Le ramassage d’une quantité importante de déchets plastiques, en une seule journée, tout en sensibilisant le public, a connu un grand succès, le samedi 19 septembre dernier, à Cotonou, au Bénin.
Initié et lancé par deux activistes environnementaux, Anas Séko, 29 ans, stratège en communication environnementale, et Fèmi MD, 30 ans, influenceuse polyvalente à forte audience digitale sur Tik Tok, « Challenge 10H de collecte de déchets », a permis de collecter environ 300 kilogrammes de déchets plastiques, sans arrêt, sur environ six kilomètres, dans deux quartiers de la conurbation Cotonou-Sèmè-Kpodji, vulnérables à la pollution plastique, malgré les interventions de la Société de gestion des déchets et de la salubrité (SGDS).
Ayant mobilisé de nombreux bénévoles âgés de 18 à 25 ans et habillés en tee-shirts griffés aux couleurs de l’initiative, ce défi environnemental a pour objectif de lutter contre la pollution plastique et de sensibiliser pour l’éveil des consciences autour de la protection de l’environnement. « Notre but est de sensibiliser pour que nos villes soient propres, afin de vivre dans un environnement plus sain », déclare Fèmi MD, challenger associée.
Selon les initiateurs, le challenge relayé en temps réel sur les réseaux sociaux, pendant les dix heures de collecte, vient compléter les limites dans la couverture et la continuité des services de collecte associées à l’absence de la culture de l’usage des poubelles et la production accrue de déchets plastiques, qui entraînent encore leur accumulation dans les espaces publics, les caniveaux et les rues.
« Ce qui fait la particularité de ce challenge, c’est la caractérisation des déchets qui l’accompagne, pour produire des données réelles et exploitables sur la nature et la composition de la pollution à Avotrou-Kpakpakanmè », explique Cédric Montcho, responsable projet et bénévole.
Les résultats de l’audit des déchets collectés indiquent une dominance des sachets d’eau et des sachets d’emballage. « Les hypothèses peuvent orienter vers l’absence de points d’eau et l’habitude de jeter les déchets dans les poubelles de collecte, mais aussi le comblement des caniveaux qui bouchent l’écoulement des eaux de pluie, et une interprétation des problèmes de maladies infectieuses et même cancéreuses auxquelles les populations sont exposées », souligne Auriane Tiéta, technicienne junior en hydraulique et assainissement, et bénévole sur le challenge.
« Ces premières données permettent de comprendre qu’il y a un besoin d’information et de sensibilisation, en mettant l’accent sur les cas de cancer, que peuvent créer l’utilisation des sachets plastiques et leur éparpillement dans la nature après usage », explique Céline Amoussou, activiste environnemental, technicienne junior en hydraulique et assainissement, bénévole sur le challenge.
Image de bannière : Les participants lors du mouvement autour de la question des déchets dans la ville de Cotonou au Bénin, porté Anas Seko, en collaboration avec Fèmi MD. Image fournie par Virgil Houessou.