- Le gouvernement du Bénin confirme son désir de concilier la croissance économique avec la transition écologique et la protection de l’environnement dans sa loi de finances 2026.
- Près 740 milliards de francs CFA (soit 1337517460.9 USD) sont consacrés cette année aux investissements climatiques.
- La stratégie met désormais l’accent sur le social, pour aider les communautés à s’adapter aux risques climatiques.
La volonté du gouvernement béninois de concilier la croissance économique avec la transition écologique et la protection de l’environnement bénéficie d’un important accompagnement financier dans la loi de finances 2026.
Pour atteindre les objectifs fixés dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique, le pays prévoit un investissement de près de 740 milliards de francs CFA (soit 1337517460.9 USD) dans les secteurs de l’eau, de l’agriculture, sur le littoral et dans l’énergie.
Concrètement, cet investissement vise à financer les différents programmes élaborés pour conserver et restaurer les écosystèmes forestiers, lutter contre les effets des changements climatiques et assurer la protection de la biodiversité, d’une part, et pour changer le visage des communes à statut particulier (Cotonou, Porto-Novo et Parakou) et autres, en promouvant un urbanisme résilient, d’autre part. La gestion des déchets et la valorisation du patrimoine complètent le paquet. La stratégie du gouvernement béninois cette fois-ci est orientée vers la résilience, en ciblant les inondations, l’érosion côtière et la transition énergétique.

La composante sociale au cœur des investissements
L’ambition soigneusement définie vise à poursuivre les efforts entrepris en 2025 dans certains domaines, tels que la transition énergétique. Cet objectif sera réalisé à travers la poursuite des travaux relatifs aux projets d’électrification et d’eau potable, en tenant compte des directives de l’ODD n° 6 et n° 7, qui garantissent l’accès universel et équitable à l’eau potable pour tous d’ici à 2030, ainsi que l’accès de tous à une énergie abordable, fiable, durable et moderne.
Les programmes à exécuter intègre également une composante sociale visant à utiliser 42 % du budget des investissements pour aider les communautés à s’adapter aux risques climatiques. À cela, s’ajoute un volet « Actions contre les inondations » axé sur la résilience urbaine, notamment la gestion des eaux pluviales dans la ville de Cotonou, la capitale économique du pays.
En matière de finance verte, le Bénin compte s’appuyer sur son nouveau cadre de financement vert pour mobiliser des ressources pour la transition énergétique. Toutes ces initiatives entendent permettre de booster le cadre de vie et les prises de conscience pour une bonne gestion de l’environnement.
Le montant alloué en 2026 aux activités climatiques représente plus des deux tiers des investissements publics. En hausse de 21,44 % par rapport à 2025, dont le montant tourne autour de 360 milliards de francs CFA (soit 650863534.82 USD), il marque la volonté du gouvernement de se consacrer davantage à la lutte contre les effets du réchauffement climatique.
Jointe au téléphone par Mongabay, la présidente de l’ONG Pauly Afrique Bio, Paulette Atchadé Savimbi, se dit heureuse de la sanctuarisation de 30 % des écosystèmes forestiers d’ici à 2032. « Notre ONG a mis en terre plus de soixante-dix mille plants. A chaque fois, nous sommes confrontés à des coupes sauvages et à des feux de brousse au point où nous avons pensé à la sacralisation des zones reboisées. Il s’agit de déposer dans chaque endroit « des fétiches » en vue de susciter la peur au sein des communautés pour le respect des plants. Donc, cette stratégie du gouvernement est intéressante », dit-elle.
De la résilience urbaine à l’assainissement, la gestion des déchets, le système d’alerte précoce, l’agriculture bio et écologique, le gouvernement semble marquer son engagement pour l’environnement et la résilience climatique.
Interrogé, le Directeur de l’Unité de protection de l’environnement, Clément Kotan, dont les activités tournent autour du reboisement, s’est réjoui du programme de restauration des forêts sacrées et de sacralisation des espaces forestiers du gouvernement, pour 2026.
« J’espère que ce volet sera réellement exécuté. Dans ce cas, il faut requérir l’expertise de la société, celle qui s’illustre dans ce domaine et ne pas oublier les voisins de ces espaces forestiers, je veux nommer les populations. A défaut de les déplacer des zones qu’elles occupent, il faut les prendre en compte si on veut donner une chance à ce programme », a- souligné Kotan au téléphone à Mongabay.
Image de bannière : Une des infrastructures d’assainissement pour réduire la vulnérabilité des populations de Cotonou face aux inondations. Image de presidencebenin via Flickr.
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