- Plusieurs pièges ont été posés par des braconniers dans des zones fréquentées par les gorilles autour du Parc national des Volcans au Rwanda.
- Grâce aux mesures de surveillance renforcée, six gorilles de montagne ont été sauvées par des gardes anti-braconnage.
- Un logiciel innovant de collecte et d’analyse de données spatiales aide les acteurs de la conservation à détecter tout acte de braconnage autour du parc.
Des milliers de pièges posés par des braconniers, dans des zones fréquentées par les gorilles, ont été recensés autour de certaines aires protégées au Rwanda.
C’est le cas autour du Parc national des Volcans, où au moins 2 336 pièges ont été recensés jusqu’en décembre 2025, a annoncé le Conseil de développement du Rwanda (RDB, sigle en anglais).
A en croire cette même source, les pièges ont été posés par des braconniers dans des zones fréquentées par les gorilles, notamment dans les districts de Musanze et Burera avoisinants ce parc situé à 120 kilomètres au nord de Kigali, la capitale.
« Il est inacceptable que les communautés locales bénéficiant des retombées du parc continuent d’être en même temps responsables de sa destruction à travers les actes de braconnage », souligne Télesphore Ngoga, directeur de l’unité chargée de la conservation des parcs nationaux au sein du Conseil de développement du Rwanda, dans un bref entretien à Mongabay.
Ce dernier estime que l’ampleur du braconnage, au cours des 10 premiers mois de 2025, dépasse de loin le chiffre de l’année 2024.

Lutte contre braconnage
Selon les statistiques officielles, au moins 2 200 pièges ont été saisis en 2023, plus de 2 300 en 2024 et 2 336 entre janvier et octobre 2025.
Les autorités administratives locales de la province nord du Rwanda affirment que, grâce aux mesures de surveillance renforcée au niveau du Parc national des Volcans, six gorilles de montagne, prises dans les pièges, ont été sauvées par des gardes anti-braconnage.
Maurice Mugabowagahunde, gouverneur de la province du Nord du Rwanda, estime que les gardiens du parc effectuent actuellement des rondes régulières pour dissuader les braconniers et détecter les activités illégales. « Le braconnage autour du parc a connu récemment une recrudescence inquiétante, mais on en ignore la cause », confie Mugabowagahunde à Mongabay.
Les récentes opérations, menéesdès octobre 2025, ont permis d’appréhender au moins 38 personnes suspectées d’être impliquées dans des activités de braconnage contre les gorilles de montagne.
Face à l’ampleur des actes de braconnage autour du parc et ses environs, un logiciel innovant aidant les gardiens du parc à détecter tout acte de braconnage, toute situation suspecte ou tout geste allant à l’encontre de la faune de cette aire protégée, a été expérimenté.
Cette application mobile du Programme international de conservation des gorilles (IGCP, sigle en anglais), dénommée Spatial monitoring and reporting tool ( SMART ) permet de collecter et d’analyser les données susceptibles d’aider les responsables de la conservation à adopter les bonnes pratiques dans la lutte contre le braconnage.
Elle aide à la prise des décisions éclairées susceptibles d’améliorer l’efficacité des opérations visant à sauvegarder la faune locale contre les activités illégales.
« Le braconnage est un problème criard au niveau du Parc national des Volcans, et cette technologie, une fois adoptée, va permettre aux gardiens du parc d’élargir leur zone de couverture et améliorer l’efficacité de leur travail», déclare Wellard Makambo, directeur du Programme international de conservation des gorilles (IGCP), à Mongabay.
Image de bannière : Des milliers de pièges posés par des braconniers aux gorilles aux abords du Parc national des volcans. Image de Aimable Twahirwa.