Les dirigeants des pays de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont officiellement approuvé l’accord intergouvernemental relatif à la réalisation du gazoduc Nigeria–Maroc, un vaste projet énergétique destiné à transporter le gaz naturel nigérian vers le Maroc. Le projet, selon un communiqué de la CEDEAO publié le 19 juillet sur son site internet, a un énorme potentiel par sa capacité à « améliorer la connectivité régionale et élargir l’accès à l’énergie ».
Il prévoit la construction d’un corridor gazier d’environ 6 800 kilomètres, soit l’équivalent de près de 65 000 terrains de football, avec un pipeline le long de la côte atlantique, qui traversera 13 pays africains, et permettra d’approvisionner en gaz les pays.
Au Nigeria, le gazoduc part de Brass Island, dans l’État de Bayelsa, au cœur du delta du Niger, une région dominée par des mangroves, des estuaires et des zones humides parmi les plus riches d’Afrique de l’Ouest. Dans un communiqué publié le 20 juillet 2026, la compagnie pétrolière et gazière nationale du Nigéria (NNPC Ltd) indique que les études d’ingénierie, les reconnaissances du tracé, ainsi que les études environnementales et sociales ont été achevées. Elle s’engage à mener les travaux « conformément aux plus hauts standards internationaux d’excellence technique, de responsabilité environnementale et de bonne gouvernance ».
Selon l’étude d’impact environnemental et social réalisée pour la section marocaine du gazoduc, le tracé a été conçu afin de limiter ses effets sur les écosystèmes sensibles, notamment la Réserve de biosphère de l’Arganeraie, reconnue par l’UNESCO en 1998 pour sa biodiversité. S’étendant dans le sud-ouest du Maroc, elle couvre environ 2,5 millions d’hectares et constitue la plus vaste forêt d’arganiers (Argania spinosa) au monde.
La baie de Dakhla, située à l’extrême sud du Maroc, est aussi l’un des sites préservés. Cette vaste lagune côtière de plus de 40 000 hectares, inscrite sur la liste Ramsar, est reconnue pour ses herbiers marins, ses habitats de poissons et de mollusques, ainsi que pour son rôle essentiel dans l’accueil de milliers d’oiseaux d’eau migrateurs.
L’étude mentionne aussi les embouchures des grands oueds comptant parmi les écosystèmes côtiers les plus riches du Maroc. À titre d’exemple, l’embouchure de la Moulouya, classée site Ramsar, abrite la plus importante population reproductrice marocaine de la sarcelle marbrée, avec environ 200 couples, une espèce d’oiseau vulnérable à l’échelle mondiale.
Image de bannière : Une sarcelle marbrée (Marmaronetta angustirostris). Image de Francis C. Franklin via Wikimédia Commons (CC BY 2.0).