Selon un récent article de l’organisation environnementale congolaise Climate Change Africa Opportunities (CCAO) publié sur son site internet, les communautés locales dans la plaine de la Ruzizi, à l’est de la République démocratique du Congo (RDC), ont restauré au total 11 696 hectares de terres, soit l’équivalent d’environ 16 381 terrains de foot, entre 2025 et mars 2026. Il s’agit des terres qui étaient fragilisées par la déforestation, les feux d’origine humaine, l’exploitation minière et le pâturage. Située le long de la frontière avec le Rwanda et le Burundi, la plaine connaissait une baisse de la productivité des sols, une augmentation des risques de glissements de terrain, ainsi qu’une dégradation de la qualité et de la disponibilité de l’eau.
Les communautés locales ont été associées aux différentes étapes de la restauration, notamment à travers les activités de pépinière, de plantation et d’entretien des arbres. Au total, « 278 travailleurs et 192 volontaires ont été mobilisés », parmi lesquels 29 % de jeunes, 61 % de femmes, ainsi que des pépiniéristes et des exploitants locaux, d’après l’article. Celui-ci explique que la communauté a misé sur l’agroforesterie pour restaurer ces espaces, en associant des arbres fertilisants et fruitiers, ainsi que des essences forestières, aux parcelles agricoles. Les arbres fruitiers doivent notamment permettre de développer des activités génératrices de revenus grâce à la production et à la commercialisation des fruits, tout en contribuant à la protection des sols. La campagne, achevée en mars 2026, a permis de mettre en terre « 52 209 arbres », souligne cette publication.
Interrogée, l’ingénieure agronome camerounaise, Gérardine Sonkoué, explique à Mongabay que la restauration de ces 116 96 hectares par l’agroforesterie est particulièrement intéressante, parce que cette méthode ne cherche pas seulement à replanter des arbres, mais à rétablir durablement les fonctions productives des sols. « L’association de ces différentes catégories d’arbres peut contribuer à réduire l’érosion, à améliorer la structure et la fertilité des sols, à favoriser l’infiltration et la rétention de l’eau et, à terme, à augmenter les rendements agricoles », souligne cette ancienne directrice exécutive de la Confédération nationale des producteurs de cacao du Cameroun. « Les projets auxquels les communautés locales sont associées sont à encourager. Il faudra suivre dans les prochaines années le taux de survie des arbres, l’évolution de la fertilité des sols, la réduction de l’érosion et les effets réels sur les rendements agricoles, pour confirmer la réussite de la restauration », dit Sonkoué.
Image de bannière : Une agricultrice récolte des cultures vivrières à Kamanyola, dans la plaine de Ruzizi. Image de Edwin Alden via Wikimédia Commons (CC BY-SA 4.0).