Huit autruches d’Afrique du Nord (Struthio camelus camelus), dont cinq femelles et trois mâles, en provenance des localités de Zinder et de Diffa, au sud et au sud-est du Niger, ont été relâchées dans la Réserve de biosphère de Gadabedji, située au centre du pays, selon un communiqué de presse diffusé par l’ONG américaine Sahara Conservation.
L’opération, menée le 2 septembre dernier par cette organisation, symbolise le retour d’une espèce disparue de son milieu naturel il y a un peu plus de 20 ans, à cause de la chasse et du braconnage de ses œufs.
La Réserve de Gadabedji est confrontée à de longues sécheresses marquées souvent par des feux de brousse, accompagnées d’une rareté de ressources alimentaires pour la faune sauvage. Pour garantir la protection de ces oiseaux géants, l’ONG Sahara Conservation envisage en priorité de les protéger des feux de brousse. Ce qui, selon Ibrahim Maimounatou Mamadou, responsable des sites d’autruches de Sahara Conservation, dans un courriel à Mongabay, devra se faire « à travers la mise en place de pares-feux, afin de réduire autant que possible cette menace et de préserver les ressources naturelles disponibles dans la réserve ».
Elle précise que les bandes de pares-feux se font sur des kilomètres, précisément sur toute la longueur de la réserve et sur une largeur de 15 à 20 mètres, avec la contribution des communautés chargées de labourer manuellement et de nettoyer les bandes.
Sahara Conservation soutient également que pour garantir le succès de cette réintroduction, il s’agit de renforcer la mise en œuvre effective du zonage de la réserve, afin de mieux concilier la conservation de la faune, les activités pastorales et une utilisation durable des ressources naturelles.
L’écologiste quantitativiste américaine, Shannon Boudreaux, chercheuse au San Diego Zoo Wildlife Alliance aux États-Unis, abonde dans le même sens. « Outre les évaluations de l’habitat et du paysage, il est également important de bien comprendre les autres activités socio-économiques et humaines susceptibles d’avoir un impact sur la zone où les animaux sont réintroduits », a-t-elle dit à Mongabay par courriel.
Au Niger, l’autruche d’Afrique du Nord bénéficie d’un statut de protection intégrale, et est inscrite à l’Annexe I de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES).
Image de bannière : Opération de réintroduction des autruches d’Afrique du Nord, dans la Réserve de biosphère de Gadabedji, située au centre du Niger, sous la conduite de l’ONG américaine Sahara Conservation. Image de Sahara Conservation, avec l’aimable autorisation de Julie Martin, responsable de la communication de cette ONG.