Le village Bessi, situé à 40 kilomètres de Bamenda, la capitale régionale du nord-ouest du Cameroun, est doté d’une mini-centrale hydroélectrique, mise en service, pour la première fois, en juin 2026. L’ouvrage a été construit à la main, avec l’aide d’autres villageois, à base de matériaux recyclés, par l’ingénieur camerounais en énergies renouvelables, Jonathan Atud, natif de la localité. D’une capacité de production de 15 kilovoltampères, il est alimenté grâce à la rivière du village.
« Le nombre de ménages que ce barrage peut alimenter dépend du type d’appareils électroniques dont disposent les gens dans leurs maisons. On a fait des estimations sur la base du nombre d’ampoules que ce barrage peut alimenter, et on se situe autour de 300 ampoules. Mais ça peut alimenter plus si on améliore la structure », explique Atud au téléphone à Mongabay.
Le village Bessi est connecté au réseau électrique national géré par la Société camerounaise d’électricité (Socadel), mais il est régulièrement confronté aux coupures touchant l’ensemble du pays. De plus, très peu de villageois ont les moyens de s’offrir un abonnement sur le réseau, dit Atud.
La mini-centrale hydroélectrique est donc une solution endogène qui pourrait sortir progressivement les villageois de l’obscurité. Malgré sa mise en service, elle reste confrontée à quelques soucis de maintenance. Débutée en 2017, la construction de l’infrastructure a été fortement perturbée par un conflit armé opposant le gouvernement central à des groupes séparatistes anglophones réclamant l’indépendance de cette partie du pays. Il a fallu attendre neuf ans pour qu’elle soit opérationnelle. Le village est également confronté à un assèchement de son cours d’eau en temps de sécheresse, ce qui devrait avoir des répercussions sur la production optimale de la mini-centrale hydroélectrique.
À la différence des mini-centrales hydroélectriques qu’il juge coûteuses et confrontées aux aléas climatiques, l’ingénieur camerounais Enok Louyakba, spécialiste des énergies renouvelables et promoteur d’une entreprise opérant dans ce domaine, basée à Garoua, dans le nord du pays, préconise le recours à l’énergie solaire, comme solution idoine et la mieux adaptée pour les zones rurales en Afrique.
« Le soleil est disponible partout, surtout dans la zone du Grand Nord. L’investissement est moins coûteux, et la solution est immédiate et pérenne pour la zone rurale. Alors que construire des mini-centrales hydroélectriques n’est pas évident, car la ressource en eau doit être disponible en abondance pour faire fonctionner les installations », dit Louyakba à Mongabay par téléphone.
Image de bannière : Le mini-barrage de retenue construit à la main par l’ingénieur camerounais Jonathan Atud, avec l’aide des villageois dans le village Bessi. Image de Jonathan Atud, avec son aimable autorisation.