Une étude, menée entre 2012 et 2025, par un groupe de chercheurs camerounais, indique que 61 % du territoire du Cameroun est vulnérable au changement climatique.
Selon les explications du Professeur Mesmin Tchindjang, l’un des auteurs de l’étude, « les zones les plus vulnérables sont situées le long de la côte, notamment Douala et Limbé, du fait de la mousson atlantique et de la forte pluviométrie.
A cela, s’ajoutent l’Extrême-Nord à cause de la sécheresse et des inondations, les Hautes-Terres des Grassfields à l’Ouest du fait de la forte densité des populations et de la dégradation de la végétation, constituant la troisième zone écologique la plus fragile, et enfin la région du Centre, notamment Yaoundé, et la région du Sud avec Ebolowa.
Enseignant-chercheur à l’université de Yaoundé I, il précise que les zones modérément vulnérables comprennent la région du Nord à Garoua, la région de l’Adamaoua autour de Ngaoundéré, ainsi que certaines parties des régions du Centre et du Sud. « Sur la base de cette analyse spatiale, on peut affirmer que plus de 61 % du territoire du Cameroun est vulnérable au changement climatique », a-t-il déclaré.
D’après donc l’étude publiée en juillet dernier dans la revue Intechopen, le Cameroun est un pays à risque, du point de vue du changement climatique.
L’étude révèle aussi que la population développe une forte capacité d’adaptation de 81% au changement climatique.
Interrogé, Dr Thierry Fotso-Nguemo, chef du Laboratoire de recherche sur les changements climatiques de Yaoundé, pense que cette étude peut donc aider les décideurs à mieux cibler les investissements visant à réduire les risques dans les secteurs les plus vulnérables comme l’agriculture, la gestion des ressources en eau, l’aménagement du territoire, etc.
Comme alternatives pour réduire les impacts de ce changement climatique, le Professeur Tchindjang propose des solutions par zone agroécologique. « Dans l’Extrême-Nord, il faut qu’on plante beaucoup d’arbres utiles pour les populations locales. Dans la zone côtière, notamment Douala et Limbé, les populations doivent quitter les zones de forte pente et les zones proches de la mer. Il faut construire des canalisations avec des dimensions adaptées de 3 à 4 mètres de largeur au moins, et à bonne profondeur pour diriger les eaux en furie vers des exutoires ou vers la mer. Il faut intensifier le reboisement sur l’ensemble du pays, éduquer les populations et les préparer à affronter des catastrophes », a-t-il souligné.
Image de bannière : La sécheresse à l’Extreme Nord Cameroun. Le changement climatique affecte cette zone du pays. Image de Bile rene via Wikimédia Commons.