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Des cosses de cacao fraîches tenues par des agricultrices et agriculteurs.
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RDC : 116 organisations environnementales plaident pour une conservation participative du Couloir vert Kivu-Kinshasa

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Une coalition de 116 organisations de la société civile appelle à une conservation respectant les droits fonciers, les savoirs traditionnels et la participation des communautés locales et des pygmées, en République démocratique du Congo (RDC).

Dans une lettre adressée à la Fondation Virunga, ce jeudi 15 octobre 2026, les organisations environnementales, appuyées par des jeunes, des femmes et des représentants des communautés locales, demandent notamment le renforcement de la participation communautaire dans les activités de conservation.

Prête à mettre son expertise à la disposition de la Fondation Virunga, la coalition affirme vouloir contribuer à la préservation de plus de 100.000 km2 des forêts primaires, tout en favorisant le développement d’une économie verte entre l’est et l’ouest du pays et du bassin du Congo.

« La coalition verte pour le Couloir vert Kivu-Kinshasa souligne que l’urgence climatique ne doit, cependant, pas justifier de nouvelles formes de marginalisation ou d’expulsion des communautés locales et des peuples autochtones pygmées de leurs terres ancestrales. La nature n’est pas à protéger contre les communautés locales et les peuples autochtones pygmées. Elle n’est non plus à protéger sans les communautés locales », souligne-t-elle dans la lettre consultée par Mongabay.

Interrogée, Denise Kyalwahi, directrice de l’organisation Naturel CD, basée à Butembo, au Nord-Kivu, à l’Est du pays, spécialisée dans la défense de l’environnement et la protection de l’agriculture, appelle à une participation effective de la société civile à la gouvernance du Couloir vert Kivu-Kinshasa.

« Il ne suffit pas d’annoncer que le Couloir vert Kivu-Kinshasa contribuera au développement local. Il faut que les communautés puissent comprendre comment les ressources sont mobilisées, comment les décisions sont prises et quels avantages leur reviennent effectivement », affirme-t-elle au téléphone à Mongabay.

Kyalwahi indique que les organisations restent disponibles pour engager le dialogue. « Notre principale revendication est que les organisations de la société civile environnementale et les communautés concernées soient effectivement associées à la gouvernance du Couloir vert Kivu-Kinshasa, et pas seulement consultées d’une manière ponctuelle ».

« Aucun modèle de conservation ne saurait prétendre à une durabilité écologique et à une légitimité sociale véritable s’il ne repose pas sur la reconnaissance des droits subjectifs, le respect des communautés. Aujourd’hui, plus qu’hier, les communautés locales et les peuples autochtones pygmées de la RDC sont convaincus de la nécessité de protéger davantage les forêts et toute la biodiversité dont elles regorgent, afin que la planète, notre maison commune, qui brule soit préservée », conclut la société civile.

Image de bannière : Des éléphants au Parc national de Virunga en RDC. Image de JUSCAR KARUBAMBA via Wikimedia Commons. 

RDC : Un seizième bébé gorille naît dans le Parc national des Virunga

Prosper Heri Ngorora 15 Oct 2026

Un nouveau gorillon de montagne est né dans le Parc national des Virunga, à l’est de la République démocratique du Congo (RDC), portant, à 16, le nombre de naissances enregistrées dans cette aire protégée, patrimoine mondial de l’UNESCO.

« Ndala, une femelle âgée de 12 ans, a donné naissance à un petit mâle. Avec cette nouvelle naissance, la famille Humba compte désormais 19 individus », a écrit le parc sur son compte facebook.

« Les équipes de terrain poursuivront le suivi rapproché de Ndala et de son nouveau-né, en portant une attention particulière à leur évolution au cours des premières semaines », souligne le parc.

Pour Crispin Ngakani, activiste écologiste congolais, ces naissances démontrent que des efforts, qui méritent d’être accentués, sont menés pour protéger ces espèces phares des Virunga .

« Ces espèces sont sous menaces actuellement. Le Parc des Virunga fait face à des conflits armés et des pressions communautaires. Nous espérons que cette croissance va se poursuivre et que ces individus vont coloniser l’ensemble du parc sans fuir leur habitat naturel », dit-il à Mongabay.

Le parc souligne qu’il s’agit de la deuxième naissance enregistrée dans la famille Humba, depuis le début de l’année, parmi les gorilles de montagne suivis dans le secteur de Mikeno.⁠

Selon le Parc national des Virunga, malgré les conflits et l’instabilité, les efforts de conservation transfrontaliers ont permis une augmentation de 73 % de la population mondiale de gorilles de montagne depuis 1989.

