En 24 heures, l’environnementaliste canadien Antoine Moses a mis en terre, au Kenya, « 47 460 propagules de mangroves », dans la localité de Mirarani. Moses a réalisé cet exploit avec le soutien de Kenya Forest Service, l’agence publique kényane chargée de la gestion, de la protection et de la restauration des forêts, des communautés locales et des partenaires de conservation comme Earthlungs. « Cette initiative a mis en lumière, à l’échelle mondiale, les écosystèmes de mangroves, des zones tampons côtières essentielles qui demeurent parmi les plus menacées au monde », a indiqué Kenya Forest Service dans une annonce, le 1ᵉʳ mai dernier, sur le réseau social X.
Aristide Tehou Comlan, expert béninois en aménagement et gestion des ressources naturelles, déclare à Mongabay que la plantation d’arbres est une bonne initiative pour l’atténuation des impacts du changement climatique. « Les forêts de palétuviers des mangroves sont très adaptées pour la séquestration du gaz carbonique. Ce gaz devient du carbone stocké dans l’écosystème, appelé carbone bleu. Le carbone bleu a une capacité de stockage souvent supérieure aux forêts terrestres », dit Tehou Comlan.
Toutefois, selon l’expert, pour profiter de ce carbone bleu, il faut que les plants puissent survivre jusqu’à leur maturité. « Les propagules de mangrove sont des jeunes pousses prélevées directement sur l’arbre et plantées sans passage en pépinière. Avec près de 15 ans dans l’aménagement forestier, l’expérience a montré que les taux de survie sont d’environ 90 % lorsque le plant a fait au moins un an en pépinière. Il y a beaucoup de pertes avec les jeunes plants, avec des taux de survie parfois de 25 % », souligne Tehou Comlan.
« Ces plantations sont souvent réalisées dans des bas-fonds ou des zones humides, où les phénomènes de marées hautes et basses sont fréquents. Lorsque la marée est haute, elle emporte les jeunes plants. En revanche, les plants issus de pépinière et âgés d’au moins un an résistent mieux, y compris face aux feux de brousse, contrairement aux jeunes palétuviers », précise Tehou Comlan.
L’expert béninois indique que « dans le cas de cette initiative, il faut prendre toutes les mesures contre les feux sauvages », mais aussi « craindre la marée haute qui dévaste généralement une grande partie des propagules de palétuviers ».
Selon Kenya Forest Service, le Kenya met en œuvre actuellement une stratégie nationale de reboisement incluant la plantation d’« environ 15 milliards d’arbres d’ici à 2032 », afin d’augmenter sa couverture forestière, qui est passée d’environ 12 % en 1990 à près de 6 % en 2010, avant de remonter progressivement à environ 8,83 % en 2021.
Image de bannière : Une mangrove au Kenya. Image Ordercrazy via Wikimedia Commons (Domaine public).