- Le West Africa Sustainable Ocean Programme (WASOP) a été lancé officiellement lors de la semaine de l’Océan, tenue au Cap Vert, du 4 au 6 novembre 2025.
- Ce programme, financé par l’Union européenne à hauteur de 59 millions d’euros (68 millions USD) et segmenté en trois piliers, sera mis en œuvre dans 13 pays côtiers de l’Afrique de l’Ouest.
- Les partenaires de l’initiative précisent que les projets financés dans le cadre de ce programme seront portés par les communautés locales ou les organisations de la société civile.
Treize pays côtiers de l’Afrique de l’Ouest sont éligibles pour le West Africa Sustainable Ocean Programme (WASOP) : le Bénin, le Cap Vert, la Côte d’Ivoire, la Gambie, le Ghana, la Guinée, la Guinée-Bissau, le Liberia, la Mauritanie, le Nigeria, le Sénégal, la Sierra Leone et le Togo,
Ce programme quinquennal, financé par l’Union européenne à hauteur de 59 millions d’euros (68 millions USD), a été lancé officiellement lors de la semaine de l’Océan, tenue au Cap Vert, du 4 au 6 novembre 2025.
Il vise à préserver les écosystèmes marins, à maintenir les moyens de subsistance et à favoriser une croissance économique inclusive dans les pays éligibles.
Plus concrètement, il va s’attaquer aux défis régionaux urgents, en l’occurrence la pêche illégale, non déclarée et non réglementée, l’érosion côtière, la pollution marine et le sous-financement, en renforçant la coordination, en promouvant les investissements durables et en restaurant les écosystèmes marins et côtiers en péril.
Barthelemy Jean Auguste Batieno, coordonnateur régional du WASOP à l’IUCN PACO, a, dans un courriel, expliqué à Mongabay : « Nous lançons des appels à projets compétitifs pour identifier et financer des initiatives locales à fort impact. L’objectif est de soutenir l’ingéniosité des acteurs de terrain. La stratégie de mise en œuvre consistera à cibler les projets portés par les communautés locales ou les organisations de la société civile. Nous veillons à une répartition équitable des financements entre les pays éligibles ».
Ces appels à projets cibleront des problématiques locales de résiliences côtières, mais également de soutien à la création de revenus pour les communautés côtières. Les ONG bénéficiaires intégreront une communauté d’apprentissage dédiée à l’analyse des facteurs de succès des initiatives, depuis la conception des appels à projets jusqu’à l’évaluation des résultats.

Trois piliers
Le WASOP s’articule autour de trois piliers : la première porte sur la gouvernance des océans et vise à réduire considérablement la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN), afin de soutenir une croissance économique durable, de préserver la biodiversité et d’améliorer le bien-être des communautés côtières, pour les générations futures.
Le deuxième pilier vise à promouvoir une économie bleue durable, à travers la mise en place d’un mécanisme d’assistance technique accessible aux institutions publiques et privées, nationales et régionales, le financement des projets pilotes dans le domaine de l’économie bleue durable, grâce à un appel à propositions doté d’un budget de 10 millions d’euros (11,6 millions USD), en soutenant les initiatives locales présentant un fort potentiel de reproduction ou d’extension.
Quant au troisième pilier, il s’articule autour de la protection et de la restauration des écosystèmes marins et côtiers.
Il est mis en œuvre par différents partenaires techniques de l’Union européenne, parmi lesquels le Central and West Africa Regional Programme (PACO) de l’Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN). Ce pilier vise concrètement à développer des outils scientifiques, de gestion et de financement innovants pour une gestion efficace des aires marines protégées (AMP).
Il entend aussi soutenir la création d’un réseau régional représentatif, cohérent et opérationnel d’AMP, afin d’aider les pays d’Afrique de l’Ouest à atteindre les objectifs mondiaux de biodiversité 30×30. Il vise surtout à soutenir la participation des acteurs et des communautés locales à la conservation de la biodiversité.
Le Collectif 5 Deltas et le Collectif Golfe du Bénin, soutenus par l’ONG Eclosio, interviendront directement auprès des communautés côtières et des usagers des différents écosystèmes marins et littoraux.

Consolider les initiatives locales
Dans un courriel à Mongabay, Fanny Bordarier, coordonnateur régional Afrique de l’Ouest d’Eclosio, a dit, au sujet de l’implication de ces collectifs dans la mise en œuvre du projet, que « leur présence de terrain et leur proximité avec les réalités locales constituent un atout essentiel pour la mise en œuvre du projet ». « Grâce au soutien institutionnel et technique qui leur est accordé, ainsi qu’au renforcement de leurs feuilles de route pour un soutien aux dynamiques sous-régionales de partenariat pour la conservation marine, les communautés bénéficieront d’un accès élargi à des ressources, des compétences et des appuis mieux structurés. Cela permettra de consolider les initiatives locales et d’accroître l’impact des actions menées en faveur de la conservation et de la gestion durable ».
Environ 100 millions de personnes vivent dans les 13 pays côtiers d’Afrique de l’Ouest couverts par le WASOP, et 12 millions de personnes vivent directement de la mer grâce aux activités portuaires de pêche et de tourisme.
Environ 56 % du PIB de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) dépend des secteurs liés à l’océan. Près de 40 % des stocks halieutiques sont déjà surexploités ou épuisés dans la région. Et la pêche illicite, non déclarée et non réglementée coûte à l’Afrique de l’Ouest environ 2,3 milliards USD par an.
L’érosion côtière au Bénin, en Côte d’Ivoire, au Sénégal et au Togo progresse à un rythme moyen de 1,8 mètre par an, ce qui coûte jusqu’à 3,8 milliards USD par an. La Stratégie africaine pour l’économie bleue (ABES) estime la valeur actuelle de l’économie bleue, pour le continent africain, à environ 296 milliards USD, avec un potentiel d’environ 405 milliards USD d’ici à 2030 et d’environ 576 milliards USD d’ici à 2063.
Image de bannière : Un homme est assis devant une maison délabrée à Chorkor, une banlieue d’Accra, témoignant des effets de l’érosion côtière. La fonte des calottes glaciaires et la dilatation des océans due au réchauffement climatique entraînent une poussée de la mer vers le littoral ghanéen. Image de Ernest Ankomah Frimpong via Wikimédia Commons (CC BY-SA 4.0).
FEEDBACK : Utilisez ce formulaire pour envoyer un message à l’éditeur de cet article. Si vous souhaitez publier un commentaire public, vous pouvez le faire au bas de la page.