Un article met en évidence le rôle écologique déterminant de l’éléphant de forêt (Loxodonta cyclotis) en matière de stockage du carbone dans le bassin du Congo, le deuxième plus grand poumon vert de la planète. L’article, publié le 11 août 2026, par le Fonds mondial pour la nature (WWF), sur son site internet, les décrit comme des « architectes de la forêt tropicale ». Car, en se déplaçant et en se nourrissant, « les éléphants transportent des graines, parfois sur de longues distances, qu’ils déposent dans leurs excréments riches en nutriments », favorisant ainsi « la germination de nombreuses espèces d’arbres et la croissance des forêts denses là où ils se nourrissent ».
« Par conséquent, les forêts abritant des éléphants peuvent stocker davantage de carbone aérien que les forêts qui en sont dépourvues », ajoute l’organisation. Mais ce rôle écologique dépend, selon WWF, de la capacité des éléphants à continuer de circuler entre les différentes zones forestières. Or, leurs itinéraires sont de plus en plus perturbés par l’expansion des routes, des mines, des plantations, ainsi que des infrastructures énergétiques qui fragmentent leur habitat et coupent parfois les passages qu’ils empruntent, pour accéder aux zones où ils se nourrissent, trouvent de l’eau ou se reproduisent.
WWF recommande de préserver les corridors permettant aux éléphants de circuler entre les différentes zones forestières, de prendre en compte leurs itinéraires lors de la construction de routes et d’autres infrastructures, et d’éviter que les forêts qu’ils fréquentent ne soient morcelées ou isolées les unes des autres.
Aristide Comlan Tehou, spécialiste béninois de la conservation et membre du Groupe de spécialistes de l’éléphant d’Afrique de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), un réseau international d’experts travaillant sur la conservation des éléphants et de leurs habitats, pense que, contrairement à certains autres grands puits de carbone forestiers, comme l’Amazonie, qui ne possèdent plus de grands herbivores, les forêts d’Afrique centrale ont l’avantage d’abriter l’éléphant de forêt, dont l’action sur la végétation peut contribuer à renforcer le stockage du carbone. « Cette présence constitue un avantage écologique que nous devons préserver. Protéger les corridors de déplacement des éléphants, c’est leur permettre de continuer à jouer ce rôle sur de vastes espaces forestiers, et ainsi maintenir leur contribution naturelle à la séquestration du carbone dans le bassin du Congo », dit Tehou, par téléphone, à Mongabay.
Image de bannière : Des éléphants des forêts d’Afrique (Loxodonta cyclotis). Image de Jean-Paul Boerekamps via Wikimédia Commons.