La population de lions dans l’aire protégée de Queen Elizabeth, située dans le Greater Virunga Landscape, a connu « un fort déclin de plus de 70 %, passant de 144 individus en 2010 à 39 individus en 2022 », selon une nouvelle étude, dont les résultats ont été publiés le 21 mai 2026 à Kampala, en Ouganda.
Le rapport du Fonds mondial pour la nature (WWF) explique que les lions utilisent principalement plusieurs corridors de savane du Greater Virunga Landscape, un vaste écosystème transfrontalier entre l’Ouganda, la RDC et le Rwanda. Ces corridors permettent les déplacements entre les secteurs protégés du paysage des Virunga. Toutefois, l’expansion agricole, les implantations humaines, le braconnage et les infrastructures routières réduisent la connectivité écologique et limitent les mouvements des lions. « Bien que tolérants aux habitats semi-modifiés, les lions sont affectés par le déclin de leurs proies sauvages et par l’empiètement humain sur leur territoire, ce qui restreint leur aire de répartition », souligne le rapport.
Le paysage abrite plus de 5 164 espèces de mammifères (dont 27 espèces de primates et 40 espèces d’ongulés), d’oiseaux, d’amphibiens, de reptiles et de plantes. Cette zone est également désignée comme étant le refuge de la dernière population de gorilles de montagne. D’après les experts de la conservation, la fragmentation des habitats fauniques a également réduit les possibilités de reproduction des lions et augmenté les conflits avec les communautés voisines. « Le braconnage, qui cible parfois d’autres espèces protégées, continue de menacer la survie des lions dans la sous-région », explique Dr Andrew Seguya, secrétaire exécutif de la Collaboration transfrontalière du Grand Virunga, à Mongabay. La GVTC est une structure intergouvernementale regroupant l’Ouganda, le Rwanda et la RDC pour promouvoir la collaboration en matière de conservation de la faune et de la flore sauvages, ainsi que le développement du tourisme dans le paysage du Grand Virunga (GVL).
Ce déclin des lions contraste avec les progrès observés chez d’autres espèces sauvages de cet écosystème. Le rapport souligne notamment que les populations d’éléphants, de chimpanzés et de gorilles de montagne ont connu une croissance encourageante, grâce à des programmes de conservation renforcés, des patrouilles anti-braconnage et une coopération transfrontalière accrue entre les gouvernements régionaux et les organismes de conservation. « En priorisant et en élargissant les corridors fauniques, nous pouvons restaurer les écosystèmes fragmentés et renforcer la lutte contre le braconnage à travers les initiatives de conservation communautaires », affirme Dr Seguya.
Image de bannière : Un lion dans le parc national du Serengeti, en Tanzanie. Image Giles Laurent via Wikimedia Commons (CC BY-NC-ND 2.0).