Le Parc national de la Garamba ne figure plus sur la Liste du patrimoine mondial en péril, selon une décision de l’Unesco prise le 25 juillet dernier, à Busan, en Corée du Sud, lors de la 48ᵉ session de son Comité du patrimoine mondial.
Le retrait de cette aire protégée du nord-est de la République démocratique du Congo de cette liste fait suite, selon l’Unesco, aux mesures de protection actuelles suffisamment solides pour préserver la « valeur universelle exceptionnelle » de ce parc.
Cette décision intervenant après près de trois décennies de suivi renforcé du parc, s’explique aussi par le modèle de cogestion instauré en 2005 entre l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) et l’ONG African Parks, ayant permis de restructurer la surveillance du parc avec la formation rigoureuse des éco-gardes, la collecte de renseignements, le suivi scientifique des espèces et l’intégration des communautés riveraines.
« Cette décision marque une étape importante, et reconnaît des décennies de travail acharné, d’engagement et de dévouement de toutes les personnes ayant contribué à la conservation de la Garamba », a indiqué la direction du parc dans un communiqué publié sur sa page facebook.
« Cette reconnaissance témoigne des efforts continus déployés pour protéger ce paysage exceptionnel et garantir la survie de sa biodiversité unique. Elle rend hommage aux équipes de conservation, aux autorités, aux communautés locales et à tous les partenaires qui ont contribué aux progrès réalisés. », souligne de son côté African Parks.
Exprimant sa profonde gratitude aux institutions internationales de conservation pour cette décision en faveur du parc, Yves Milan Ngangay, directeur général de l’ICCN, a indiqué que « cette reconnaissance réaffirme avec force la valeur universelle exceptionnelle de ce joyau naturel, et rappelle l’urgence collective d’en assurer la préservation pour les générations présentes et futures ».
Il a précisé, par visio-conférence, lors de la rencontre de Busan, que « l’impartialité et la rigueur, lors de l’évaluation, ont permis de consolider sa crédibilité et la portée de cette démarche ».
Inscrit au patrimoine mondial dès 1980, le parc, qui abrite des populations d’éléphants, de girafes du Nord et d’hippopotames, avait rejoint une première fois la Liste du patrimoine mondial en péril en 1984. Retiré en 1992 grâce à la remontée des effectifs de rhinocéros blanc du Nord, il a été réinscrit en 1996, en raison du braconnage intensif et de l’incursion de groupes armés.
« L’UICN constate des améliorations importantes en matière de protection et de gestion, notamment grâce au renforcement des équipes spécialisées de surveillance, à la surveillance aérienne, à l’amélioration des systèmes de gestion et à un important effort de mobilisation des communautés locales », a déclaré l’organisation lors de la session du Comité du patrimoine mondial.
Image de bannière : Antilopes dans le parc en RDC. Image d’Axel Fassio/CIFOR-ICRAF via Flickr.