L’aquaculture a atteint un niveau record de 103 millions de tonnes en 2024, soit 53 % de toute la production mondiale d’animaux aquatiques et plus de 59 % des aliments aquatiques consommés par l’humanité. Elle devient ainsi, pour la première fois, la « principale source de poissons et de fruits de mer consommés dans le monde », selon le nouveau rapport de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) sur la situation mondiale des pêches et de l’aquaculture (SOFIA 2026), publié le 16 juin 2026, au Kenya. Cette progression marque, selon le rapport, un tournant historique, car l’élevage de poissons, de crevettes et d’autres organismes aquatiques a dépassé la pêche de capture ayant fourni environ 92 millions de tonnes en 2024.
Le rapport souligne également que plus de 65 millions de personnes à travers le monde travaillent dans la pêche et l’aquaculture, tandis que plus de 600 millions de personnes dépendent directement ou indirectement de ces activités pour leurs revenus, leur alimentation ou leurs moyens de subsistance. Les produits aquatiques jouent ainsi un rôle essentiel dans la sécurité alimentaire mondiale, avec près de 89 % de la production mondiale destinée à la consommation humaine. Les poissons et autres aliments aquatiques fournissent des protéines de haute qualité, ainsi que des vitamines, des minéraux et des acides gras essentiels. Avec l’augmentation de la population mondiale et la pression croissante sur l’agriculture terrestre, ces aliments sont appelés à jouer un rôle de plus en plus important dans l’alimentation humaine, d’après la FAO. « Alors que la population mondiale continue de croître et que les pressions sur les systèmes alimentaires terrestres s’accroissent, les aliments aquatiques deviennent une composante de plus en plus importante des stratégies mondiales de sécurité alimentaire », indique le rapport publié tous les deux ans.
Dans une déclaration accompagnant cette publication, le directeur général de la FAO, Qu Dongyu, déclare que ce rapport « fournit des connaissances solides, fondées sur des preuves et des données scientifiques, ainsi que des compétences avancées pour soutenir des approches et des mesures concrètes visant à parvenir à une pêche et une aquaculture durables ». La FAO avertit que le changement climatique, la pollution, la dégradation des écosystèmes aquatiques et les tensions économiques constituent des menaces majeures pour l’avenir du secteur. Pour préserver la production et les emplois qu’elle génère, l’organisation recommande le développement d’une aquaculture résiliente au climat, une gestion durable des pêches, le renforcement des chaînes de valeur et la lutte contre la pêche illégale.
Image de bannière : Des alevins de tilapia (Oreochromis Niloticus) du lac Édouard dans une pirogue de pêcheurs à Vitshumbi. Image de Mongabay.