Pour la première fois de son histoire, la République démocratique du Congo se dote d’une garde minière.
L’annonce a été faite par l’Inspection générale des mines (IGM) dans un communiqué de presse, que Mongabay a consulté le lundi 27 avril 2026.
La Garde minière est une unité spéciale paramilitaire destinée à sécuriser l’ensemble de la chaine d’exploitation des minerais en RDC, note le communiqué.
« La volonté du président de la République, que nous mettons en œuvre, est d’assainir l’ensemble du secteur minier de la RDC, en éliminant les pratiques contraires à la bonne gouvernance, à la transparence et à la traçabilité des minerais », a déclaré l’Inspecteur général des mines, Rafael Kabengele, dans le communiqué.
« La Garde minière créée a pour principales missions la sécurisation des sites miniers sur l’ensemble du territoire national, le convoyage sécurisé des minerais depuis les zones d’extraction jusqu’aux unités de traitement et aux postes frontaliers », précise le communiqué.
Le programme est financé à hauteur de 100 millions USD et s’inscrit dans le cadre des partenariats stratégiques avec les États-Unis d’Amérique et les Émirats arabes Unis (EAU).
De nombreux activistes écologistes et de lutte contre la corruption estiment que c’est un « pas déterminant » dans la sécurisation des chaines de valeurs des minerais en RDC, un pays au sol et au sous-sol riches et très convoités.
« C’est une très bonne initiative qui va aider dans la lutte contre la contrebande minière, qui s’effectue sur l’ensemble du territoire national. Nous perdons des revenus sur nos richesses nationales, dont le coltan et le cobalt, qui échappent au contrôle du trésor public », souligne Crispin Ngakani, activiste écologiste congolais.
Selon le calendrier de mise en œuvre de ce programme, le recrutement débute en mai prochain, et la formation démarre en juin pour prendre fin en décembre 2026.
Le dispositif sera déployé sur l’ensemble du territoire national congolais fin 2028, lit-t-on dans le communiqué.
Crispin Ngakani estime que les citoyens ordinaires vont désormais jouir du potentiel naturel de leur nation, si les motivations sous-tendant la création de cette garde sont mises en œuvre à la lettre.
« En RDC, la grande partie du budget est constituée des revenus et des fonds issus des ressources naturelles. Cette initiative va favoriser un contrôle minier efficace sur l’ensemble du territoire national, et renflouer davantage les caisses de l’Etat », dit-il.
Le 4 décembre 2025, la RDC et les USA ont signé un partenariat stratégique sur les minerais critiques et la sécurité. Un accord similaire a été également conclu entre Kinshasa et le Qatar, au sujet de l’or.
L’économie de la RDC repose essentiellement sur l’exploitation de ses ressources naturelles, faisant de l’industrie minière le principal moteur de sa croissance économique, selon la Banque mondiale.
Image de bannière : Mineurs artisanaux de cobalt en RDC. Image de The International Institute for Environment and Development via Wikimedia Commons.