Selon des experts et acteurs de la gestion des risques, il est nécessaire d’utiliser les données météorologiques, hydrologiques et satellitaires pour anticiper les effets de phénomènes climatiques comme El Niño.
Réunis ce 2 septembre, à Addis-Abeba, en Ethiopie, dans le cadre du Forum Alerte Précoce pour tous, ces experts et acteurs de la gestion des risques, venus de 60 pays africains, réfléchissent au renforcement des systèmes d’alerte précoce face aux inondations, aux sécheresses et aux autres risques climatiques, notamment le phénomène El Niño, sur le continent africain.
Selon eux, en croisant les données des précipitations, des températures, des niveaux des cours d’eau, des observations satellitaires et des prévisions climatiques, les pays peuvent mieux identifier les zones exposées et disposer de plus de temps pour agir.
S’exprimant à l’ouverture du forum, Dr Agnès Kijazi, directrice du Bureau régional de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) pour l’Afrique, a insisté sur l’intégration de ces services dans les politiques nationales. « Les dirigeants africains doivent intégrer les services d’alerte précoce dans leurs plans et leurs priorités nationales », souligne-t-elle.
Pour elle, cette intégration est essentielle pour maintenir les systèmes d’alerte au-delà de 2027, et assurer leur fonctionnement au niveau national.
Mais disposer de données ne suffit pas. Il faut aussi des infrastructures capables de les recueillir, de les analyser et de produire rapidement des prévisions.
Pamela Komejuni, experte en risques et catastrophes au Centre météorologique de l’Ouganda, évoque ainsi les besoins financiers liés au renforcement des capacités. « Nous travaillons sur un plan qui nécessite un financement de 21,5 millions USD. Nous préparons déjà un document destiné au comité, afin de faire avancer le dossier et de demander l’accès à ce financement », explique-t-elle.
Cette nécessité d’exploiter correctement les données est également soulignée par Seydou Tinni Halidou, météorologue et expert des services climatiques au Centre régional de formation en agrométéorologie et hydrologique opérationnelle( AGRHYMET), basé au Niger.
À propos d’El Niño, il rappelle que son influence sur les conditions météorologiques « n’est ni systématique ni uniforme ». Cette variabilité, selon Halidou, impose donc d’appuyer l’analyse sur des données précises et des prévisions adaptées aux différentes régions.
Pour Atupele Mwakalinga, expert en météorologie à la Commission de l’Union africaine (UA), l’ambition doit aller au-delà de la production des prévisions. « Nous devons transformer les prévisions en décisions, les décisions en actions précoces, et les actions précoces en réduction des risques et en une résilience renforcée », dit-il.
Image de bannière : Impact de sécheresse sur la faune dans une ferme du sud de la Namibie. Image de Dumbassman via Wikimedia Commons.