Le ministère des Forêts et de la faune (MINFOF) du Cameroun a ordonné un recensement des plantations cacaoyères présentes dans les forêts protégées du pays. Ce recensement fait suite à des signalements de la société civile faisant état de plantations de cacao dans des forêts classées et des forêts communautaires, selon une note ministérielle en date du 24 juillet 2026 et rendue publique le 30 juillet dernier, dont Mongabay a eu copie.
Cette note signée par le secrétaire général du ministère, Joseph Nyongwen, demande aux délégués régionaux des Forêts et de la faune des régions du Centre, de l’Est, du Littoral, de l’Ouest et du Sud du pays de recenser et de caractériser les plantations de cacao situées aussi bien dans les forêts protégées de l’État relevant du domaine forestier permanent que dans les autres espaces appartenant au domaine forestier non permanent, notamment les forêts communautaires et les zones pouvant être affectées à des usages agricoles. Ces responsables régionaux devront ensuite transmettre un état détaillé de chaque site identifié comprenant les coordonnées géographiques précises GPS de chaque plantation, sa localisation administrative, le statut juridique des espaces concernés, ainsi que les documents de gestion applicables.
Au-delà de la réponse aux préoccupations environnementales locales, cette démarche gouvernementale répond, selon Nyogwen, à des enjeux commerciaux majeurs sur la scène internationale. Cet inventaire permettra de « renforcer les éléments attestant de la légalité des plantations de cacao, afin de répondre aux exigences du marché européen, notamment celles du Règlement de l’Union européenne sur les produits exempts de déforestation (RDUE) », indique la note ministérielle. Le Cameroun veut par la même occasion mettre à jour son atlas forestier interactif développé en partenariat avec World Resources Institute (WRI), une organisation internationale qui accompagne les pays dans la gestion durable des forêts et des ressources naturelles.
« Nous espérons que les communautés seront associées au recensement. Nous ne voulons pas seulement voir arriver des équipes avec des GPS ; il faut aussi écouter les habitants qui connaissent l’histoire des terres », a dit à Mongabay, Victor Yetina, chef du village NdikBassogog, situé dans la forêt d’Ébo, l’un des plus importants massifs forestiers de la région du Littoral camerounais, couvrant près de 1 500 km².
La note ministérielle ne fixe aucune échéance pour l’achèvement du recensement. Elle demande aux services concernés de le réaliser « dans les meilleurs délais ».
Image de bannière : Cabosses de cacao à Tayap dans le centre du Cameroun. Image de Eric Freyssinge via Wikimédia Commons (CC BY 2.0).