Le Cameroun « abandonne progressivement le modèle d’un calendrier agricole unique au profit de calendriers agricoles adaptés aux principales zones agroécologiques du pays. Ces calendriers s’appuient sur les prévisions climatiques pour permettre aux agriculteurs de choisir les périodes optimales de semis, les cultures les plus adaptées à leur environnement et les pratiques culturales les plus appropriées, afin de limiter les pertes liées aux sécheresses, aux pluies irrégulières et aux inondations », explique le directeur général adjoint de l’Observatoire national sur les changements climatiques (ONACC), l’ingénieur Forghab Patrick Mbomba, à Mongabay, le 3 août 2026.
Ces calendriers agricoles sont élaborés par l’ONACC, l’organisme public d’observation climatique, en collaboration avec le ministère camerounais de l’Agriculture et du développement rural (MINADER). « L’information climatique joue un rôle central dans la planification des activités agricoles. Si on ne maîtrise pas les prévisions climatiques, il est difficile de bien conseiller les gens », dit Mbomba.
Il explique à Mongabay que l’ONACC publie également des bulletins saisonniers, qui présentent les tendances climatiques pour les trois mois à venir dans les différentes zones agroécologiques du Cameroun, ainsi que des bulletins décadaires diffusés tous les dix jours. « Le climat change. On peut faire une prévision, mais entre-temps les données changent. Ces mises à jour permettent d’ajuster les recommandations en fonction de l’évolution des conditions météorologiques, afin d’éviter que les agriculteurs ne soient confrontés à des situations imprévues », explique-t-il.
L’ONACC fournit des données pour trois grands ensembles agroécologiques. Un premier calendrier couvre sept régions dans la partie sud du Cameroun. Un deuxième est consacré à la région de l’Adamaoua, qui est une région de transition entre le sud et le nord du pays. Le troisième concerne la zone soudano-sahélienne regroupant les régions du Nord et de l’Extrême-Nord du pays, avec un suivi spécifique des risques de sécheresse, d’inondation et de vents violents, en raison de la brièveté de la saison pluvieuse dans cette zone. Pour l’ONACC, cette subdivision marque une rupture avec les pratiques antérieures. « Le dernier calendrier agricole a été élaboré en 1986 », rappelle Mbomba.
« C’est bien pour le producteur d’avoir un calendrier agricole adapté à sa zone agroécologique. Il peut mieux choisir les périodes de semis et améliorer ses rendements grâce à la limitation des pertes dues aux intempéries », dit l’ancienne directrice exécutive de la Confédération nationale des producteurs de cacao du Cameroun, Gérardine Sonkoue, à Mongabay.
Image de bannière : Jeune dame effectuant les travaux de début de moisson, dans une ferme agricole à l’ouest du Cameroun. Image de Sid Mbog via Wikimédia Commons (CC BY 2.0).