Six cent soixante kilogrammes d’écailles de pangolin ont été saisis le 5 mai dernier, dans la ville de Yokadouma, dans le département du Boumba-et-Ngoko, à l’Est du Cameroun.
Cette opération, menée par les agents du corps national des Eaux et Forêts du Cameroun, a permis de mettre la main sur une cargaison estimée à environ 1 320 pangolins abattus, une espèce en voie de disparition dans le monde et classée espèce protégée de classe A au Cameroun.
Selon Alahdi Halla, le délégué départemental des Forêts et de la faune du département du Boumba-et-Ngoko, cette saisie est le fruit de plusieurs semaines de renseignements, menés conjointement avec Last Great Ape, une organisation non gouvernementale (ONG) militant pour l’application des lois sur la protection de la faune sauvage en Afrique. La cargaison était contenue dans 12 sacs, mais les identités des trafiquants n’ont pas été révélées pour le moment, en raison de leur présomption d’innocence, selon la loi camerounaise.
Cette saisie intervient dans un contexte où le prix des écailles de pangolin a diminué de près de 45 à 70 % au cours de ces dernières années dans le pays, selon WildAid, une ONG engagée dans la protection de la faune sauvage. Ainsi, des activistes de la conservation, comme Simon Denyer de WildAid, ont placé, en cette baisse de la demande chinoise, un espoir de préservation de cet animal au Cameroun et en Afrique centrale. Mais il semble que ce ne soit pas le cas, au regard de cette importante saisie réalisée dans le pays.
Selon une nouvelle loi adoptée en juillet 2024, « toute personne impliquée dans la capture, l’abattage, la détention ou la commercialisation du pangolin ou de ses parties (écailles, viande) s’expose à une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à 20 ans et à une amende pouvant atteindre 50 millions francs CFA (100 000 USD) ».
Dans ce sens, le ministère des Forêts et de la faune du Cameroun (MINFOF) a annoncé le 2 mai dernier, dans un communiqué de presse , la condamnation de quatre personnes le 22 avril 2026 à cinq ans d’emprisonnement chacune pour leur implication dans le trafic de pangolins, « un crime qui menace la survie de cette espèce en danger critique d’extinction », précise le communiqué.
« De plus, un individu particulièrement odieux, responsable de la mutilation de pangolins par l’ablation de leur langue à Lobo l’année dernière, a été condamné à sept ans d’emprisonnement », indique le même communiqué.
Cette source précise par ailleurs que ces nouvelles condamnations portent à 20 le nombre de personnes emprisonnées depuis la lutte lancée en 2024 contre le trafic illégal d’espèces sauvages, et que 410 pangolins ont déjà été secourus.
Image de bannière : Un pangolin sauvé des griffes des braconniers au Cameroun par les équipes de l’association « visiter le Cameroun avec moi ». Image de Ludovic Abanda Ntsama avec son aimable autorisation.