D’après des données agricoles récentes, le changement climatique a eu un impact sur la production commercialisée de cacao au Cameroun. Les chiffres publiés, le 5 août dernier, par l’Office national du cacao et du café (ONCC), indiquent une chute de près d’un cinquième de la production nationale commercialisée de cacao, pour la campagne 2025-2026. Le pays n’a mis sur le marché que 247 914 tonnes de fèves contre 309 518 tonnes lors de la campagne précédente, soit 61 604 tonnes de moins.
Dans une note d’information, l’ONCC attribue directement la responsabilité de cette contreperformance au climat, c’est-à-dire au dérèglement météorologique. « Les changements climatiques affectent la floraison des cacaoyers et le développement des cabosses », précise-t-elle.
Dr Christophe De Fer Onana, expert en production végétale et vulgarisation agricole, chef de poste agricole de l’arrondissement d’Evodoula dans la région du Centre, partage cette analyse : « Le climat est déréglé, il n’est plus maîtrisable. Autrefois, on parlait de quatre saisons : deux saisons pluvieuses et deux saisons sèches, avec une périodicité à peu près connue. Aujourd’hui, on ne peut plus prévoir quand les pluies vont commencer, ni quand elles vont s’arrêter. Cela désoriente tous les cacaoculteurs, tous les agriculteurs, et cela a évidemment des incidences directes sur la vie des producteurs ».
Ce dernier explique aussi la contreperformance par la baisse du pouvoir d’achat des producteurs face à des prix fixés hors des bassins de production, le vieillissement des plantations et le déficit de formation des producteurs avec à la clé « l’abandon pur et simple des cacaoyères, et à la reconversion vers d’autres cultures » et la transformation des cacaoyères en champs de manioc, de banane plantain, de tomate, etc.
Selon l’ONCC, la chute de la production commercialisée de cacao pèse sur les recettes du pays, notamment au niveau de l’exportation et sur la transformation locale.
« Les exportations étaient de 125 469 tonnes contre 192 012 tonnes la campagne précédente, soit une baisse de 34,65 % (…). Le volume de cacao entré dans les unités locales de transformation industrielle et artisanale était de 95 946 tonnes, contre 110 388 tonnes, soit une baisse de 14 442 tonnes », écrit l’Office dans sa note.
Depuis cinq campagnes, la production commercialisée ne cesse de baisser : de 295 164 tonnes en 2021-2022, elle est passée à 262 112 tonnes en 2022-2023, puis à 266 710 tonnes en 2023-2024, avant le décrochage de cette année.
Image de bannière : Des employés d’un magasin de cacao dans le Centre du Cameroun ramassent les fèves de cacao séchées sous le soleil alors qu’une pluie s’annonce. Image de Léonel Balla.