Dans un rapport de World Weather Attribution (WWA), des scientifiques appellent les pays d’Afrique de l’Ouest à renforcer leurs systèmes d’alerte précoce et à investir davantage dans l’adaptation climatique, pour faire face aux inondations de plus en plus destructrices. Des climatologues de plusieurs universités et instituts de recherche, à travers le monde, à l’origine de ce rapport publié le 16 juillet 2026, recommandent également une meilleure planification urbaine, la modernisation des réseaux de drainage, la protection des zones humides et un renforcement des financements destinés à accroître la résilience des populations.
Entre le 20 et le 22 juin 2026, d’après ce rapport, plusieurs localités de la côte du golfe de Guinée ont enregistré d’abondantes pluies en moins de 24 heures, ayant occasionné des crues soudaines ayant dépassé la capacité des systèmes de drainage. Selon les chercheurs, le changement climatique d’origine humaine a rendu ce type d’épisode « environ cinq fois plus probable », tandis que l’intensité des précipitations extrêmes, sur trois jours, a augmenté d’environ 23 %. Avec un climat mondial désormais plus chaud qu’à l’ère préindustrielle, un épisode de cette ampleur est désormais susceptible de se produire « tous les deux à quatre ans » sur la côte du golfe de Guinée. Le rapport souligne enfin le lourd bilan humain de ces inondations, avec au moins 59 morts en Côte d’Ivoire, 34 au Ghana et cinq au Togo, ainsi que des centaines de déplacés et d’importants dégâts aux infrastructures, aux marchés et aux terres agricoles.
Le rapport précise toutefois que le changement climatique seul n’explique pas l’ampleur de la catastrophe. Selon les chercheurs, d’autres facteurs ont fortement aggravé les inondations : l’urbanisation rapide, l’expansion des quartiers dans les zones inondables, la disparition des espaces naturels capables d’absorber l’eau et l’insuffisance des réseaux de drainage.
Emmanuel Bongkiyu, spécialiste du climat et prévisionniste indépendant au Cameroun, explique à Mongabay que les recommandations de WWA sont en phase avec les connaissances scientifiques actuelles sur les risques climatiques en Afrique de l’Ouest. « Il est important de comprendre que ces actions n’empêcheront pas les pluies extrêmes de tomber, mais elles peuvent considérablement limiter les pertes en vies humaines et les dégâts économiques », souligne Bongkiyu, qui n’a pas participé à cette étude. « Investir dans l’adaptation est devenu une nécessité, mais ces efforts doivent s’accompagner d’une réduction des émissions de gaz à effet de serre, afin de limiter l’aggravation future des événements extrêmes », dit-il.
Image de bannière : La majeure partie d’Accra a été inondée pendant la saison des pluies, occasionnant une crise environnementale au Ghana. Image de Fquasie via Wikimédia Commons (CC BY-SA 4.0).