Près de 400 millions de tonnes de déchets issus des panneaux photovoltaïques pourraient s’accumuler dans le monde d’ici à 2060, selon une étude publiée le 12 août 2026, dans la revue scientifique Nature. Cette accumulation annoncée des déchets solaires pose le problème de leur traitement, mais ouvre également un marché autour de la récupération des matériaux contenus dans les panneaux en fin de vie.
Le recyclage permet, selon les chercheurs, de récupérer des matériaux de valeur comme « le silicium, l’argent et le cuivre ». Pour eux, cette activité, qui n’est pas encore rentable à l’échelle mondiale, devrait atteindre son seuil de rentabilité dans une dizaine d’années, à mesure que les volumes de panneaux arrivant en fin de vie augmenteront et que les technologies de traitement progresseront.
Mais toutes les régions du monde ne disposent pas des mêmes capacités pour profiter de cette future économie du recyclage. L’étude met notamment en évidence les difficultés des régions à faible revenu, y compris l’Afrique, où les infrastructures et les technologies nécessaires au traitement des panneaux photovoltaïques restent limitées.
Les techniques disponibles en Afrique, indique l’étude, reposent encore largement sur des procédés mécaniques ou des circuits informels, qui ne permettent pas nécessairement de récupérer efficacement les matériaux ayant plus de valeur.
Cette faiblesse des capacités locales pourrait conduire les pays africains à dépendre d’installations de recyclage situées dans d’autres régions, réduisant ainsi les bénéfices économiques liés à la récupération des matériaux. Pour éviter que l’Afrique soit en marge de cette nouvelle économie circulaire, les chercheurs préconisent le développement de capacités locales de recyclage, soutenu par le transfert de technologies et des financements internationaux.
Ursula Doriane Dountio Saha, ingénieure indépendante en énergie renouvelable camerounaise, explique à Mongabay que le véritable enjeu pour l’Afrique est d’éviter de reproduire avec le solaire les erreurs observées dans d’autres secteurs technologiques, où le continent a souvent importé des équipements sans transfert suffisant de technologies et de compétences. « Il y a encore quelques années, dans certains pays, des industries restaient longtemps à l’arrêt dans l’attente de l’arrivée de techniciens étrangers capables d’assurer leur maintenance », dit Dountio Saha. « Dans le secteur agricole, des tracteurs et d’autres machines importées ont parfois été immobilisés, faute de pièces de rechange ou de compétences locales pour les réparer. Le développement du solaire doit anticiper cette question dès maintenant, en construisant localement les compétences nécessaires pour maîtriser leur maintenance et les technologies permettant leur recyclage », précise-t-elle.
Image de bannière : Un commerçant entretient ses trois panneaux photovoltaïques, à Lumbwe en RDC. Image de Willy Mbuyu pour Mongabay.