Un inconnu a abattu un gorille de Grauer (Gorilla beringei graueri), une espèce des plaines de l’Afrique de l’Est, menacée d’extinction en République démocratique du Congo (RDC). Les habitants du Sud-Kivu dans l’est de la RDC, ayant vécu l’incident, ont arrêté le braconnier et l’ont conduit à Walikale, dans le Nord-Kivu, pour y être jugé. L’abattage du gorille « porte gravement atteinte à une espèce protégée et au patrimoine naturel », selon la direction du parc national de Kahuzi-Biega.
Il a fallu neuf jours pour que le parc révèle l’information, les gardes-parc ayant temporairement cessé de surveiller cette partie du pays, où s’affrontent l’armée congolaise et le groupe armé M23. La zone, où le primate a été tué, « se trouve à l’intérieur du parc, non loin de la nationale nᵒ 3 en territoire de Kalehe, sur l’axe menant vers le groupement de Kalonge », indique la direction du parc dans un communiqué de presse.
Selon un message publié sur son compte X (Twitter), le M23 indique que cette région est contrôlée par les Wazalendo, des civils congolais qui le combattent. L’interpellation et le transfert de l’homme qui a tué le primate ont été confirmés par le président de la société civile de Walikale, Fiston Misona, joint au téléphone par Mongabay. Selon ce dernier, la prolifération des armes et le retrait des gardes-parcs de la région, où s’activent des groupes armés, facilitent le braconnage.
Pour Misona, en l’absence de la surveillance par les gardes-parcs, le seul espoir reste la vigilance des populations en espérant qu’elles continuent de dénoncer de tels actes. « La communauté locale alerte à chaque fois qu’il y a un mouvement suspect. Voilà pourquoi cette personne a été arrêtée », explique Misona.
Jean-Baptiste Safari, leader des jeunes du peuple autochtone Twa vivant près du parc Kahuzi-Biega, dans le territoire de Kabare, explique au téléphone à Mongabay que l’abattage de cette espèce phare est de nature à freiner le tourisme qu’elle attire. « Nous considérons un gorille comme un grand-père ou une grand-mère. Tout le monde doit s’engager, afin qu’il ne disparaisse pas. Nous demandons au gouvernement de sanctionner ceux qui s’en prennent à cette espèce et de sécuriser la limite du parc par des fils barbelés », dit-il.
Espèce phare de ce parc secoué par les violences armées, les gorilles de Grauer sont couverts par une protection intégrale par la loi congolaise. L’espèce est actuellement en reconstitution, après une diminution de sa population ayant suscité des craintes d’extinction, en raison du braconnage, notamment dû aux groupes armés et à la destruction de son habitat naturel.
Image de bannière : Un gorille de Grauer, au Parc national de Kahuzi-Biega. Image de Mike Davison via Flickr (CC BY-NC-ND 2.0).