie, le Soudan du Sud, le Soudan, l’Ouganda, la Zambie et le Zimbabwe.

L’organisme onusien explique, dans une note publiée le 1ᵉʳ septembre 2026, sur son site internet, que l’aggravation de la sécheresse, les épisodes de chaleur extrême et les inondations menacent la nutrition, la santé, l’accès à l’eau potable et à l’assainissement, l’éducation et la protection de ces enfants.

Il évalue à 173 millions USD le coût des actions à mettre en œuvre, pour renforcer la préparation et répondre aux besoins des enfants et des familles les plus exposés dans les 13 pays. « L’action anticipatoire consiste précisément à utiliser les prévisions climatiques pour agir avant que les impacts ne deviennent critiques. Cela suppose de définir à l’avance des seuils de déclenchement, de prépositionner les fournitures nécessaires et de disposer de financements mobilisables rapidement », a expliqué dans un e-mail à Mongabay Mathilde Lecluse, chargée du programme Plaidoyer international climat et nutrition, à UNICEF France.

L’organisation onusienne préconise entre autres d’anticiper les risques nutritionnels, en renforçant le dépistage précoce de la malnutrition et en prépositionnant les aliments thérapeutiques prêts à l’emploi, les médicaments et les autres intrants nécessaires à la prise en charge des enfants. À cela s’ajoute la prévention des pénuries et des contaminations de l’eau.

Début août 2026, le Programme alimentaire mondial (PAM) a publié une note d’analyse sur le risque accru de l’insécurité alimentaire dans 45 pays dans le monde, y compris en Afrique. D’après Jean Martin Bauer, directeur de Food Security Analysis au PAM, chargé d’évaluer et de suivre l’accès des aliments vers les populations vulnérables, « les pays les plus vulnérables sont les pays au sud de l’équateur qui feront une saison pluvieuse en fin d’année. C’est une géographie particulièrement vulnérable aux impacts négatifs d’El Niño. Ce qui peut se passer, ce sont des interruptions, des déficits pluviométriques et des impacts sur les cultures principales, notamment le maïs en Afrique australe », a-t-il dit à Mongabay au téléphone.

Image de bannière : Inondations dans le comté de Maban au Soudan du sud. Image de Data Bettuel via Wikimédia Commons.

Des personnalités africaines et internationales baptisent 22 bébés gorilles au Rwanda

Aimable Twahirwa 8 Sep 2026

Le Rwanda a organisé le 4 septembre 2026, à Kinigi, un petit village du nord du pays, le baptême de 22 bébés gorilles, nés au Parc national des Volcans, au Rwanda, au cours des neuf derniers mois.

Au cours de cette cérémonie annuelle, dénommée « Kwita Izina », plusieurs personnalités publiques ont attribué symboliquement des noms aux bébés gorilles de montagne, en hommage aux efforts de conservation de l’espèce.

Parmi les noms attribués cette année, on retrouve Ndahiro, qui signifie « engagement », donné à un jeune mâle par Jeannette Uwimbabazi, une garde-forestière rwandaise. L’ancien international de football, Mamadou Sakho, présent à la cérémonie, a, quant à lui, donné le nom Ntwarane, qui signifie « unis pour un objectif commun ».

L’ancien footballeur français, Patrice Evra, a nommé un gorillon Muganura en référence à la fête traditionnelle rwandaise des récoltes, tandis que Miss Belgique 2024, Kenza Johanna Ameloot, a choisi Nkwakuzi, signifiant « personnes braves ».

Enfin, le président de l’Union cycliste internationale, David Lappartient, a nommé un gorillon Muhuza signifiant « celui qui rassemble », en référence à la coopération transfrontalière entre le Rwanda, l’Ouganda et la République démocratique du Congo (RDC), pour la conservation des gorilles de montagne.

La liste comprend également des noms comme Ishakwe qui signifie « détermination », Mucyo « lumière », Ngabonzima « protecteur », ou encore Ngoga qui signifie « brave » ou « courageux ».

Cette cérémonie de baptême est organisée cette année, alors que les statistiques officielles indiquent que la population des gorilles de montagne s’élève à 1 060 individus.

