Le gouvernement gabonais, en collaboration avec The Nature Conservancy (TNC) et le partenariat international Enduring Earth, a officiellement lancé, le 1ᵉʳ septembre 2026, une initiative baptisée « Gabon Infini », visant à mobiliser jusqu’à 200 millions USD sur dix ans pour financer la conservation et des investissements au profit des communautés. « Nous voulons valoriser nos ressources naturelles, en plaçant les populations et les communautés au cœur du développement », a déclaré le vice-président gabonais, Herman Immongault, dans le communiqué de TNC publié sur son site web.
L’objectif est également, selon le communiqué, d’aider le Gabon à atteindre l’objectif de conservation dénommé « 30x30x30 », consistant à protéger 30 % de ses écosystèmes terrestres, 30 % de ses écosystèmes d’eau douce et 30 % de ses écosystèmes marins d’ici à 2030. L’initiative entend également générer des bénéfices économiques durables pour les communautés vivant autour des zones protégées du bassin du Congo, et créer 3,7 millions d’hectares supplémentaires de zones protégées terrestres, tout en améliorant la gestion d’environ 3,8 millions d’hectares déjà protégés.
Avec 88 % de son territoire couvert de forêts tropicales, ainsi que d’importantes tourbières et zones humides, le Gabon constitue un maillon écologique majeur du bassin du Congo. Ses écosystèmes stockent d’importantes quantités de carbone et contribuent à la régulation du climat et des précipitations à l’échelle régionale. Le pays abrite également plus de la moitié des éléphants de forêt encore présents dans le monde, et près d’un quart des gorilles des plaines occidentales survivants.
« Ces potentialités naturelles offrent également une protection contre certains risques climatiques, notamment les inondations et les sécheresses », explique à Mongabay Ademola Ajagbe, directeur général régional de TNC pour l’Afrique. Les activités de TNC au Gabon couvrent notamment la promotion d’une pêche durable et le développement des énergies renouvelables, tout en soutenant les efforts du pays pour renforcer la protection de ses forêts, de ses écosystèmes d’eau douce et de ses espaces marins.
Avec ses quelque 800 kilomètres de côte atlantique, le vaste bassin de l’Ogooué, ses savanes et ses tourbières, le Gabon entend également faire de sa biodiversité un pilier du développement national. Christine Yasmine Tchoua, directrice générale du Fonds de préservation de la biodiversité au Gabon, gestionnaire de cette nouvelle initiative, affirme que les fonds devront être alloués pour soutenir des actions concrètes à fort impact.
Image de bannière : Un Okoumé du Gabon vieux de 78 ans, menacé par les riverains. Image de Benjamin Evine Binet pour Mongabay.