Dans certaines régions bien exposées au soleil ou au vent, il est désormais possible d’avoir une électricité renouvelable continue et à un coût compétitif par rapport au charbon et au gaz, selon un nouveau rapport de l’Agence internationale de l’énergie renouvelable (IRENA).
Publié le 6 mai 2026, le rapport explique que l’enjeu n’est plus principalement de savoir si les énergies renouvelables sont économiquement compétitives en termes de transition énergétique, car le solaire et l’éolien sont déjà peu coûteux. Entre 2010 et 2024, indique le rapport, le coût du solaire photovoltaïque a chuté de 87 %, celui des batteries de 93 % et celui de l’éolien terrestre de 55 %. Au moins 23 pays africains, dont l’Afrique du Sud, la Tunisie, le Kenya, le Tchad et la République centrafricaine, produisent aujourd’hui plus de 5 % de leur électricité à partir de l’énergie solaire. Le véritable enjeu devient désormais la capacité à fournir une électricité disponible en permanence, même quand il n’y a ni soleil ni vent, à travers par exemple des systèmes hybrides associant le solaire, l’éolien et le stockage par batteries.
Le rapport montre que les coûts actualisés de l’énergie pilotable, pour le solaire associé au stockage par exemple, varient entre 54 et 82 USD par mégawattheure (MWh) dans les régions à fort potentiel. Tandis que, pour une même capacité de production, les nouvelles centrales au charbon coûtent généralement entre 70 et 85 USD/MWh, et les centrales à gaz dépassent souvent les 100 USD/MWh. Francesco La Camera, directeur général de l’IRENA, montre que l’argument selon lequel les énergies renouvelables manquent de fiabilité ne tient plus. « Au moment où les marchés du pétrole et du gaz restent exposés aux chocs géopolitiques, y compris les perturbations en cours dans le détroit d’Ormuz, nous devons protéger nos économies grâce à des systèmes énergétiques renouvelables résilients », affirme La Camera par e-mail à Mongabay, en faisant allusion au nouveau rapport.
Mais Al-Waly Haroun Tchong-Tchong, directeur général des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique au ministère de l’Eau et de l’énergie du Tchad, affirme à Mongabay par téléphone qu’il y a un potentiel réel dans certaines régions en Afrique, comme le Sahel, pour développer les énergies renouvelables, notamment le solaire et l’éolien. « Certaines régions en Afrique ont d’abord besoin de combler les lacunes qui existent sur le plan des infrastructures et des ressources humaines, ce qui constitue une entrave intrinsèque dans l’exploitation des énergies renouvelables », dit Tchong-Tchong.
Image de bannière : Le potentiel géothermique du Kenya, lié à la spécificité géologique exceptionnelle de la localité d’Olkaria située dans la vallée du Rift, est estimé à près de 10 000 MW. Image de Aimable Twahirwa pour Mongabay.