Selon l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN), les hippopotames, retrouvés sans vie dans la rivière Semuliki, au sein du Parc national des Virunga à l’est de la République démocratique du Congo (RDC), sont morts de la maladie du charbon.
« Suite à son communiqué du 24 septembre 2026, la Direction provinciale de l’ICCN, au Nord-Kivu, informe les populations riveraines que les analyses, réalisées conjointement par ses équipes et par les docteurs vétérinaires de Virunga Doctors, ont confirmé que la mort des hippopotames, retrouvés dans la rivière Semuliki, est due au charbon bactéridien (anthrax) », indique l’ICCN dans un communiqué publié, mardi dernier.
L’ICCN rassure de la mise en place d’un protocole sanitaire pour limiter la propagation de cette maladie tout en appelant les habitants à la prudence en évitant de toucher les carcasses et de commercialiser la viande de brousse, pour prévenir la propagation de cette maladie. Le Parc des Virunga encourage l’implication des communautés locales et les relais communautaires, pour barrer la route à la programmation de cette maladie.
« Cette maladie peut se transmettre à l’être humain par le contact avec un animal mort ou malade, ou par la consommation de sa viande. Ne pas toucher, déplacer, découper, enterrer, ni brûler les carcasses. Ne pas consommer, acheter, vendre, ni transporter la viande d’un animal trouvé mort ou malade. Eloigner les enfants, le bétail et les animaux domestiques des carcasses et éviter d’utiliser l’eau à proximité », souligne l’ICCN dans son communiqué.
« Signaler immédiatement toute nouvelle carcasse ou toute mortalité inhabituelle aux autorités locales, aux services vétérinaires, aux relais communautaires ou aux agents de l’ICCN. Consulter sans délai une structure de santé en cas de symptômes, après un contact avec un animal mort ou malade, ou après avoir consommé une viande suspecte », précise le communiqué.
Selon Méthode Uhoze, chargé des relations extérieures du parc, le bilan est de vingt-deux hippopotames morts, mais les fouilles se poursuivent. « Nous invitons les habitants à ne pas consommer la viande de brousse. Les personnes en contact avec les animaux domestiques doivent prendre soin de ces derniers pour éviter leur contamination à travers les herbes broutées ou les excréments des hippopotames », dit-il au téléphone à Mongabay, tout en appelant les habitants au dépistage volontaire en cas de symptômes de cette maladie.
Jöel Mbusa Mapoli, zooécologiste basé à Goma, appelle le parc à intégrer les principes « une seule santé » et à mettre en place un système d’alerte communautaire dans les politiques de conservation, pour lutter durablement contre la maladie du charbon.
Image de bannière: L’un des hippopotames retrouvés mort dans la rivière Semuliki, au sein du Parc national des Virunga en RDC. Image de Parc national des Virunga.