Des chercheurs ont mis au point un outil pour anticiper la destruction des mangroves, afin de mieux alerter les pouvoirs publics.
Dénommé le « Mangrove Threat Index » (Indice de menace pour les mangroves, en français), il a été présenté en avril 2026 dans un article publié dans la revue Frontiers in Ecology and The Environnement.
« L’Indice de menace pour les mangroves est un outil proactif et spatialisé conçu pour identifier les zones de mangroves les plus exposées à une dégradation future, avant même que des pertes visibles ne se produisent. Plutôt que de se contenter de mesurer les zones, où les mangroves ont déjà disparu, il se concentre sur l’exposition aux pressions anthropiques, facteurs connus de dégradation », déclare dans un courriel, à Mongabay, Valentina Platzgummer, chercheuse au Centre pour la biodiversité marine et la conservation de La Paz au Mexique et co-auteure de l’étude.
Concrètement, l’indice combine des données géospatiales mondiales relatives aux facteurs de pression exercées par l’homme (routes, zones urbaines, agriculture, aquaculture et autres infrastructures) et calcule le niveau de menace relatif pesant sur chaque mangrove.
« L’outil produit des cartes qui classent les systèmes de mangroves selon différents niveaux de menace, permettant ainsi aux utilisateurs d’identifier rapidement les mangroves relativement intactes qui restent à faible risque, les zones soumises à une pression croissante et les points critiques, où des mesures préventives urgentes peuvent s’avérer nécessaires », explique Platzgummer. Selon ses concepteurs, l’une des forces de cet outil réside dans sa simplicité et son adaptabilité, car il peut être appliqué de manière uniforme dans tous les pays et dans toutes les régions, y compris là où les capacités de surveillance locale ou les données écologiques à long terme sont limitées.
Toutefois, il ne vise pas à remplacer les connaissances écologiques locales, ni la surveillance de terrain, mais constitue plutôt un système d’alerte précoce contribuant à orienter la planification de la conservation, les investissements dans la restauration et les efforts de gestion, avant que la dégradation ne devienne irréversible », précise Platzgummer.
D’après l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), environ 50 % des systèmes de mangroves sont menacés d’effondrement, à cause de la déforestation, de la pollution et du changement climatique. Or, les mangroves sont importantes, notamment pour la protection des côtes. La mise en œuvre de l’outil peut, selon Platzgummer, être intégrée aux plateformes gouvernementales de gestion côtière, servir dans la planification spatiale marine et les évaluations d’impact environnemental, servir à accompagner les ONG et les organismes de conservation dans la priorisation des interventions et l’aide à l’identification des zones, où une gestion préventive est urgente.
Image de bannière : Une mangrove dans la localité côtière de Mouanko, au Cameroun. Image fournie par Dr Juscar Ndjounguep, de l’ONG AJESH avec son aimable autorisation.