Une vingtaine d’organisations de la société civile camerounaise accusent des acteurs, impliqués dans la mise en œuvre du vaste projet d’exploitation de minerai de fer de Mbalam, de mener des opérations de pillage du bois dans la réserve de faune de Ngoyla et la forêt communautaire Djoko, toutes deux situées à l’est du Cameroun.
Selon un communiqué parvenu à Mongabay le 2 juillet 2026, ces organisations affirment qu’un permis d’exploitation minière, accordé à une société, couvre une partie de la réserve de faune de Ngoyla et l’intégralité de la forêt communautaire Djoko, habitat des peuples autochtones Baka. Elles soutiennent que des opérations d’exploitation forestière sont actuellement menées sur ces deux sites, sans qu’aucune information publique n’ait été publiée sur un éventuel déclassement de la réserve. « La forêt communautaire Djoko, principalement orientée vers la conservation, est actuellement le seul espace de la zone, où les peuples autochtones ont accès, afin de mener leurs activités traditionnelles et cultuelles », a dit à Mongabay la porte-parole du collectif des associations, sous couvert d’anonymat.
Les signataires du communiqué attirent également l’attention sur la multiplication des alertes de déforestation dans ces deux espaces forestiers. S’appuyant sur les données de Global Forest Watch, une plateforme de surveillance forestière, ils indiquent que « 42 566 alertes de déforestation » ont été enregistrées dans la réserve de faune de Ngoyla entre le 3 novembre 2025 et le 8 juin 2026, et « 2 347 » dans la forêt communautaire Djoko entre le 9 décembre 2025 et le 8 juin 2026.
Selon les organisations, ces activités menacent également les habitats de nombreuses espèces sauvages, les corridors de déplacement de la faune, les droits d’usage des communautés locales et autochtones, ainsi que la santé, la sécurité alimentaire et la transmission des savoirs traditionnels des Baka. Elles recommandent au gouvernement camerounais d’ouvrir une enquête administrative indépendante, sur les allégations de pillage du bois dans la réserve de faune de Ngoyla et de violations des droits des communautés autochtones Baka, dans la forêt communautaire Djoko.
L’UNESCO, qui ne fait pas partie des organisations signataires de ce communiqué, affirme que la dégradation du territoire des peuples autochtones Baka menace non seulement leurs moyens de subsistance, mais aussi leur identité culturelle, car « pour les Baka, la forêt est bien plus qu’une ressource naturelle : c’est un être vivant, une présence spirituelle et le fondement de leur identité culturelle ».
Image de bannière : Un village Baka dans la réserve naturelle Dja au Cameroun. Image de Earwig via Wikimedia Commons.