En trois mois, l’épidémie d’Ebola a enregistré 3 973 cas confirmés et 1 801 décès à l’est de la République démocratique du Congo (RDC) et en Ouganda, selon les derniers chiffres communiqués le 6 août 2026 par le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC). Le nombre de cas confirmés est désormais près de six fois supérieur à celui enregistré lors de l’épidémie historique ayant frappé l’Afrique de l’Ouest entre 2013 et 2016, selon l’agence de santé publique autonome de l’Union africaine.
L’ampleur de cette épidémie révèle, pour la première fois, la gravité de la situation, et nous oblige à repenser nos stratégies de réponse, afin d’apporter une riposte plus efficace et mieux coordonnée », a déclaré Dr Jean Kaseya, directeur général d’Africa CDC, lors d’un point de presse, le 06 août 2026 en ligne.
Selon Kaseya, les chiffres disponibles ne donnent qu’un aperçu partiel de l’ampleur réelle de l’épidémie dans l’est de la RDC. Dans les zones rurales et les villages isolés, parmi les plus durement touchés, de nombreux cas pourraient encore échapper aux systèmes de surveillance, en raison des difficultés d’accès et des contraintes opérationnelles.
Africa CDC et ses partenaires ont défini sept priorités pour accélérer et renforcer la réponse : la réponse communautaire, la promotion de l’accès gratuit aux soins médicaux, l’amélioration des conditions de travail du personnel de santé, la transformation numérique de la riposte, la réouverture des écoles d’ici à septembre 2026, la coordination des interventions sanitaires et humanitaires ainsi que le renforcement de la coopération transfrontalière, pour promouvoir une coordination efficace fondée sur la transparence et la responsabilité.
Pour Kaseya, une approche centrée sur les communautés permet de renforcer la surveillance participative, d’améliorer la confiance entre les populations et les équipes sanitaires. Par exemple, au niveau des 6 542 villages de l’Ituri dans l’est de la RDC, les acteurs locaux seront mobilisés en vue d’accompagner les familles dans l’organisation des inhumations sûres et dignes, de promouvoir le dépistage précoce des personnes présentant des symptômes et de renforcer l’adhésion aux mesures d’isolement en cas de besoin.
Les responsables des Centres africains de contrôle et de prévention des maladies rappellent la nécessité d’une réponse fondée sur l’approche « Une seule santé » (One Health) basée sur l’interdépendance de la santé humaine, animale et environnementale, selon l’OMS ; car la dégradation des écosystèmes peut favoriser l’apparition et la transmission de maladies de l’animal à l’être humain.
Image de bannière : Préparation à l’entrée dans une unité de traitement Ebola. Image de Athalia Christie via Wikimédia Commons (CC BY 2.0).