Evalué aujourd’hui à plus de 1000 en RDC, au Rwanda et en Ouganda, dont plus de la moitié est en RDC dans les Virunga, le gorille de montagne reste l’un des mammifères les plus en danger de la planète, selon l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

« Chaque mois, nous recevons de bonnes nouvelles par rapport au cas de naissance des gorilles de montagne dans les Virunga. Nous sommes très heureux de tout ça », dit Ladislass Witanene, acteur écologiste au Sud-Kivu, qui appelle les conservateurs à s’inspirer du modèle de conservation des Virunga, en dépit de la situation sécuritaire volatile dans l’est du pays

« Qu’est ce qui évolue bien au sein du Parc des Virunga, et qui n’évolue pas au sein du Kahuzi-Biega ? Nous devons interroger les activités au niveau du Parc du Kahuzi-Biega, pour voir s’il y a des gorilles qui donnent naissance », dit-t-il au téléphone à Mongabay.

Image de bannière : Le nouveau gorillon de montagne dans les bras de sa mère. Image de Parc national des Virunga en RDC.

Niger: Les opérations se poursuivent pour contenir l’éruption du puits Goumeri W-8 sur le bloc d’Agadem

Fanta Chamsou 15 Oct 2026

Au Niger, l’éruption du puits pétrolier Goumeri W-8, sur le bloc d’Agadem dans la région de Diffa, au sud-est du Niger, n’a toujours pas été totalement maîtrisée au 12 octobre dernier. Selon un communiqué du ministère du Pétrole, publié à cette date, l’incident survenu le 25 septembre 2026, est marqué par des projections d’importantes quantités de pétrole brut et de gaz à plus de dix mètres de hauteur.

La plateforme, exploitée par CNPC Niger Petroleum S.A. et partagée avec les puits Goumeri W-3 et W-4, est fortement dégradée. « L’intégrité de ces deux installations voisines est compromise. Aucune perte en vie humaine n’était signalée au 12 octobre, mais deux employés exposés le premier jour de l’incident avaient été hospitalisés », indique en outre le ministère.

De source ministérielle, « des équipes spécialisées sont mobilisées jour et nuit pour sécuriser le site et tenter de reprendre le contrôle du puits. Le pétrole déversé est retenu à l’aide de digues, de tranchées et de bassins, avant d’être récupéré et acheminé vers la station de traitement de Goumeri ». Des restrictions d’accès et une surveillance permanente du gaz sont également appliquées.

Sur la page facebook officielle du ministère du pétrole, datant du 14 octobre 2026, un autre message rapporte la mobilisation d’experts algériens aux côtés des équipes nigériennes. « Leur mission doit notamment contribuer à déterminer les causes de l’éruption, à évaluer les dégâts techniques et environnementaux, et à proposer des solutions ».

Le ministère indique que les premières constatations conduisent à écarter la piste criminelle ou terroriste, tandis que les causes de l’éruption restent à établir en assurant que « toutes les responsabilités seront établies et assumées, et l’intégralité des dommages prise en charge conformément aux textes en vigueur ».

Si le communiqué ministériel mentionne la limitation des dommages environnementaux parmi les priorités, il ne fournit pas de résultats d’analyses permettant de mesurer une éventuelle contamination des sols ou des ressources en eau. L’étendue des impacts sur les écosystèmes de la région reste donc à établir à partir d’évaluations techniques et environnementales.

Sollicités pour apporter un éclairage sur ces risques, plusieurs spécialistes des hydrocarbures au Niger n’ont pas donné suite aux demandes d’entretien de Mongabay, compte tenu, disent-ils, de l’évolution de la situation et de la sensibilité du sujet.

Les autorités invitent les populations riveraines au respect du périmètre de sécurité. La publication des résultats de l’évaluation environnementale, lorsqu’ils seront disponibles, sera déterminante pour préciser les éventuels dommages et les mesures de réparation nécessaires.

Image de bannière : La fumée noire de l’éruption du puits pétrolier Goumeri W-8, au sud-est du Niger. Capture d’image d’une vidéo amateure fournie par Fanta Chamsou.

