Cinq lionceaux blancs (Panthera leo) sont nés au zoo « La Concorde civile » en Algérie. La ville d’Alger, qui a annoncé ces naissances, le 11 mai 2026, sur sa page Facebook, parle d’un événement s’inscrivant dans « les efforts de conservation des espèces rares et de leur reproduction locale, afin de réduire la dépendance aux importations d’animaux ».
Le lion blanc est une variation génétique du lion africain, due à une particularité appelée leucisme, entraînant une pigmentation très claire du pelage sans provoquer un albinisme complet. Très rare dans la nature, il est aujourd’hui principalement présent dans des parcs zoologiques et des programmes d’élevage en captivité, selon Global White Lion Protection Trust (GWLPT), une organisation sud-africaine spécialisée dans la protection des lions blancs. Il resterait moins de 300 lions blancs dans le monde, contre environ 20 000 à 25 000 lions africains (P. leo) vivant encore à l’état sauvage.
Interrogé, Aristide Comlan Tehou, spécialiste béninois de la conservation et membre du groupe des experts de l’UICN sur le lion, un réseau international de spécialistes travaillant sur la conservation des lions et des grands félins, salue cette naissance de lions blancs, même s’il n’apprécie pas qu’elle ait lieu dans un zoo. « La naissance de lionceaux dans un zoo a plus une valeur commerciale que de conservation. C’est une annonce qui va attirer plus de visiteurs au zoo, donc générer plus d’argent », dit Comlan Tehou. « Le zoo est un milieu de marketing où les animaux sont gardés dans des casiers. Ils sont nourris ; on s’occupe d’eux. Ils ne font aucun effort, donc ne sont pas entraînés à vivre de manière autonome dans la nature. Au plan de la conservation, pour moi cette naissance n’a aucune valeur, parce que ces lions ne pourront pas être réintroduits dans la nature. Si on les met dans la nature, ils vont soit mourir, soit être tués par d’autres animaux », ajoute-t-il.
Lorsqu’on lui demande quelle est l’alternative aux naissances en captivité, l’expert explique à Mongabay qu’on prône la « conservation in situ » en conservation, c’est-à-dire la protection des espèces directement dans leur milieu naturel, comme un ranch, un parc ou une ferme. « Avec la conservation in situ, si une espèce devient menacée, on la réintroduit dans la forêt ou dans des parcs pour la faire régénérer et éviter l’extinction. Quand l’espèce est gardée dans un zoo, cela n’a pas de valeur de conservation, parce qu’on ne peut pas l’intégrer dans la nature pour la faire régénérer naturellement », conclut Comlan Tehou.
Image de bannière : Trois lions (Panthera leo) blancs à Kruger. Image Cédric Gravelle via Wikimedia Commons (CC BY-NC-ND 2.0).