Coalition for Cruelty Free Africa (CFCF), une organisation panafricaine de protection animale, appelle les autorités éthiopiennes à renoncer à un projet d’abattage de babouins au Parc national de Nech Sar, en Éthiopie. L’abattage est envisagé pour répondre aux conflits entre les populations locales et la faune sauvage. Dans un communiqué publié le 1ᵉʳ août 2026, l’organisation affirme que « tuer la faune sauvage n’est pas une solution durable », demande aux autorités éthiopiennes de suspendre tout projet d’abattage et de collaborer avec les scientifiques, les communautés locales et les organisations de protection animale pour mettre en œuvre « des solutions humaines, fondées sur des preuves, qui favorisent une coexistence pacifique ».
La coalition rappelle que les primates occupent une place essentielle dans les écosystèmes et rejette toute solution reposant sur leur élimination. « Les primates sont des êtres intelligents et sociaux qui jouent un rôle vital dans le maintien d’écosystèmes sains. Ils ne sont pas le problème : ils font partie de notre patrimoine naturel », souligne le communiqué.
Reconnaissant les difficultés auxquelles sont confrontées les populations vivant à proximité de la faune sauvage, la CFCF estime néanmoins que les réponses doivent être fondées sur la prévention plutôt que sur la destruction des animaux. Elle recommande comme solution le recours à des moyens de dissuasion non létaux, la protection des habitats, ainsi que des investissements dans la prévention des conflits, afin de protéger à la fois les populations et la biodiversité.
Le professeur Eric Bertrand Fokam, chef du Département de biologie animale et de conservation de l’université de Buéa, au Cameroun, explique à Mongabay qu’en matière de conservation, « l’abattage d’animaux sauvages constitue une mesure de dernier recours, et ne devrait être envisagé que lorsque des vies humaines sont directement menacées ou qu’aucune autre solution efficace » n’est disponible. « La priorité devrait être de protéger à la fois les moyens de subsistance des communautés locales et la biodiversité. Des mesures, telles que les clôtures électriques, la surveillance des cultures, les dispositifs d’effarouchement et une meilleure planification de l’utilisation des terres, pour limiter les contacts entre les humains et les babouins, sont souvent plus efficaces à long terme », ajoute Fokam.
Selon l’Ethiopian Biodiversity Institute (EBI), l’organisme public chargé de la recherche sur la biodiversité en Éthiopie, le pays abrite notamment le babouin hamadryas (Papio hamadryas) et le babouin olive (Papio anubis), une espèce qui joue un rôle important dans les écosystèmes.
Image de bannière : Un babouin au bord de la route reliant Djibouti à Addis-Abeba. Image de Ji-Elle via Wikimédia Commons (CC BY 2.0).