Le gouvernement gabonais va taxer le torchage du gaz pétrolier

Léonel Balla 14 Oct 2026

Lors de son dernier Conseil des ministres, le 8 octobre 2026, le gouvernement gabonais a acté le projet de création d’une taxe environnementale frappant le torchage du gaz naturel, a annoncé le communiqué final de la réunion. Porté par le ministère en charge de l’Economie, qui pilote depuis 2023, le resserrement de la doctrine fiscale dans les industries extractives, la future taxe couvrira toutes les étapes de la chaîne pétrolière (exploration, développement, production et traitement) et s’appliquera à l’ensemble des opérations d’hydrocarbures menées sur le territoire. Le document ajoute que le barème et la date d’entrée en vigueur seront fixés par des textes d’application à venir, qui préciseront l’assiette et les modalités de contrôle.

Cette décision s’inscrit dans le cadre de l’engagement du Gabon dès 2016, à l’initiative Zero Routine Flaring by 2030, un programme de la Banque mondiale, réunissant une trentaine de gouvernements et de compagnies pétrolières, avec pour objectif de mettre fin au torchage de routine d’ici à la fin 2030. La Banque mondiale, qui publie, chaque année, Global Gas Flaring Tracker, à partir de données satellitaires, estime dans son rapport 2026, publié en juin dernier que le torchage mondial a atteint 167 milliards de mètres cubes en 2025, un record depuis 2019.

L’ampleur du torchage au Gabon et les opérateurs en première ligne

Le torchage, ou gas flaring en anglais, est l’opération qui consiste à brûler à l’air libre, le gaz associé qui remonte avec le pétrole brut. Cette pratique est le résultat direct du manque d’infrastructures de collecte sur les plateformes offshore et les sites isolés.

D’après la Banque mondiale, le volume de gaz torché dans le pays est passé de 1,3 milliard de mètres cubes en 2012 à 1,6 milliard en 2015, avant de se stabiliser autour de 1,4 milliard en 2022.

La Banque mondiale indique dans ses fiches techniques que le méthane contenu dans le gaz torché, a un pouvoir de réchauffement 25 fois supérieur à celui du dioxyde de carbone sur 100 ans, faisant du torchage l’une des principales sources de pollution de l’industrie pétrolière africaine et du golfe de Guinée.

Les opérateurs, exploitant le bassin sédimentaire côtier gabonais, comme Perenco, groupe franco-britannique fondé en 1975, présente dans le pays depuis plus de trente ans, indique développer deux projets pour réduire le torchage : une barge de gaz naturel liquéfié de 700 000 tonnes par an à Cap Lopez, alimentée par un pipeline collectant du gaz qui serait autrement torché, et un réseau de collecte sur son site de M’bya avec une usine de traitement, un gazoduc de 32 kilomètres et une centrale à gaz de 21 MW extensible à 50 MW, destinée à alimenter 80 000 foyers.

Image de bannière : Usine SOGARA à Port-Gentil au Gabon. Image de AchilleT via Wikimédia Commons.

Usine SOGARA à Port-Gentil au Gabon. Image de AchilleT via Wikimédia Commons (Domaine public).

Au Bénin, une loi interdit le sciage du bois à la tronçonneuse

Anne Nzouankeu 14 Oct 2026

Selon l’article 101 de la nouvelle loi portant Code des forêts et de la faune en République du Bénin, il est désormais interdit, sur toute l’étendue du territoire de ce pays d’Afrique de l’Ouest, « l’utilisation de la tronçonneuse aux fins de sciage du bois ». Adoptée en juillet 2026, cette loi interdit également « l’importation et la circulation de produits forestiers sciés à la tronçonneuse, quelle qu’en soit l’origine ».

Ladite loi définit le sciage comme une activité de l’« industrie de première transformation » et exige une autorisation préalable des ministères de l’industrie et des forêts pour « l’installation, l’augmentation des capacités et la délocalisation d’une unité de transformation du bois ». En cas d’infractions, les produits forestiers en situation irrégulière, ainsi que le matériel utilisé pour leur exploitation, leur transformation ou leur transport sont « saisis d’office », selon l’article 269 de la loi.

« Au nom de la société civile environnementale de la République démocratique du Congo et en tant qu’ambassadeur écologique du bassin du Congo, je félicite le gouvernement béninois pour cette démarche. Dans les forêts de la RDC, alors que nous luttions aux côtés des communautés pour empêcher la déforestation, nous avons vu par exemple 50 tronçonneuses pénétrer dans une même forêt pour alimenter les marchés asiatiques et du Moyen-Orient », dit à Mongabay Josué Aruna, directeur de l’organisation Congo Basin Conservation Society (CBCS). « La mesure prise par le Bénin devrait inspirer l’ensemble des gouvernements africains dans le cadre du commerce international des essences de bois rares. Nous ne devons plus continuer à considérer l’usage de la tronçonneuse comme une simple activité non industrielle », ajoute Aruna.

