- Une nouvelle structure a été créée pour soutenir les efforts de conservation au Rwanda à travers la recherche scientifique, l’innovation et la gestion durable des écosystèmes.
- La création d’une zone tampon de 6 620 hectares marque une étape cruciale dans la stratégie de conservation du Parc national des Volcans.
- La faible superficie de ce parc constitue un défi majeur pour sa conservation.
- Il est nécessaire de mettre en œuvre une approche participative plaçant les communautés au cœur des solutions, afin d’atteindre les objectifs fixés pour Rwanda Nature Foundation.
Le Rwanda vient de créer une nouvelle structure pour la gestion de la faune sauvage et des parcs nationaux.
Dénommée « Rwanda Nature Foundation », cette structure ambitionne de renforcer les efforts de conservation à travers la recherche scientifique, l’innovation et une gestion durable des écosystèmes.
Le Conseil des ministres du 24 juillet dernier précise que la nouvelle organisation aura pour mission de promouvoir une approche intégrée de la conservation.
L’une des priorités est l’extension du Parc national des Volcans, refuge emblématique des gorilles de montagne. Un investissement de 255 millions USD est prévu pour une extension de plus de 20 % de la superficie du parc (soit l’ajout de 37,4 kilomètres carrés, 3 740 hectares, à sa superficie actuelle), en vue d’accroître les zones de protection et préserver davantage la faune sauvage.

Cette initiative prévoit également la création d’une vaste zone tampon de 6 620 hectares, soit environ 9 300 terrains de football, destinée à établir une séparation naturelle entre le parc et les zones habitées. L’Office rwandais de développement, qui assure la cogestion du parc, affirme dans un communiqué que cette ceinture écologique vise à réduire considérablement les interactions conflictuelles entre humains et animaux sauvages.
Dr Nathan Taremwa Kanuma, chercheur et professeur agrégé au Collège d’agriculture, de foresterie et des sciences alimentaires (CAFF) de l’université du Rwanda, ayant mené plusieurs recherches sur la conservation des aires protégées au Rwanda, explique que l’intégration des savoirs locaux au sein de cette nouvelle structure pourrait renforcer les politiques de conservation en favorisant des approches plus inclusives, dans lesquelles les communautés locales deviennent des partenaires clés de la gestion durable des parcs nationaux.
Le chercheur reste convaincu que la création de cette structure, chargée de superviser cette expansion, constitue également une réponse stratégique aux défis liés à la croissance démographique et à la pression croissante exercée sur les terres situées autour des aires protégées, notamment le Parc national des Volcans, et la forêt naturelle de Nyungwe, au sud-ouest du pays.
« Face aux défis croissants du changement climatique, les connaissances écologiques traditionnelles des communautés riveraines, autour de ces zones de conservation, apparaissent comme une ressource précieuse pour préserver la biodiversité et renforcer la capacité d’adaptation des écosystèmes », dit-il à Mongabay au téléphone.
Les autorités rwandaises misent sur un modèle de conservation participative visant à réduire les conflits entre humains et faune sauvage tout en favorisant un partage durable des territoires.

Un écosystème fragile aux dimensions réduites
Selon les projections, cette mesure pourrait entraîner une baisse de 80 % des conflits hommes-faune, en offrant aux animaux un espace sécurisé tout en renforçant la protection des populations vivant aux abords du Parc national des Volcans.
Ce parc constitue un écosystème fragile par sa superficie actuelle d’environ 160 kilomètres carrés. Cette superficie limitée représente un défi en termes d’habitat plusieurs espèces sauvages, notamment les gorilles, dont les effectifs ont bondi, passant de 480 individus en 2010 à 1 063 en 2024.

L’extension du parc vise ainsi à relever cette contrainte majeure en créant davantage d’espaces écologiques et en renforçant la connectivité des habitats.
Beth Kaplin, chercheuse américaine dans le domaine de la conservation et professeure dans plusieurs universités au Rwanda et aux Etats-Unis, explique à Mongabay que les derniers écosystèmes de forêts tropicales du Rwanda sont principalement confinés dans les parcs nationaux, où ils bénéficient d’une gestion relativement efficace.
Selon elle, ces aires protégées fonctionnent comme des « îlots de biodiversité » isolés au sein d’un paysage largement dominé par les activités humaines et caractérisé par une forte densité de population.
« Il est essentiel de s’attaquer aux défis liés aux moyens de subsistance des populations vivant autour des parcs nationaux, en adoptant une approche véritablement participative qui place les communautés au cœur des solutions », a-t-elle dit à Mongabay.
Image de bannière : Singe doré descendant une branche. Image de Avi Alpert via Flickr (CC BY-SA 2.0).
Rwanda : L’approche qui modernise la gestion des parcs nationaux
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