Un okapi adulte (Okapia johnstoni) a été sauvé dans un collet en acier à Bongongo, dans la province du Bas-Uélé en RDC.
Selon l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN), le sauvetage de l’animal apporte une nouvelle preuve de la présence de l’espèce dans la Réserve de chasse de Rubi-Télé, une aire protégée de 11 000 kilomètres carrés, créée en 1930, situé au Nord-Est de la RDC.
L’animal a été découvert lors d’une patrouille de surveillance des écogardes de l’ICCN, menée dans le secteur de Bongongo, dans le territoire de Buta. Légèrement blessé à une patte, il a été libéré du piège puis pris en charge par les équipes de l’ICCN.
Dans un rapport début septembre consacré à l’intervention de ses écogardes consulté par Mongabay, l’ICCN considère cette observation comme une confirmation de la présence de l’okapi à Rubi-Télé, une région où les données sur la faune restent limitées.
« Le sauvetage de cet Okapi constitue une donnée particulière importante pour la conservation dans le paysage de Rubi-Télé. Cette situation rappelle également la nécessité de renforcer la surveillance, de lutter contre les pratiques de chasse non sélectives et de poursuivre les actions de conservation avec les partenaires et les communautés locales », indique l’ICCN dans son rapport.
Dans une réponse écrite à Mongabay, Adams Cassinga, directeur exécutif de Conserv Congo, une organisation basée au Nord-Kivu et intervenant dans la lutte contre le trafic illégal d’espèces sauvages, pense que la présence de cet okapi doit pousser à renforcer les inventaires de la faune, les patrouilles et la surveillance en associant davantage les communautés locales aux initiatives de conservation.
« Le fait que cet animal ait été pris dans un collet montre surtout les risques auxquels la faune est exposée. Cet événement doit donc être considéré comme un signal d’alerte et comme un point de départ, pour mieux connaître et protéger Rubi-Télé », explique-t-il.
L’okapi, une espèce menacée d’extinction, bénéficie d’une protection légale stricte en RDC.
Joint au téléphone, Jonas Nyumu, chercheur au sein de Solution for Wild, (SOWILD), une association communautaire basée à Kisangani dans l’est du pays, accompagnant les communautés locales et les peuples autochtones dans la gestion des ressources forestières, estime que la découverte doit également conduire à une meilleure application de la loi sur la conservation de la nature.
« L’okapi est une espèce totalement protégée par la loi. Il est donc interdit de le tuer, de le transporter, de le vendre ou encore de le consommer. Il est important que les écogardes renforcent les patrouilles et le monitoring pour détecter les infractions, mais aussi qu’ils sensibilisent les communautés sur le statut particulier de l’okapi », souligne-t-il.
Image de bannière: L’okapi sauvé d’un piège à Rubi-Télé, au Bas-Uélé, en RDC. Image de ICCN.