Le défenseur de l’environnement reconnaît cependant que certaines communautés peuvent ne pas avoir de gros moyens financiers pour avoir des unités de transformation industrielle. Il nuance le mythe de la tronçonneuse comme outil des démunis et plaide pour une exception communautaire encadrée. « Certaines tronçonneuses coûtent plus cher que les machines d’exploitation, donc il n’est pas toujours dit que la tronçonneuse est réservée aux personnes avec des revenus limités », souligne Aruna. « Pour soutenir les efforts du développement d’un village ou d’une petite communauté, l’État peut autoriser par exemple une seule tronçonneuse par village, qui va servir uniquement pour la construction des écoles, des hôpitaux, des ponts ou ouvrir les routes de dessertes agricoles. Cela limiterait les enjeux liés à la déforestation et à la dégradation des forêts du bassin du Congo », précise Aruna.

Image de bannière : Image d’illustration. Abattage d’afromosias dans les environs de Yanonge (RDC). Image d’Axel Fassio/CIFOR via Flickr (CC BY-NC-ND 2.0).

Image d'illustration. Abattage d'afromosias dans les environs de Yanonge (RDC). Image d'Axel Fassio/CIFOR via Flickr (CC BY-NC-ND 2.0)

Les écogardes du Parc national de l’Upemba obtiennent le prix « Best Ranger Team »

Didier Makal 14 Oct 2026

L’unité anti-braconnage du Parc national de l’Upemba (PNU), situé dans le Haut-Katanga, une province du sud-est de la République démocratique du Congo (RDC), a obtenu le prix « Best Ranger Team », c’est-à-dire Meilleure équipe d’écogarde, aux African Conservation Awards. Ce prix distingue les agents et les organisations exemplaires dans le domaine de la conservation.

Cette reconnaissance « célèbre le courage, le dévouement et le professionnalisme de nos écogardes, dont l’engagement quotidien, en faveur de la protection de l’un des paysages naturels les plus remarquables de la RDC, continue de nous inspirer », souligne, sur son site Web, l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN).

Cette institution publique responsable des aires protégées en RDC se félicite de la valorisation des écogardes qui, selon Christine Lain, directrice du PNU et représentante de Forgotten parks, partenaire de l’État congolais dans cette aire protégée, jouent un rôle important dans la protection du patrimoine naturel pour les générations futures.

« Cette reconnaissance tient compte de la situation globale et internationale de la conservation de la nature, avec l’Upemba qui présente un contexte particulier, où l’idée même de conservation est problématique », explique Antonio Longangi, responsable de la communication au sein de cette réserve.

Le parc de l’Upemba est sous la pression croisée des braconniers et des exploitants, en dépit des signes de reprise de la faune, qu’il enregistre chaque année, notamment avec la réapparition de l’antilope lechwe, ainsi que de l’augmentation progressive des zèbres, l’une de ses espèces phares.

Selon Longangi, malgré le faible investissement pour la protection de la biodiversité, « l’histoire du PNU est un miracle rendu possible grâce à la détermination et au dévouement de ses écogardes, qui ont compris que leur rôle va au-delà d’une simple carrière professionnelle ».

Bien plus, en mars 2026, le quartier général du parc, à Lusinga, a subi une attaque ayant coûté la vie à trois de ses écogardes et quatre membres du personnel civil.

« Malgré cela, et guidées par l’aspiration de faire du PNU un moteur vert du développement local, les équipes se sont ressaisies, et nous avons pu changer de mode opératoire pour maintenir l’élan de renaissance de ce parc jadis oublié. L’Upemba a un rôle central à jouer dans la survie du bassin du Congo (dernier poumon fonctionnel de la planète) et dans l’épanouissement des communautés riveraines, qui ont vécu les horreurs de la guerre en RDC. Ce paradigme demeure essentiel, au vu du sacrifice des écogardes et du personnel civil encore opérationnels pour la protection de ce joyau naturel de la RDC. Si on ne le fait pas, qui d’autre le fera ? », souligne Lungangi.

Image de bannière : Des écogardes au cours de la cérémonie de mise à la retraite d’une vingtaine de rangers de l’Upemba. Image de Didier Makal.

Des écogardes au cours de la cérémonie de mise à la retraite d’une vingtaine de rangers de l’Upemba. Image de Didier Makal.

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