Les partenaires du Fonds bleu pour le bassin du Congo, un mécanisme panafricain de financement climatique, ont annoncé, le 28 mai 2026, lors des Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (BAD), la mobilisation de plus de 3 milliards USD destinés au financement de 63 projets bas-carbone, en Afrique centrale.
« Ensemble, à la suite de vos engagements précis, nous venons de faire un pas supplémentaire vers la réalisation du mandat statutaire du Fonds bleu pour le bassin du Congo », a déclaré, lors de la levée des fonds, le président congolais Denis Sassou N’Guesso, qui plus est président de la Commission climat du bassin du Congo (CCBC), l’instance politique portant l’initiative du Fonds bleu et définissant ses grandes orientations.
Les 63 projets concernent 17 pays d’Afrique centrale et de l’Est, ainsi que plusieurs organisations régionales. Parmi les initiatives phares figurent, au Cameroun, un programme de restauration de 5 000 hectares de mangroves pour lutter contre l’érosion côtière et fluviale, ainsi qu’un programme visant à récolter 3 500 tonnes de jacinthe d’eau pour un revenu annuel estimé à 87,7 millions USD et la création de plus de 500 emplois.
Au Kenya par exemple, les projets retenus visent la restauration de 14 000 hectares de mangroves, des initiatives destinées à améliorer les stocks de poissons et à accroître les stocks de carbone forestiers et terrestres.
En République du Congo, les projets portent entre autres sur la gestion durable des tourbières, qui constituent l’un des plus importants stocks de carbone au monde.
Le financement annoncé provient de la Banque mondiale, engagée à hauteur d’un milliard USD, de la Banque de développement des États de l’Afrique centrale avec 600 millions USD, de la Chambre africaine de commerce de Scandinavie qui apportera 600 millions USD, du Fonds vert pour le climat avec une contribution de 320 millions USD, de la BAD avec 250 millions USD, ainsi que du Fonds souverain africain qui mettra 500 millions USD.
Kelvin Muli, spécialiste de la justice climatique, explique à Mongabay que la mobilisation de ce financement témoigne d’une reconnaissance croissante du rôle essentiel de l’Afrique dans l’action climatique mondiale.
« Le succès du Fonds bleu du bassin du Congo dépendra de la transparence de sa mise en œuvre, de sa capacité à attirer de nouveaux investissements et de la concrétisation de bénéfices tangibles pour les communautés locales qui protègent, depuis longtemps, ces écosystèmes essentiels », affirme Muli, qui dirige l’African Network for Climate Action (ANFCA), une ONG kenyane active dans le domaine de la finance et de la justice climatiques.
Image de bannière : Vue du bassin du Congo en République centrafricaine. Image de Peter Prokosch via Flickr (CC BY-SA 2.0.).