Plusieurs carcasses d’hippopotame ont été découvertes dans la rivière Semuliki, au sein du Parc national des Virunga, au Nord-Kivu, à l’est de la République démocratique du Congo (RDC).
Dans un communiqué diffusé le 24 septembre 2026, l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) précise que la maladie à l’origine de cette mortalité reste inconnue, appelant par la même voie, en collaboration avec les autorités sanitaires, les populations riveraines à la vigilance.
Les gestionnaires de ce parc exhortent les habitants à ne pas toucher les carcasses, ni commercialiser leur viande, et éviter de se servir de l’eau à proximité des animaux morts. « Cette situation appelle à une vigilance particulière, notamment en raison de l’épisode de charbon bactéridien (anthrax) enregistré en avril 2025, dans la zone du lac Édouard. À ce stade, la cause de la mort des hippopotames n’est pas encore établie. En attendant les résultats des analyses, la population est invitée à rester calme et vigilante, ainsi qu’à observer ces mesures de précaution, qui restent en vigueur jusqu’à la communication de nouvelles directives », indique le communiqué.
Ces nouveaux décès d’hippopotame surviennent un mois après qu’un cas d’anthrax a été confirmé, dans l’enclave de pêche de Vitshumbi, le 14 août 2026, par la Zone de santé de Kibirizi, après la découverte de la carcasse d’un hippopotame, le 8 août.
Pour Jöel Mbusa Mapoli, zooécologiste et enseignant à l’université pour la conservation de la nature et le développement de Kasugho, basée à Goma, la résurgence de ces maladies soulève des questions sur la gestion des cadavres d’animaux liés à la maladie du charbon.
« Parmi les régulateurs de faune sauvage, il y a des maladies dont la plupart sont des zoonoses graves, notamment le charbon pour les grands mammifères. Dans le protocole de suivi de cette maladie, il n’est pas conseillé d’enterrer, mais plutôt de brûler. Et l’endroit où l’incinération est faite, on doit le cadrer et éviter que d’autres animaux y pénètrent », dit-il au téléphone à Mongabay.
« De préférence, on écrirait ‘’champ maudit’’. Je ne dis pas que c’est du charbon, mais en attendant que les résultats du laboratoire soient diffusés et que cela soit vérifié, on doit s’interroger sur la gestion des autres cadavres. Si ceux-ci étaient mal gérés, ce qui a constitué les nouveaux foyers de contamination ; là, les animaux du parc seraient exposés aux risques de contamination si et seulement s’il s’agit encore de la maladie du charbon. Face à cette zoonose, les mesures d’hygiène prescrivent d’incinérer les cadavres d’hippopotame, et l’endroit qui a servi à l’incinération doit être cadré. Cela veut dire que s’ils sont inhumés, ils constitueront de nouveaux foyers de maladies », souligne-t-il.
Image de bannière: Les carcasses des hippopotames observées dans la rivière Semuliki, en RDC. Image du Parc national des Virunga.