L’Afrique centrale connaît une augmentation d’environ 50 % de consommation de viande sauvage, principalement alimentée par la demande croissante des populations urbaines en forte expansion, selon une annonce faite le 19 mai 2026 par la Wildlife Conservation Society (WCS), une organisation internationale de conservation de la nature.
Cette information résulte d’une nouvelle étude dirigée par le CIFOR-ICRAF, une organisation internationale de recherche, et coécrite par plusieurs chercheurs affiliés à WCS, qui ont analysé les données de plus de 12 000 ménages au Cameroun, en République centrafricaine, en République démocratique du Congo, en Guinée équatoriale, au Gabon et en République du Congo, entre les années 2000 et 2022.
La consommation annuelle de viande sauvage est passée d’environ 730 000 tonnes en 2000 à 1,1 million de tonnes en 2022, selon WCS. « La demande croissante de viande de brousse dans les zones urbaines entraîne des niveaux de chasse non durables, menaçant à la fois la faune sauvage et la sécurité alimentaire des communautés rurales », dit l’organisation. Par conséquent, « la consommation d’animaux sauvages par l’homme représente aujourd’hui une menace pour 31 % de tous les mammifères, oiseaux, reptiles et amphibiens actuellement menacés d’extinction dans la région », ajoute-t-elle.
Dans un communiqué de presse obtenu par Mongabay, Germain Mavah, coordinateur de programme à WCS, a déclaré que ces conclusions traduisent une menace croissante pour la faune aussi bien dans les zones rurales qu’urbaines. Alors qu’une épidémie d’Ebola est en cours dans l’est de la RDC, cette étude risque de relancer les interrogations sur les relations entre les humains et les animaux sauvages, susceptibles de favoriser la propagation de maladies zoonotiques telles que la Covid-19 et Ebola. L’épidémie d’Ebola de 2014 en Afrique de l’Ouest avait été liée à des interactions avec des animaux sauvages.
« La consommation de viande sauvage fait partie intégrante du tissu socio-économique de l’Afrique centrale », a déclaré l’auteur principal de l’étude, Mattia Bessone, écologiste à l’université de Constance en Allemagne, dans une publication sur le site internet de son université. « Des mesures doivent être mises en place, afin de permettre aux populations rurales d’utiliser durablement cette source alimentaire », a-t-il affirmé.
L’étude recommande de renforcer les filières alternatives de protéines, notamment l’aviculture et la pêche, tout en développant des moyens de subsistance et des opportunités d’emploi pour les personnes impliquées dans le commerce de viande sauvage.
Image de bannière : Selon la WCS, les crocodiles nains, parmi les espèces les plus intensément chassées dans le bassin du Congo, sont souvent transportés vivants depuis des zones reculées de forêt tropicale vers les marchés urbains de viande sauvage, afin de préserver la fraîcheur de leur viande pendant le transport. Image de Thomas Nicolon/WCS, avec son aimable autorisation.