En Afrique, plusieurs approches participent de plus en plus à la restauration des paysages dégradés, notamment la plantation d’arbres, la régénération naturelle, la restauration des sols et de l’eau et une meilleure gestion des terres.
C’est ce qui ressort du rapport 2026 sur l’État des forêts du monde, publié le 28 septembre par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).
Au Kenya, par exemple, 2 584 hectares de pâturages dégradés sont sous restauration dans l’écosystème Amboseli-Chyulu, au sud du pays. Des ouvrages creusés en forme de demi-lune, une technique permettant de recueillir et de conserver l’eau dans le sol, favorisent la régénération naturelle des herbes.
Selon la FAO, cette technique a déjà permis d’« améliorer l’humidité des sols et favoriser le retour d’herbes indigènes et de la faune ». Des femmes masaï ont également créé des banques de semences qui produisent des semences fourragères et du foin pour nourrir le bétail et générer des revenus, dit l’organisation.
Au Burkina Faso et au Niger, dans le cadre de la Grande Muraille Verte, une initiative africaine de restauration des terres dégradées, les communautés participent à la définition des zones et des actions à mener pour restaurer 100 000 hectares de terres. Ces actions sont inscrites dans les plans de développement des communes.
Selon la FAO, la participation des communautés à la conception des plans et au choix des actions « améliore leur adoption et leur entretien ».
Dr Pa Aï Vivien Nenwala, chercheur à l’Institut de recherche agricole pour le développement (IRAD) du Cameroun, qui n’a pas participé au rapport de la FAO, pense que l’intégration des projets dans les plans de développement des communes est un facteur de réussite.
« Un projet de restauration qui ne rapporte rien aux habitants est voué à l’échec dès que les ONG s’en vont. Quand une communauté tire un bénéfice économique direct de la gestion durable de ses terres, que ce soit par la vente de semences, le fourrage ou les produits forestiers non ligneux, elle devient le premier gardien de son environnement », dit Nenwala à Mongabay, par téléphone.
Au Sénégal, le long du fleuve Sénégal, 12 hectares d’anciennes rizières abandonnées sont en cours de restauration pour redevenir une zone humide fonctionnelle. Des femmes sont associées à la gestion et à l’utilisation durable de la zone restaurée.
Selon la FAO, ce projet doit permettre de restaurer les habitats et la biodiversité, tout en générant des revenus pour les femmes. « Pour démultiplier ces impacts partout sur le continent, il faut également faciliter l’accès des petites communes aux financements climat », dit Nenwala.
Image de bannière : La dégradation des terres causée par le changement climatique et les activités humaines. Image de Bizzjohn via Wikimédia Commons.