L’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) rapporte qu’un écogarde a perdu la vie, la nuit du 29 au 30 avril 2026, dans une attaque attribuée aux rebelles ADF-MTN, dans la Réserve de faune à Okapis, à l’est de la République démocratique du Congo (RDC).
Dans son communiqué de ce jour, la direction nationale de l’ICCN indique que les membres ADF-MTN, un groupe armé d’origine ougandaise, ont pris pour cible la sous-station Nord-Est de cette aire protégée située à Nduye, dans le territoire de Mambasa, dans la province de l’Ituri. Alors que les écogardes menaient leurs activités dans cette région, l’attaque a fait un mort dans leur rang.
« À l’issue de cette attaque, l’écogarde Tandu Koliwa Jean a été lâchement assassiné. Ce vaillant défenseur de la nature est tombé l’arme à la main, pour sauvegarder l’intégrité de ce site du patrimoine mondial face aux forces négatives qui encerclent la région », souligne l’ICCN dans son communiqué publié sur son compte X.
L’ICCN, chargé de la gestion des aires protégées en RDC, regrette la perte d’un écogarde engagé dans la protection de biodiversité. Cette attaque survient quelques mois après la réintroduction de deux okapis mâles au Centre d’éducation et de conservation des Okapis, après l’attaque de 2012 ayant décimé 14 Okapis dans cette réserve.
Cosmas Mayarwindi, activiste environnemental au sein de la Solidarité pour l’étude d’impacts environnementaux et écologiques, une association de défense de l’environnement, condamne cette attaque et appelle le gouvernement à mettre en place des dispositions nécessaires, pour traquer les milices qui déstabilisent la gestion de cette aire protégée.
« Nous condamnons le meurtre du garde forestier. Nous demandons au gouvernement congolais et à d’autres partenaires techniques de prendre des dispositions nécessaires pour la traque de ces groupes armés, afin d’éviter les épisodes d’attaques des écogardes et des espèces sauvages comme en 2012, notamment les okapis », dit Mayarwindi.
« Il est aussi indispensable de mettre fin à cette situation. Quand les communautés locales et les écogardes sont menacées, des okapis et d’autres espèces ne seront pas épargnés », ajoute-t-il, en plaidant pour des stratégies de conservation utilisant des technologies qui intègrent les communautés et les écogardes désireux d’éviter l’activisme des groupes armés.
En RDC, les écogardes deviennent de plus en plus des victimes des menaces des groupes armés. Le 21 mai dernier, deux écogardes du Parc national des Virunga, au Nord-Kivu, avaient perdu la vie dans une attaque au poste des patrouilles à Kamuhororo, sur la côte sud du lac Edouard quelques semaines, après l’attaque du quartier général du Parc national de l’Upemba au Katanga.
Image de bannière : Jean Tandu Koliwa, l’écogarde tué lors d’une attaque des ADF/MTN dans la Réserve de faune à okapis en RDC. Image de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN).