Deux éco-gardes ont perdu la vie, le 21 mai 2026, dans une nouvelle attaque attribuée à des hommes armés non encore identifiés, au Parc National des Virunga, l’un des plus riches en biodiversité de la République démocratique du Congo (RDC).
La tuerie a été signalée au poste de patrouille des rangers à Kamuhororo, situé entre la pêcherie de Nyakakoma et Charuganda, sur la côte est du lac Édouard, au cœur même de ce parc, dans le territoire de Rutshuru, dans la Province du Nord-Kivu.
L’attaque a été confirmée par la société civile de l’enclave de pêche de Vitshumbi qui n’a pas donné l’identité des assaillants.
Une source de la conservation, dans le Sud-Kivu, contactée par Mongabay, a également confirmé l’attaque. Sur les réseaux sociaux, circulent les images des deux écogards tués. D’après le média congolais Desk Nature, les victimes sont issues de la promotion des écogardes formés en 2017, par l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN).
Le Parc national des Virunga n’a pas encore répondu aux sollicitations de Mongabay sur les circonstances exactes de l’attaque. Mais l’ICCN a, dans un communiqué de presse, dont Mongabay a eu copie, donné l’identité des deux écogardes tués. Il s’agit de Kasereka Valyathire Baraka et Munguakonkwa Mihigo Jacques, « deux jeunes écogardes en plein exercice de leur mission de protection de la nature ».
« Cet acte criminel survient au moment même où l’ICCN déploie des efforts considérables pour préserver le PNVi, malgré les circonstances dramatiques liées aux conflits armés qui secouent l’Est de la République Démocratique du Congo », précise le communiqué signé par Emmanuel de Merode, directeur provincial de l’ICCN Nord-Kivu et chef de site du Parc national des Virunga.
Les garde-parcs sont régulièrement pris pour cibles par des groupes armés en RDC. Le 3 mars 2026, le Parc national de l’Upemba, dans le Haut-Katanga, avait perdu sept agents du personnel, dont quatre rangers.
Celui des Virunga, plus au nord, connaît régulièrement ce genre de drame, dans un contexte de circulation des troupes armées dans le Nord-Kivu, une région en proie à l’instabilité depuis environ trois décennies. Selon le site du Parc national des Virunga, plus de 200 gardes forestiers ont été tués depuis sa fondation, en 1925.
Image de bannière : Kasereka Valyathire Baraka et Munguakonkwa Mihigo Jacques, les deux rangers tués au Parc national des Virunga en RDC. Image par Parc national des Virunga.