L’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) a désigné, le 5 juin dernier, 14 nouvelles réserves de biosphère, dont deux en Afrique : Takamanda-Cross River Gorilla au Cameroun et Theniet El Had en Algérie. La première contribue à la protection du gorille de la rivière Cross, une espèce en danger critique d’extinction, tandis que la seconde est notamment connue pour ses forêts de chênes zéens, des arbres typiques des montagnes du nord de l’Algérie.
Située au sud-ouest du Cameroun, à la frontière avec le Nigeria, la réserve de biosphère Takamanda–Cross River Gorilla protège l’un des primates les plus menacés au monde : le gorille de la rivière Cross (Gorilla gorilla diehli). Cette sous-espèce ne subsiste plus que dans quelques zones forestières isolées entre le Cameroun et le Nigeria, selon l’UNESCO.
La réserve de biosphère de Theniet El Had est aussi connue pour son massif montagneux jouant un rôle important dans la protection des ressources en eau, et la lutte contre l’érosion. Elle constitue également un espace de recherche scientifique, d’éducation environnementale et de développement durable pour les communautés locales.
Les réserves de biosphère sont des territoires reconnus pour leur valeur écologique exceptionnelle, où la conservation de la biodiversité est associée au développement durable des communautés locales, selon l’UNESCO. « Aux côtés des sites naturels du patrimoine mondial et des géoparcs mondiaux, elles contribuent à la protection de plus de 13 millions de km² d’écosystèmes terrestres et marins placés sous l’égide de l’UNESCO », indique l’organisation dans le communiqué annonçant la création de ces biosphères.
Alain Georges Lietbou, coordonnateur au Cameroun de la Fondation africaine pour la conservation et le développement, une organisation internationale membre d’un réseau d’organisations de conservation œuvrant dans la protection du gorille de la rivière Cross, explique que, quand un site devient un patrimoine de l’UNESCO, plusieurs partenaires commencent à s’y intéresser, ce qui ouvre des opportunités de subventions pour la concrétisation des projets de conservation. « Avec les subventions, on va délimiter la zone de Cross-river, faire des inventaires fauniques, réaliser des suivis écologiques et implémenter des activités génératrices de revenus, pour permettre aux populations de ne plus entrer dans la réserve », dit Lietbou à Mongabay.
Ces nouvelles désignations portent à 797 le nombre total de réserves de biosphère réparties dans 145 pays, dont une quarantaine de pays africains. Trois territoires rejoignent pour la première fois le réseau mondial : le Monténégro, le Timor-Leste et Aruba. Cette dernière devient même le deuxième pays au monde, dont l’ensemble du territoire est classé réserve de biosphère.
Image de bannière : Cross River Gorilla. Image de Julie Langford via Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0).