Le troisième rapport sur l’état des ressources phytogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture, publié par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), indique que les cultures, leurs variétés traditionnelles, ainsi que d’autres plantes sauvages servant à l’alimentation, « disparaissent plus rapidement qu’elles ne sont conservées ». Une situation jugée préoccupante par les auteurs du rapport, car cette diversité a jusqu’ici permis aux agriculteurs de s’adapter aux conditions climatiques changeantes. La disparition réduit la capacité du continent à faire face au changement climatique et à garantir la sécurité alimentaire.
Le rapport, présenté la semaine dernière au Kenya, indique par ailleurs que les variétés locales de cultures ayant été développées et transmises de génération en génération, et qui sont souvent mieux adaptées aux sols et aux climats locaux, disparaissent également des exploitations agricoles à travers l’Afrique. Elles sont remplacées par des semences commerciales, « dont certaines n’ont pas été sélectionnées pour les conditions agroécologiques diverses de l’Afrique, ni pour les préférences des agriculteurs ». Cette tendance concerne « des variétés de cultures de base comme le sorgho, le mil, l’igname, le riz et le coton traditionnel », ajoute le rapport. En Afrique subsaharienne, environ 16 % de plus de 12 000 de ces variétés, recensées dans 19 pays, ont été jugées menacées.
La perte de diversité touche aussi les plantes sauvages, que les communautés collectent pour compléter leur alimentation, et qui servent de filet de sécurité nutritionnel, lors des périodes de pénurie alimentaire. Il s’agit entre autres du baobab, du karité, du manguier sauvage africain ou encore des feuilles de niébé. On apprend que « plus de 70 % » de la diversité des plantes alimentaires sauvages, recensées en Afrique, est menacée, principalement en raison de la perte d’habitat, des changements d’affectation des terres et du stress climatique. « Ce taux de déclin est deux fois supérieur à la moyenne mondiale », souligne le rapport.
Enfin, le rapport mentionne que l’Afrique conserve environ 220 000 échantillons de semences issus de près de 4 000 espèces, dans 56 banques de gènes. Mais, seule, une faible part de ces collections est sécurisée par une duplication ailleurs : une situation qui rend les semences vulnérables aux conflits, aux inondations, aux pannes d’électricité et au sous-financements chroniques. Il existe cependant des initiatives visant à renforcer cette sécurité. Le 25 février 2025, Mongabay rapportait par exemple que le CIFOR-ICRAF avait déposé, dans la Svalbard Global Seed Vault, une banque internationale de semences située en Norvège et conçue comme une réserve de secours pour la biodiversité agricole mondiale, des semences de 19 espèces d’arbres africains, afin de préserver leur diversité génétique.
Image de bannière : Stephen Kenduiwo, membre d’une association de protection de l’environnement dans la forêt de Mau au Kenya. Image de Patrick Shepherd/CIFOR via Flickr (CC BY-NC-ND 2.0).