Ces grands singes vivent principalement dans le massif des Virunga, partagé entre le Rwanda, l’Ouganda et la RDC, ainsi que dans l’écosystème de Bwindi en Ouganda. « La conservation ne peut réussir que grâce à un engagement collectif et à un soutien durable aux acteurs qui protègent les gorilles et leurs habitats », a déclaré Guy Africa, directeur exécutif de l’Office rwandais de développement (RDB), lors de la cérémonie.

Selon lui, cet appui permet de renforcer les capacités des équipes sur le terrain, de protéger les habitats et d’associer davantage les communautés locales aux initiatives de conservation.

Le Rwanda prévoit également de renforcer l’habitat des gorilles grâce à l’extension du Parc national des Volcans, qui devrait gagner environ 3 740 hectares supplémentaires, ainsi qu’à la mise en place de quelque 6 620 hectares de zones tampons.

Image de bannière : Des gorilles aux abords du Parc national des volcans, au Rwanda. Image d’Aimable Twahirwa pour Mongabay.

RDC: Un okapi sauvé d’un piège confirme la présence de l’espèce à Rubi-Télé

Trésor Wayitsomaya 6 Sep 2026

Un okapi adulte (Okapia johnstoni) a été sauvé dans un collet en acier à Bongongo, dans la province du Bas-Uélé en RDC.

Selon l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN), le sauvetage de l’animal apporte une nouvelle preuve de la présence de l’espèce dans la Réserve de chasse de Rubi-Télé, une aire protégée de 11 000 kilomètres carrés, créée en 1930, situé au Nord-Est de la RDC.

L’animal a été découvert lors d’une patrouille de surveillance des écogardes de l’ICCN, menée dans le secteur de Bongongo, dans le territoire de Buta. Légèrement blessé à une patte, il a été libéré du piège puis pris en charge par les équipes de l’ICCN.

Dans un rapport début septembre consacré à l’intervention de ses écogardes consulté par Mongabay, l’ICCN considère cette observation comme une confirmation de la présence de l’okapi à Rubi-Télé, une région où les données sur la faune restent limitées.

« Le sauvetage de cet Okapi constitue une donnée particulière importante pour la conservation dans le paysage de Rubi-Télé. Cette situation rappelle également la nécessité de renforcer la surveillance, de lutter contre les pratiques de chasse non sélectives et de poursuivre les actions de conservation avec les partenaires et les communautés locales », indique l’ICCN dans son rapport.

Dans une réponse écrite à Mongabay, Adams Cassinga, directeur exécutif de Conserv Congo, une organisation basée au Nord-Kivu et intervenant dans la lutte contre le trafic illégal d’espèces sauvages, pense que la présence de cet okapi doit pousser à renforcer les inventaires de la faune, les patrouilles et la surveillance en associant davantage les communautés locales aux initiatives de conservation.

« Le fait que cet animal ait été pris dans un collet montre surtout les risques auxquels la faune est exposée. Cet événement doit donc être considéré comme un signal d’alerte et comme un point de départ, pour mieux connaître et protéger Rubi-Télé », explique-t-il.

L’okapi, une espèce menacée d’extinction, bénéficie d’une protection légale stricte en RDC.

Joint au téléphone, Jonas Nyumu, chercheur au sein de Solution for Wild, (SOWILD), une association communautaire basée à Kisangani dans l’est du pays, accompagnant les communautés locales et les peuples autochtones dans la gestion des ressources forestières, estime que la découverte doit également conduire à une meilleure application de la loi sur la conservation de la nature.

« L’okapi est une espèce totalement protégée par la loi. Il est donc interdit de le tuer, de le transporter, de le vendre ou encore de le consommer. Il est important que les écogardes renforcent les patrouilles et le monitoring pour détecter les infractions, mais aussi qu’ils sensibilisent les communautés sur le statut particulier de l’okapi », souligne-t-il.

Image de bannière: L’okapi sauvé d’un piège à Rubi-Télé, au Bas-Uélé, en RDC. Image de ICCN.

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