L’unité anti-braconnage du Parc national de l’Upemba (PNU), situé dans le Haut-Katanga, une province du sud-est de la République démocratique du Congo (RDC), a obtenu le prix « Best Ranger Team », c’est-à-dire Meilleure équipe d’écogarde, aux African Conservation Awards. Ce prix distingue les agents et les organisations exemplaires dans le domaine de la conservation.
Cette reconnaissance « célèbre le courage, le dévouement et le professionnalisme de nos écogardes, dont l’engagement quotidien, en faveur de la protection de l’un des paysages naturels les plus remarquables de la RDC, continue de nous inspirer », souligne, sur son site Web, l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN).
Cette institution publique responsable des aires protégées en RDC se félicite de la valorisation des écogardes qui, selon Christine Lain, directrice du PNU et représentante de Forgotten parks, partenaire de l’État congolais dans cette aire protégée, jouent un rôle important dans la protection du patrimoine naturel pour les générations futures.
« Cette reconnaissance tient compte de la situation globale et internationale de la conservation de la nature, avec l’Upemba qui présente un contexte particulier, où l’idée même de conservation est problématique », explique Antonio Longangi, responsable de la communication au sein de cette réserve.
Le parc de l’Upemba est sous la pression croisée des braconniers et des exploitants, en dépit des signes de reprise de la faune, qu’il enregistre chaque année, notamment avec la réapparition de l’antilope lechwe, ainsi que de l’augmentation progressive des zèbres, l’une de ses espèces phares.
Selon Longangi, malgré le faible investissement pour la protection de la biodiversité, « l’histoire du PNU est un miracle rendu possible grâce à la détermination et au dévouement de ses écogardes, qui ont compris que leur rôle va au-delà d’une simple carrière professionnelle ».
Bien plus, en mars 2026, le quartier général du parc, à Lusinga, a subi une attaque ayant coûté la vie à trois de ses écogardes et quatre membres du personnel civil.
« Malgré cela, et guidées par l’aspiration de faire du PNU un moteur vert du développement local, les équipes se sont ressaisies, et nous avons pu changer de mode opératoire pour maintenir l’élan de renaissance de ce parc jadis oublié. L’Upemba a un rôle central à jouer dans la survie du bassin du Congo (dernier poumon fonctionnel de la planète) et dans l’épanouissement des communautés riveraines, qui ont vécu les horreurs de la guerre en RDC. Ce paradigme demeure essentiel, au vu du sacrifice des écogardes et du personnel civil encore opérationnels pour la protection de ce joyau naturel de la RDC. Si on ne le fait pas, qui d’autre le fera ? », souligne Lungangi.
Image de bannière : Des écogardes au cours de la cérémonie de mise à la retraite d’une vingtaine de rangers de l’Upemba. Image de Didier Makal.